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Des technocrates palestiniens invités à rejoindre le comité de transition qui dirigera Gaza – sources

L’ancien vice-ministre de l’AP dirigera le comité, qui comprendra le président de la Chambre de commerce de Gaza, "impatient de soulager les souffrances des Gazaouis"

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Vue d’un camp de déplacés par temps orageux, abritant des Gazaouis sur une plage à Gaza-City, le 13 janvier 2026. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)
Vue d’un camp de déplacés par temps orageux, abritant des Gazaouis sur une plage à Gaza-City, le 13 janvier 2026. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

Une dizaine de Palestiniens ont reçu mardi une invitation officielle à siéger au comité technocratique chargé de gérer les affaires courantes de Gaza à la place du groupe terroriste palestinien du Hamas, selon des informations communiquées au Times of Israel par un diplomate arabe et un responsable palestinien.

Les lettres auraient été signées par le haut représentant désigné du Conseil de paix, Nikolay Mladenov, d’après deux des technocrates destinataires.

Le diplomate bulgare, ancien envoyé spécial des Nations unies (ONU) au Moyen-Orient, sera chargé de superviser directement le comité technocratique au nom du Conseil de paix. Il a tenu la semaine dernière des réunions avec de hauts responsables israéliens et de l’Autorité palestinienne (AP) afin de préparer la transition vers la deuxième phase du plan de paix du président américain Donald Trump pour la bande de Gaza, laquelle pourrait être annoncée dès mercredi, selon le diplomate arabe.

Conclue en octobre, la première phase a vu le début d’un cessez-le-feu fragile ainsi qu’un échange d’otages contre des prisonniers sécuritaires palestiniens. La deuxième phase devrait inclure le désarmement du Hamas, l’achèvement du retrait israélien de Gaza, la reconstruction de la bande de Gaza, ainsi que la mise en place de différents organes de transition chargés d’administrer l’enclave avant son transfert à une AP réformée.

L’un de ces organes est le Conseil de paix, un groupe de dirigeants mondiaux présidé par Trump, chargé de superviser le comité technocratique palestinien, officiellement appelé Comité national pour l’administration de Gaza (NCACG). Washington avait prévu de dévoiler le Conseil de paix le mois dernier, mais l’annonce a été reportée en raison d’un recentrage des priorités de politique étrangère, entre les dossiers de Gaza, du Venezuela et de l’Iran.

Les États-Unis peinent par ailleurs à rallier un soutien international à ce plan. Le diplomate arabe a fait état d’un scepticisme marqué quant à la possibilité que le Hamas accepte de se désarmer, ou qu’Israël consente à un retrait supplémentaire de la bande de Gaza et en autorise la reconstruction.


Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre Nikolay Mladenov, ancien envoyé des Nations unies et futur représentant du Conseil de paix à Gaza, dans son bureau à Jérusalem, le 8 janvier 2026. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Alors que l’administration Trump espérait annoncer cette semaine les noms des dirigeants mondiaux qui rejoindraient Trump au sein du Conseil de paix, ces plans seraient désormais en suspens, selon un haut diplomate arabe.

Le mois dernier, les États-Unis avaient indiqué à leurs interlocuteurs avoir obtenu l’engagement de l’Égypte, du Qatar, des Émirats arabes unis, du Royaume-Uni, de l’Italie et de l’Allemagne à ce que leurs dirigeants rejoignent Trump au sein du Conseil de paix, selon quatre responsables proches du dossier.

Washington viserait toujours à tenir la première réunion du Conseil de paix en marge du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, la semaine prochaine, a précisé mardi le diplomate arabe.

Les invitations ayant été envoyées aux membres du comité technocratique palestinien, la présentation publique de ce panel pourrait avoir lieu dès mercredi au Caire, où plusieurs factions palestiniennes sont déjà réunies pour des discussions sur la deuxième phase.

Le vice-président de l’Autorité palestinienne Hussein al-Sheikh rencontre le haut représentant du Conseil de paix Nikolay Mladenov à Ramallah, le 9 janvier 2026. (Crédit : Hussein al-Sheikh/X)

Parmi ces factions figure le Hamas, dont la délégation dirigée par le haut responsable Khalil al-Hayya est arrivée au Caire mardi, selon un communiqué du groupe terroriste.

Le Hamas a annoncé en début de semaine avoir donné instruction à ses agences de se préparer à transférer le pouvoir au comité technocratique soutenu par les États-Unis.

L’absence des responsables de l’AP, dominée par le Fatah et qui espéraient jouer un rôle plus important dans la formation du comité technocratique, a été particulièrement remarquée au Caire.

Mladenov a néanmoins rencontré le vice-président de l’AP, Hussein al-Sheikh, la semaine dernière à Ramallah, quelques jours après la visite de ce dernier au Caire aux côtés du chef des services de renseignement de l’AP, Majed Faraj, afin de s’entretenir avec de hauts responsables égyptiens impliqués dans la mise en place du comité technocratique.

Le comité technocratique sera dirigé par Ali Shaath, ancien vice-ministre des Transports de l’AP, ont indiqué le diplomate arabe et le responsable palestinien. Shaath est originaire de Gaza, mais réside actuellement en Cisjordanie.

Le président de la Chambre de commerce de Gaza, Ayad Abu Ramadan, figurait également parmi les personnes qui ont reçu une lettre de Mladenov mardi. Il a indiqué qu’il lui avait été proposé d’occuper le poste de commissaire à l’économie, au commerce et à l’industrie au sein du comité technocratique.

Abu Ramadan s’est dit « impatient de commencer à travailler pour soulager les souffrances des habitants de Gaza ».

Bien que le Times of Israel soit un média israélien, Abu Ramadan a accepté de s’exprimer officiellement, en rupture nette avec la politique des dirigeants actuels du Hamas à Gaza.

Il a indiqué que son appartement à Gaza-City était l’un des rares à ne pas avoir été complètement détruit pendant la guerre et que son immeuble était entouré de tentes abritant des centaines de milliers de Palestiniens déplacés.

« Les Gazaouis souffrent énormément. Ils vivent dans des conditions inhumaines, dans une grande prison », a-t-il poursuivi. « Nous sommes impatients de mettre fin à cette situation, d’entamer la reconstruction et de demander des comptes au monde sur son engagement en faveur de la paix. »

Ayed Abu Ramadan, président de la Chambre de commerce de Gaza. (crédit : Autorisation)

« Il revient désormais au président Trump de mettre en œuvre son plan, auquel nous sommes prêts et que nous sommes heureux de voir enfin se concrétiser », a ajouté Abu Ramadan, soulignant toutefois que « des conditions propices à la reconstruction et au redressement » seraient nécessaires pour aller de l’avant.

Un diplomate arabe a indiqué que les États-Unis tentaient de convaincre Israël d’accepter une série de mesures destinées, dans un premier temps, à renforcer la légitimité du comité technocratique, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah.

Israël a refusé d’autoriser le retour des Palestiniens dans l’enclave tant que le Hamas n’aura pas restitué la dépouille du dernier otage israélien, le sergent-chef Ran Gvili.

Des personnes inspectent, sous une pluie battante et des vents violents, le site où au moins quatre Palestiniens ont trouvé la mort après l’effondrement de murs sur des tentes abritant des personnes déplacées à Gaza-City, mardi 13 janvier 2026. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

L’administration Trump aurait dit au Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de sa visite aux États-Unis à la fin du mois dernier qu’elle s’engageait à ramener Gvili et à désarmer le Hamas, tout en précisant qu’elle ne souhaitait pas conditionner le lancement de la deuxième phase de son plan de paix à la réalisation préalable de l’une ou l’autre de ces exigences, selon un responsable américain et deux sources proches du dossier qui se sont confiées au Times of Israel la semaine dernière.

Jérusalem a, de son côté, refusé de passer à la phase deux tant que le Hamas n’aura pas restitué Gvili et déposé les armes.

Les États-Unis ont engagé des discussions avec les médiateurs égyptiens, qataris et turcs, lesquels ont assuré à Washington que le Hamas accepterait un processus de désarmement progressif, débutant par la remise de ses armes lourdes, suivi du lancement d’un programme de « rachat » des armes légères du groupe terroriste, selon le responsable américain et deux diplomates arabes. Ces derniers ont indiqué que l’objectif était de commencer à mettre en œuvre ce programme dans les semaines à venir.

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