Netanyahu confirme un raid aérien anti-iranien en Syrie
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Netanyahu confirme un raid aérien anti-iranien en Syrie

Le régime d'Assad accuse les Etats-Unis d'aider Israël à "obtenir l'impunité" de ses attaques, qui ont visé des cibles liées à l'Iran et au Hezbollah

Image d'une vidéo fournie par l'agence syrienne SANA montrant des missiles dans le ciel au-dessus de Damas, en Syrie, le 25 décembre 2018 (Crédit : SANA via AP)
Image d'une vidéo fournie par l'agence syrienne SANA montrant des missiles dans le ciel au-dessus de Damas, en Syrie, le 25 décembre 2018 (Crédit : SANA via AP)

Les batteries de défense anti-aériennes syriennes ont ouvert le feu sur des « missiles israéliens hostiles » à proximité de Damas, vendredi soir, a fait savoir l’agence de presse officielle SANA.

Une source militaire a confié à l’agence qu’à « 23 heures 15, des avions de guerre israéliens venant de la Galilée ont tiré plusieurs missiles en direction des alentours de Damas ».

« La plupart » des missiles tirés ont été interceptés, a affirmé la source militaire, qui a ajouté que « seul un entrepôt du ministère des Transports à l’aéroport international de Damas » a été touché. Selon un autre responsable cité par SANA, « l’activité de l’aéroport est normale et n’a pas été impactée par l’agression. »

Un correspondant de l’AFP à Damas a entendu plusieurs fortes explosions.

« Deux secteurs accueillant des positions militaires des forces iraniennes et du mouvement libanais du Hezbollah ont été pris pour cible », a précisé vendredi soir l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les cibles se trouvaient dans « le secteur de Kesswa et dans l’enceinte de l’aéroport international de Damas », selon le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, précisant que « la situation est normale dans l’aéroport ».

Dans un premier temps, l’agence SANA avait indiqué que les défenses antiaériennes syriennes étaient entrées en action contre des « cibles ennemies ».

Les responsables israéliens n’ont fait aucune déclaration sur ces informations mais seulement de rares commentaires sur ces frappes présumées.

La Syrie a annoncé samedi avoir porté plainte auprès du conseil de Sécurité de l’ONU et du secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres en raison de ces attaques.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé dimanche que l’aviation israélienne avait effectué vendredi un raid contre des « entrepôts d’armes » iraniennes dans l’enceinte de l’aéroport international de Damas, une rare confirmation de la part d’un responsable israélien.

« Il y a juste 36 heures, notre aviation a attaqué des entrepôts iraniens renfermant des armes iraniennes dans l’aéroport international de Damas », a affirmé M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, selon son bureau.

Israël, ces dernières années, a mené des centaines d’attaques aériennes en Syrie contre des cibles liées à l’Iran qui, aux côtés de ses groupes mandataires et de la Russie, combat au service du régime du président syrien Bashar al-Assad.

La dernière frappe présumée de ce type a eu lieu le jour de Noël. A cette occasion, un missile syrien anti-aérien s’est introduit dans l’espace aérien de l’Etat juif et a été détruit par les systèmes de défense anti-aérienne.

Israël a accusé l’Iran de chercher à ancrer une présence militaire en Syrie qui pourrait menacer la sécurité israélienne et de tenter de transférer des armements au groupe terroriste du Hezbollah au Liban.

L’Etat hébreu martèle depuis régulièrement qu’il ne laissera pas la Syrie voisine devenir la tête de pont de l’Iran, engagé au côté du pouvoir de Damas depuis le déclenchement du conflit en 2011.

Le nombre de frappes aériennes qui, en Syrie, ont été attribuées à Israël, a baissé ces derniers mois après qu’un avion militaire russe a été abattu par les Syriens au cours d’une attaque israélienne perpétrée à Latakia, qui avait tué les 11 membres d’équipage.

La Russie avait attribué la responsabilité de l’incident à Israël – une accusation rejetée à Jérusalem – et fourni à la Syrie le système de défense anti-aérienne avancé S-300.

Livrées à la fin de l’année dernière, les batteries russes n’auraient pas encore été utilisées, les équipes syriennes chargées de la défense aérienne n’ayant pas encore été formées à leur usage.

Déclenché en 2011 avec la répression de manifestations par les autorités, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé.

Il a fait plus de 360 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

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