Diplomate israélien : les incidents au Labour montrent que le problème d’antisémitisme n’est pas résolu
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Diplomate israélien : les incidents au Labour montrent que le problème d’antisémitisme n’est pas résolu

“Plus de travail est nécessaire” pour arrêter la culture anti-juive du parti politique anglais, a déclaré un responsable des Affaires étrangères

Jeremy Corbyn, président du Labour britannique. (Crédit : AFP)
Jeremy Corbyn, président du Labour britannique. (Crédit : AFP)

Les incidents antisémites répétés impliquant des membres du Labour britannique montre qu’il doit travailler plus pour résoudre ce problème, a déclaré l’envoyé israélien pour la lutte contre l’antisémitisme.

Gideon Behar, directeur du Département de lutte contre l’antisémitisme du ministère israélien des Affaires étrangères, s’est entretenu avec JTA en pleine série de nouveaux discours racistes du membres du Labour, dont un homme qui a menacé de pendre la députée travailliste juive Ruth Smeets, qu’il a appelé « yid ».

Les critiques de Behar et l’incident impliquant Smeets ont eu lieu environ deux mois après la publication par le Labour du rapport d’une enquête interne sur le problème d’antisémitisme. Les dirigeants de la communauté juive britannique ont considéré ce rapport comme un blanchiment.

« Je pense que l’enquête interne n’est pas encore terminée et nécessite un travail à long terme », a déclaré Behar, qui quittera son poste ce mois-ci après cinq ans. Il était interrogé sur les conclusions de Shami Chakrabarti, membre du Labour, sur le problème d’antisémitisme du parti. Elle avait conclu qu’il était regrettable mais anecdotique et pas généralisé.

Gideon Behar, diplomate israélien responsable de la lutte contre l’antisémitisme au ministère des Affaires étrangères. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Gideon Behar, diplomate israélien responsable de la lutte contre l’antisémitisme au ministère des Affaires étrangères. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Plus de travail est nécessaire pour comprendre comment le discours antisémite de différents responsables du parti s’est répandu, et comment le stopper », a ajouté Behar.

Les diplomates israéliens commentent rarement les actes des partis politiques du Royaume-Uni. Jonathan Arkush, président du Conseil des députés britanniques juifs, une organisation transpartisane, avait également eu ce geste inhabituel cette année en déclarant que les juifs ne « peuvent pas faire confiance » au Labour dirigé par Jeremy Corbyn.

Les remarques de Behar interviennent en pleine série de nouveaux scandales d’antisémitisme au sein du Labour de Corbyn, politicien d’extrême-gauche dont l’élection à la tête du parti l’année dernière a apporté un afflux de milliers de nouveaux membres. Beaucoup d’autres ont quitté le parti ou cessé de le soutenir en raison de leur inquiétude concernant les positions radicales de Corbyn, qui avait déclaré en 2009 que le Hamas et le Hezbollah, deux groupes terroristes qui ont juré de détruire Israël, étaient ses amis. Il a depuis regretté d’avoir dit cela.

Le contre-terrorisme britannique enquête sur l’homme qui a menacé de pendre Smeets, a annoncé le Sun jeudi. Le suspect, dont le nom n’a pas été rendu public, serait un partisan de Corbyn, selon le journal.

La menace avait eu lieu en juillet, peu après que Smeets a quitté en larmes la cérémonie de remise officielle du rapport sur l’antisémitisme au Labour après avoir été accusée par un militant de Momentum, un mouvement partisan de Corbyn associé au Labour, de collusion avec la presse de droite.

Marie van der Zyl, vice-présidente du Conseil des députés britanniques juifs, avait appelé la direction du Labour à « condamner les discours racistes sur internet » contre Smeets, parlant « d’injures antisémites écœurantes et de menaces violentes », qui « montrent les profondeurs où certains soi-disant partisans du Labour se dirigent. »

Le parti, avait-elle déclaré, « doit agir pour assécher le cloaque d’antisémitisme qui est devenu si visible ces derniers mois. »

D’autre part, un autre membre du Labour, Terence Flanagan, a été suspendu après une série de remarques offensantes sur les juifs, les nazis et le Mossad, ont annoncé vendredi les Jewish News.

Lors de son interview sur J-TV diffusée le 21 juin 2016, l'ancien maire de Londres Ken Livingstone a dit qu'il inviterait à dîner celui qui réussirait à prouver qu'il avait tort sur le «fait» qu'Hitler avait soutenu le sionisme. (Capture d'écran YouTube )
Lors de son interview sur J-TV diffusée le 21 juin 2016, l’ancien maire de Londres Ken Livingstone a dit qu’il inviterait à dîner celui qui réussirait à prouver qu’il avait tort sur le «fait» qu’Hitler avait soutenu le sionisme. (Capture d’écran YouTube )

Corbyn a promis de suspendre quiconque ferait des déclarations virulentes contre Israël et les juifs, mais cette politique n’a pas été totalement appliquée. En mai, le Labour avait suspendu Ken Livingstone, ancien maire de Londres, qui avait déclaré et répété qu’Adolf Hitler avait été sioniste.

Pendant son entretien avec JTA, Behar a condamné une tendance croissante en Europe occidentale pour « ramener l’Holocauste dans les discussions sur le sujet israélo-palestinien. » Le génocide juif, a-t-il déclaré, « fait partie de l’histoire européenne, et est la base sur laquelle les démocraties européennes sont construites. »

Mais dans les pays comptant beaucoup d’immigrés musulmans, a-t-il déclaré, les professeurs de nombreuses écoles trouvent qu’il est de plus en plus difficile d’enseigner l’Holocauste en raison de la résistance des élèves. « C’est un problème dont je pense qu’il est l’un des défis majeurs des système scolaires européens », a-t-il déclaré.

Behar a ajouté que le ministère israélien des Affaires étrangères se concentre sur le soutien de quatre stratégies dans le combat contre l’antisémitisme : législation et son application, éducation, dialogue interconfessionnel et outils pour réduire les discours raciste sur internet.

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