En coulisses avec Elite Zexer, la réalisatrice israélienne de “Tempête de Sable”
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En coulisses avec Elite Zexer, la réalisatrice israélienne de “Tempête de Sable”

Lors d’une projection-débat organisée dans le cadre des manifestations "Times of Israel Présente", la réalisatrice a estimé qu’en hissant le particulier au niveau de l’universel, cette histoire de femmes bédouines en langue arabe a touché les publics du monde entier

La réalisatrice Elite Zexer évoque les 12 ans qui ont été nécessaires et qui ont précédé la réalisation de son film « Tempête de Sable”, présenté lors d’une projection-débat lors d’un événement “le Times of Israel Présente » organisé à la cinémathèque de Jérusalem le 2 mars 2017 (Crédit :Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)
La réalisatrice Elite Zexer évoque les 12 ans qui ont été nécessaires et qui ont précédé la réalisation de son film « Tempête de Sable”, présenté lors d’une projection-débat lors d’un événement “le Times of Israel Présente » organisé à la cinémathèque de Jérusalem le 2 mars 2017 (Crédit :Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Assise dans un fauteuil rouge cossu sur la scène de la cinémathèque de Jérusalem jeudi, Elite Zexer, réalisatrice du film israélien « Tempête de sable », a raconté devant une salle comble comment, contrairement aux Oscars et aux Etats Unis, il n’y a pas en Israël d »After’ après la cérémonie des Ofirs.

« Tempête de sable » a remporté des prix lors de festivals importants dont ceux de Sundance et de Jérusalem. Il a également marqué les Ofirs en remportant six récompenses, et ce film en langue arabe a été choisi pour représenter Israël aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger en 2016.

Jeudi, Zexer a éclaté de rire en racontant qu’après le succès remporté par son oeuvre lors des Ofirs, elle a passé une nuit tourbillonnante à faire la fête aux côtés de ses amis et de sa famille.

Aux environs de 3 heures 30 du matin, elle s’est retrouvée dans une rue de Tel Aviv dans sa robe de soirée et en talons hauts – sans un sou en poche. Soupesant sa statuette encombrante, elle a commencé à marcher pour rentrer chez elle.

A Tel Aviv, a ajouté Zexer, il y avait encore beaucoup de gens dans les rues à cette heure de la nuit et elle n’a cessé d’être interrogée sur sa statuette pendant les 40 minutes de marche qui la séparaient de chez elle, sous les acclamations réjouies des passants.

Et lorsqu’elle est enfin arrivée dans son petit appartement de 40 mètres carrés, elle a déposé l’honorable statuette aux côtés du prix remporté au Festival Sundance placé en évidence sur le comptoir de sa cuisine.

La réalisatrice de “Tempête de sable” Elite Zexer et la rédactrice de la rubrique ‘culture’ du Times of Israel Jessica Steinberg lors d’une projection-débat organisée à la cinémathèque de Jérusalem le 2 mars 2017 (Crédit :  Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)
La réalisatrice de “Tempête de sable” Elite Zexer et la rédactrice de la rubrique ‘culture’ du Times of Israel Jessica Steinberg lors d’une projection-débat organisée à la cinémathèque de Jérusalem le 2 mars 2017 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

La projection de « Tempête de sable », sous-titré en anglais, et la conversation qui s’en est suivie avec la réalisatrice Zexer entraient dans le cadre d’une série d’événements organisés par le Times of Israel et accueillis par la rédactrice en chef de la rubrique Culture, Jessica Steinberg.

Parmi les précédents événements organisés, une production anglaise intitulée “The city” de l’opéra hip-hop de l’Incubator Theater et une passionnante discussion entre le rédacteur en chef du Times of Israel David Horovitz et l’ancien directeur du Mossad, Efraim Halevy.

La prochaine manifestation dans le cadre de « Times of Israel présente » sera la projection, le 6 mars, du film « Norman » suivie d’un débat avec le réalisateur Joseph Cedar, qui sera accueilli par la responsable de la plate-forme des blogs du Times of Israel en anglais, Miriam Herschlag.

Pour la plus grande partie des membres du public – la salle était pleine à craquer – venu jeudi soir à la cinémathèque de Jérusalem, le propos de « Tempête de sable » réalisé par Zexer ne pouvait pas être plus éloigné de leur propre expérience.

Et pourtant, d’une certaine manière, avec ses thématiques universelles d’honneur familial et de lutte générationnelle contre la tradition, Zexer parvient à élever le drame d’une famille bédouine au niveau de l’universalité.

Lors d’un entretien accordé dans la matinée de vendredi au Times of Israel, Zexer reconnaît avoir été émue de voir une salle comble dans la soirée de jeudi. Elle explique avoir été heureuse de présenter le film « à un public israélien très différent » formé d’anglophones.

De manière assez étrange, le film n’a pas eu une vraie Première en Israël. Lors du débat avec Steinberg jeudi, Zexer a raconté comment « Tempête de sable » devait à l’origine débuter par une projection offerte à des représentantes de mouvements féministes bédouins et juifs au Centre Peres pour la paix, qui promeut la coexistence.

Malheureusement, le président Shimon Peres a été admis à l’hôpital quelques jours avant cette première prévue et l’événement a été annulé.

Alors qu’il s’est passé 12 années depuis qu’elle a eu l’idée du film pour la première fois, Zexer a indiqué qu’il était important pour elle que l’œuvre fasse le portrait réaliste des particularités de la société bédouine conservatrice tout en jouant sur des thématiques universelles. Pendant cinq ans, elle a visité des villages et revu son script.

Elle passait une semaine dans un village pour retourner à Tel Aviv où elle effaçait le scénario préconçu, le réécrivait puis repartait en repérage.

La réalisatrice Elite Zexer débat avec la responsable de la rubrique ‘culture’ du Times od Israel Jessica Steinberg sur la réalisation de son film “Tempête de sable » à l’occasion d’une manifestation de « Times of Israel présente » à la cinémathèque de Jérusalem, le 2 mars 2017 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)
La réalisatrice Elite Zexer débat avec la responsable de la rubrique ‘culture’ du Times od Israel Jessica Steinberg sur la réalisation de son film “Tempête de sable » à l’occasion d’une manifestation de « Times of Israel présente » à la cinémathèque de Jérusalem, le 2 mars 2017 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Dans sa recherche d’authenticité, les acteurs – des femmes israéliennes arabes et des hommes bédouins et arabes – ont dû travailler leur accent pour être fidèles au dialecte arabe bédouin.

Leur dur travail se reflète dans le succès qu’a remporté le film auprès du public bédouin et les bédouins locaux ont pris d’assaut, pendant trois mois, les deux cinémas où était diffusé « Tempête de sable » à Beer Sheva – obligeant une autre salle à ajouter l’œuvre de Zexer à sa programmation à Omer, la ville voisine.

Depuis, le film a été salué à l’international et Zexer a réalisé son objectif : chaque personne, dans le public, est capable de se “retrouver“ dans le film et de réaliser que la mère dans « Tempête de sable » est « tout comme ma mère, et la fille est tout à fait celle de ma voisine ».

En Inde, a-t-elle ajouté, elle a reçu une standing ovation — de la part d’hommes seulement.

Vendredi, vingt-quatre heures après la projection de Jérusalem, elle a indiqué que le public de Jérusalem n’était pas supplanté par celui de Tel Aviv.

« J’ai parlé pendant le débat de la manière dont les gens m’avaient applaudie alors que je rentrais chez moi après la cérémonie des Ofirs et je suis sortie de la cinémathèque et tout le monde m’a applaudie jusqu’à ma voiture pour me montrer que les habitants de Jérusalem sont tout aussi enthousiastes », a dit Zexer.

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