Education des filles : Michelle Obama dénonce l’obstacle des « croyances culturelles »
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Education des filles : Michelle Obama dénonce l’obstacle des « croyances culturelles »

La première Dame américaine veut une "discussion franche" dans "chaque pays" sur l'éducation des filles

La reine Rania de Jordanie et Michelle Obama dans le bureau ovale à Washington (Crédit : Samantha Appleton/ Wikimedia)
La reine Rania de Jordanie et Michelle Obama dans le bureau ovale à Washington (Crédit : Samantha Appleton/ Wikimedia)

Michelle Obama a appelé lundi à remettre en cause les nombreuses « croyances culturelles » qui constituent des obstacles à l’accès des filles à l’éducation, avant d’entamer un voyage d’une semaine au Moyen-Orient centré sur ce thème.

« Nous ne pouvons répondre à la crise de l’éducation des filles si nous n’abordons pas la question plus large des croyances culturelles et des pratiques qui peuvent contribuer à perpétuer cette crise », écrit la première dame des Etats-Unis dans une tribune publiée dans The Atlantic.

« C’est précisément le message que j’ai l’intention de porter cette semaine lors de mon déplacement au Moyen-Orient », ajoute Mme Obama, qui se rendra au Qatar puis en Jordanie.

Soulignant que 62 millions de filles à travers le monde ne vont pas à l’école, l’épouse du président américain appelle à « remettre en cause les lois et les pratiques qui réduisent les femmes au silence, les avilissent et les brutalisent ; des mutilations génitales aux mariages forcés d’enfants en passant par les lois qui autorisent le viol conjugal ou celles qui désavantagent les femmes dans le travail ».

« De manière compréhensible, cette question est souvent abordée sous l’angle des ressources. (…) Mais si des investissements sont absolument nécessaires pour faire avancer la question de l’éducation des filles, il ne sont tout simplement pas suffisants », martèle-t-elle dans cette tribune au ton très direct.

« L’amélioration des bourses scolaires, des toilettes ou des transports n’auront qu’un impact limité si des sociétés voient toujours les menstruations comme une honte et rejettent les filles qui ont leurs règles. Ou si elles ne punissent pas les violeurs », met-elle en garde.

A Amman, la première dame des Etats-Unis visitera une école construite avec le soutien technique et financier de l’agence américaine d’aide USAID et saluera, à cette occasion, l’engagement de la Jordanie « en faveur de l’éducation de tous les enfants qui vivent sur son territoire », souligne l’exécutif américain.

En raison du conflit en Syrie voisine, nombre d’écoles jordaniennes accueillent des élèves syriens dans leurs classes. La Jordanie accueille plus de 600 000 réfugiés syriens selon le haut commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR).

Au cours de ce voyage, la First Lady visitera par ailleurs les ruines de l’ancienne cité nabatéenne de Petra en Jordanie, où Barack Obama s’était rendu début 2013.

Michelle Obama veut une « discussion franche » dans « chaque pays » sur l’éducation des filles

Michelle Obama, en visite au Qatar, a lancé mercredi un vibrant appel à l’abolition « des lois et des traditions dépassées » qui empêchent selon elle des millions de filles d’achever leur parcours scolaire à travers le monde.

Dans un discours passionné devant les délégués du World Innovation Summit for Education (WISE) à Doha, la première dame des Etats-Unis a dit qu’une « discussion franche » est nécessaire à travers le monde sur la manière dont les femmes sont traitées et, en particulier, sur les obstacles qui se dressent devant des millions de filles à l’école.

« Si nous voulons sincèrement avoir des filles dans les classes, nous devons avoir une discussion franche sur la manière dont nous voyons et traitons les femmes dans nos sociétés et cette discussion doit avoir lieu dans chaque pays sur cette planète, y compris le mien », a déclaré Mme Obama dans une salle bondée au Qatar National Convention Centre.

« Je ne pense pas que ce soit un accident si nous avons atteint la parité (en nombre) dans l’éducation primaire et pas dans le secondaire, car quand les filles sont jeunes, elles sont souvent vues simplement comme des enfants, mais quand elles atteignent l’adolescence et commencent à se transformer en femmes, elles sont soudain victimes de tous les préjugés de leur société », a expliqué la première dame.

« C’est précisément le moment où elles commencent à prendre du retard dans leur éducation », a-t-elle estimé, ajoutant : « C’est aussi une question d’attitude et de croyances, de parents qui doivent se demander si leurs filles méritent une éducation comme leur fils et de sociétés qui s’accrochent à des lois et des traditions dépassées qui oppriment et excluent les femmes ».

Selon Mme Obama, 62 millions de filles ne sont pas inscrites à l’école à travers le monde.

La première dame des Etats-Unis, qui est arrivée lundi soir au Qatar, a visité mardi une base militaire américaine. Elle doit achever son séjour mercredi au Qatar avant de se rendre en Jordanie.

Le Qatar est un richissime émirat gazier situé dans le Golfe. Allié des Etats-Unis, ce pays musulman est perçu comme conservateur et favorable aux différents mouvements de l’islam politique qui se sont manifestés lors du Printemps arabe.

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