Eizenkot: Israël a frappé « des milliers » de cibles iraniennes en Syrie
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Eizenkot: Israël a frappé « des milliers » de cibles iraniennes en Syrie

Selon le chef d'état-major sortant, les forces soutenues par Téhéran s'en vont à cause des opérations de l'armée israélienne - qui a une supériorité militaire "totale"

Gadi Eizenkot, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une conférence au Centre interdisciplinaire d'Herzliya, le 2 janvier 2018 (Crédit : FLASH90)
Gadi Eizenkot, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une conférence au Centre interdisciplinaire d'Herzliya, le 2 janvier 2018 (Crédit : FLASH90)

Le chef d’état-major sortant Gadi Eizenkot a expliqué vendredi qu’Israël avait mené des « milliers » de frappes aériennes contre des cibles militaires iraniennes en Syrie, ces dernières années.

Dans un entretien accordé au New York Times avant sa retraite qui débutera le 15 janvier, Eizenkot a, pour la première fois, confirmé l’ampleur de la campagne militaire en cours visant à contrecarrer l’enracinement iranien en Syrie.

« Nous avons frappé des milliers de cibles sans revendiquer les frappes ou sans nous les attribuer », a-t-il dit.

Eizenkot a déclaré qu’Israël avait détourné son attention vers l’Iran – son ennemi juré – au cours des deux dernières années pour empêcher l’armée israélienne de s’embourber dans des affrontements contre des ennemis secondaires comme le Hamas à Gaza.

« Quand vous combattez un ennemi faible pendant de nombreuses années », a-t-il expliqué, « cela vous affaiblit aussi ».

Une carte illustrative montrant l’emplacement général des frappes israéliennes en Syrie en réponse à une attaque présumée iranienne sur le plateau du Golan le 10 mai 2018. (Armée israélienne)

En premier lieu, Eizenkot a noté que les opérations israéliennes en Syrie avaient respecté un « certain seuil », en référence au fait que l’armé israélienne s’était limité à cibler les transports de livraison d’armes destinées au groupe terroriste mandataire de la République islamique au Liban, le Hezbollah, pendant les premières années de la guerre civile qui avait éclaté en 2011.

Mais dans les années qui ont suivi, Eizenkot a souligné que l’Iran avait procédé à un « changement significatif » dans sa stratégie en Syrie et avait commencé à faire venir de la main-d’oeuvre de tout le monde musulman pour tenter de renforcer sa mainmise sur le pays.

« Son objectif était de devenir significativement influent en Syrie, en élaborant une force constituée de 100 000 combattants chiites venus du Pakistan, d’Afghanistan et d’Irak », a-t-il noté. « Ils ont construit des bases de renseignement et des bases aériennes au sein de chaque base aérienne syrienne. Puis ils ont fait venir des civils avec pour objectif de les endoctriner. »

En 2016, Eizenkot a précisé que le commandements des forces Quds, Qassem Soleimani, avait mobilisé 3000 hommes en Syrie, avec 8000 combattants du Hezbollah et 11 000 troupes chiites étrangères.

Photo publiée par les médias iraniens montrant la base aérienne T-4 dans le centre de la Syrie après un tir de missiles lundi 9 avril 2018 (médias iraniens)

Eizenkot a raconté qu’au mois de janvier 2017, le cabinet de sécurité lui avait permis à l’unanimité de renforcer les frappes en Syrie, qui sont alors devenues presque quotidiennes. Au cours de l’année 2018 uniquement, il a précisé qu’Israël avait lâché 2000 bombes sur des cibles iraniennes.

Soleimani a bien tenté de riposter à cette campagne israélienne accrue en lançant trente roquettes vers le nord d’Israël au mois de mai dernier mais elles ont toutes raté leur but, a ajouté Eizenkot.

Le chef d’état-major sortant a affirmé que les frappes israéliennes étaient parvenu à empêcher l’Iran de s’enraciner en Syrie comme la république islamique avait pu le faire au Yémen, au Liban et dans la bande de Gaza. Soleimani, a-t-il dit, a fait une erreur stratégique en sous-estimant la détermination de l’Etat juif à s’opposer aux intérêts iraniens dans la région.

« Son erreur a été de choisir un terrain de jeu où il est relativement faible », a continué Eizenkot. « Nous avons une supériorité complète en termes de renseignement dans cette zone. Nous jouissons également s’une supériorité totale au niveau aérien. Nous avons de forts outils de dissuasion, ainsi qu’une justification pour passer à l’acte ».

« La force à laquelle nous nous sommes opposés ces deux dernières années était déterminée », a-t-il ajouté, « mais elle n’était guère impressionnante en termes de capacités ».

En résultat des frappes israéliennes, Eizenkot a déclaré que les Iraniens faisaient quitter la Syrie à ses combattants et les transféraient en Irak.

Le commandant des Gardiens de la révolution islamique, le général Qassem Soleimani,
au centre, lors d’une réunion avec le chef suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, et les commandants des Gardiens de la révolution à Téhéran, en septembre 2016 (Crédit : Office of the Iranian Supreme Leader via AP)

L’interview d’Eizenkot a été publiée quelques heures après que les médias syriens ont annoncé que les batteries de défense anti-aériennes du pays avaient abattu des missiles israéliens à proximité de Damas dans la nuit de vendredi.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme a noté que les avions de guerre avaient pris pour cibles deux secteurs « abritant des positions militaires des forces iraniennes et du mouvement libanais du Hezbollah ».

Les responsables israéliens n’ont pas de fait de déclarations concernant ces informations, même s’ils commentent rarement les opérations réalisées en Syrie.

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