Des téléphones iraniens piratés grâce à des fonds d’écran djihadistes
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Des téléphones iraniens piratés grâce à des fonds d’écran djihadistes

Selon Check Point, les récentes attaques de logiciels malveillants, probablement du régime, incitaient les minorités et les partisans de l'EI à télécharger des applications espions

Des Iraniens utilisent l'application Telegram sur leurs téléphones, le 1er décembre 2015. (Crédit : AFP/Atta Kenare)
Des Iraniens utilisent l'application Telegram sur leurs téléphones, le 1er décembre 2015. (Crédit : AFP/Atta Kenare)

Une récente opération de cyber-espionnage en Iran a ciblé les minorités du pays avec des logiciels espions qui détournent leurs téléphones et fournissent aux pirates une multitude d’informations sur leurs activités, a déclaré mercredi une société israélienne de cyber-sécurité.

Selon la société Check Point, les hackers ont piraté les appareils d’au moins 240 personnes, dont des membres des minorités turque et kurde d’Iran, ainsi que des partisans présumés de l’État islamique.

« Bien que l’identité exacte de l’auteur de l’attaque ne soit pas encore confirmée, les observations actuelles des personnes visées, la nature des applications et de l’infrastructure de l’attaque nous portent à croire que cette opération est d’origine iranienne », a déclaré Check Point.

Les victimes ont reçu des liens qui les ont amenées à télécharger des applications susceptibles de les intéresser : dans le cas des adeptes de l’EI, une application qui fait des fonds d’écran du groupe ; pour les Kurdes, un logiciel se présentant comme l’application officielle de l’agence ANF Kurdish news.

Capture d’écran d’un logiciel espion utilisé pour pirater les téléphones des Iraniens, sous la forme d’une application de fond d’écran EI (Avec l’aimable autorisation de Check Point)

Une fois téléchargé, le logiciel malveillant commence à recueillir des données « comme des listes de contacts stockées sur l’appareil mobile de la victime, des enregistrements d’appels téléphoniques, des messages SMS, l’historique du navigateur et des signets, la géolocalisation de la victime, des photos, des enregistrements sonores et plus encore », indique Check Point.

Au mois d’août, le New York Times a rapporté que le gouvernement des Émirats arabes unis utilisait une technologie israélienne de piratage téléphonique pour espionner des rivaux politiques et régionaux ainsi que des membres des médias.

Deux actions en justice contre le groupe NSO basé à Herzliya accusent la société et ses filiales d’avoir fourni aux dirigeants des EAU des logiciels qui ont piraté les téléphones des victimes. Elles prétendent également que NSO est activement impliquée dans des activités illégales pour ses clients des EAU.

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