Deux centres de données d’Amazon aux Émirats frappés par des drones
L'entreprise a recommandé à ses clients de « sauvegarder toutes les données critiques » et de transférer leurs opérations vers des serveurs AWS situés ailleurs dans le monde

Lundi soir, la filiale cloud d’Amazon a déclaré que deux de ses centres de données aux Émirats arabes unis avaient été « directement touchés » par des drones, perturbant ses services dans certaines régions du Moyen-Orient.
Une installation à Bahreïn a également été endommagée par « une frappe de drone à proximité directe », a indiqué le fournisseur.
Depuis le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, plusieurs villes du Golfe, dont Dubaï et Abou Dhabi, sont touchées par des frappes ou des éclats de projectiles.
« En raison du conflit en cours au Moyen-Orient, nos infrastructures dans les deux régions concernées ont subi des dégâts matériels à la suite de frappes de drones », a précisé Amazon.
« Ces frappes ont causé des dommages structurels et des coupures de courant sur nos sites, et dans certains cas, l’activation des systèmes anti-incendie a entraîné des dégâts des eaux supplémentaires », a précisé la société.
Amazon n’a pas précisé si des employés avaient été blessés lors de ces frappes.
L’entreprise a toutefois indiqué travailler en étroite collaboration avec les autorités locales et que « la priorité absolue est donnée à la sécurité du personnel tout au long des opérations de remise en état ».
Amazon Web Services (AWS) est le premier fournisseur mondial de services cloud. Ce réseau mondial de serveurs, bases de données et logiciels connectés est devenu l’épine dorsale de l’informatique mondiale, sur laquelle repose une part importante de l’économie et des services du quotidien.
Au deuxième trimestre 2025, AWS détenait 30 % des parts de marché du cloud, suivi par Microsoft Azure (20 %) et Google Cloud (13 %), selon le cabinet Synergy Research Group.
L’entreprise a recommandé à ses clients de « sauvegarder toutes les données critiques » et de transférer leurs opérations vers des serveurs AWS situés ailleurs dans le monde.
Lundi, AWS avait déjà signalé qu’un de ses centres de données aux Émirats arabes unis avait été touché par des « objets », sans donner plus de précisions.
« Un drapeau rouge » pour les entreprises de la tech dans la région
La guerre au Moyen-Orient va faire office de « drapeau rouge » pour des entreprises de la tech qui y avaient implanté des infrastructures, notamment des centres de données nécessaires aux modèles d’IA, alertent des analystes.
Au Salon mondial du mobile (MWC) à Barcelone, l’actualité internationale s’est immiscée depuis son ouverture lundi sur les stands des exposants et dans les débats entre experts.
Pour Francisco Jeronimo, spécialiste du marché Moyen-Orient/Europe au sein du cabinet IDC, la guerre « va faire apparaître des drapeaux rouges pour de nombreux fournisseurs, car la situation devient très instable », alors même que « la région a beaucoup investi dans l’intelligence artificielle, en construisant des centres de données, en disant au monde qu’elle peut être le prochain grand hub en dehors de la Chine en matière d’infrastructures IA ».
« Cela pose la question de savoir s’il est sûr pour de nombreuses marques d’y maintenir leurs opérations principales », a-t-il relevé.
Quoi qu’il en soit, la guerre aura « un impact énorme en termes de distribution » des smartphones et autres produits connectés, prédit-il, rappelant le rôle pivot de Dubaï, devenu ces dernières années « un hub (logistique, NDLR) très important pour la région, mais aussi pour l’Europe de l’Ouest », en raison notamment de sa fiscalité avantageuse.
« Chaque fois qu’il y a une perturbation du commerce mondial, cette chaîne de valeur s’en trouve forcément affectée », abonde Anne Hoecker, analyste chez Bain & Company, qui relève toutefois les interconnexions « incroyablement complexes » au niveau « mondial ».
Ces conséquences potentielles pourraient toutefois s’ajouter sur un marché déjà touché par une augmentation des prix des puces mémoires (RAM), résultat de l’explosion de la demande tirée par le développement de l’IA.
« Une chose qui affecte clairement les chaînes d’approvisionnement en ce moment, et qui aura des répercussions sur les téléphones et les ordinateurs portables, c’est la pénurie de mémoire (…) qui relève davantage d’un choc de la demande », souligne Anne Hoecker auprès de l’AFP.
Ces composants essentiels pour l’industrie des technologies ont vu leur prix s’envoler de 40% sur le dernier trimestre 2025, et devraient continuer à augmenter en 2026.
Dans le secteur des mobiles, certains fabricants, comme le sud-coréen Samsung, ont déjà commencé à répercuter ces hausses sur les prix de vente des appareils.
D’après Francisco Jeronimo à l’IDC, la pénurie des RAM devrait aboutir à « la plus forte baisse jamais observé » de ventes de smartphones sur un an.







