En écho à Dagan, les députés Likud fustigent la solution à 2 états de l’AIPAC
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En écho à Dagan, les députés Likud fustigent la solution à 2 états de l’AIPAC

Après l'appel de l'AIPAC à la création d'un état palestinien, Hotovely, Glick et Zohar soutiennent Yossi Dagan, qui affirme que le lobby dénature la position israélienne

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Les députés Likud et HaByit HaYehudi lors d'un rassemblement dans l'implantation évacuée de Sa-Nur dans le nord de la Cisjordanie (Crédit : Jacob Magid / The Times of Israel)
Les députés Likud et HaByit HaYehudi lors d'un rassemblement dans l'implantation évacuée de Sa-Nur dans le nord de la Cisjordanie (Crédit : Jacob Magid / The Times of Israel)

Faisant écho au message du représentant des implantations, les députés du Likud ont demandé à l’AIPAC de cesser de soutenir la solution à deux états lors d’une avalanche de communiqués lundi.

Tenant des propos susceptibles d’entraîner la colère des politiciens israéliens les plus belliqueux et de leurs partisans américains – notamment des membres de l’AIPAC – Howard Kohr avait lancé un appel explicite à « deux états pour deux peuples », expliquant qu’il était « tragique » que ce scénario paraisse actuellement si éloigné.

La vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, a imploré le lobby pro-israélien et plus largement les Juifs américains de « changer la donne en ce qui concerne de nombreuses interprétations fondamentales du conflit israélo-palestinien ».

Saluant la capacité de l’administration Trump à « penser autrement » sur la question, Hotovely, s’adressant à la radio militaire, a appelé les Juifs des Etats-Unis à faire de même.

La vice-ministre des Affaires étrangères a fait valoir que le désengagement d’Israël de la bande de Gaza prouvait que les principes qui sous-tendent la solution à deux états étaient un échec. Toute la préoccupation internationale concernant la question de Gaza découle, entre autres choses, du fait qu’il n’y avait aucune compréhension du fait que la solution à deux états nous mène finalement à davantage de terrorisme, a-t-elle soutenu.

Certains partisans de la solution à deux états soutiennent toutefois que les retraits israéliens doivent s’inscrire dans le cadre d’un accord plus large avec les Palestiniens, par opposition au retrait de Gaza en 2005, qui a été effectué unilatéralement.

Le président du Conseil de Samarie Yossi Dagan s’exprime durant une manifestation contre le démantèlement prévu de l’avant-poste d’Amona, devant la Knesset, le 30 janvier 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les déclarations de Hotovely sont arrivées quelques heures après que le président du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, a fustigé les positions du lobby israélien le plus puissant des Etats-Unis comme n’ayant « aucun fondement ».

Dans une lettre adressée aux dirigeants de l’AIPAC, Dagan s’est particulièrement inquiété du soutien du groupe à la solution à deux états, affirmant que le groupe prétendait à tort que ce serait la fin du conflit israélo-palestinien et qu’il avait le soutien de Washington et de Jérusalem.

« Cette allégation n’a aucune base, en fait », a écrit Dagan dans sa lettre adressée aux hauts-responsables de l’AIPAC, notamment au président Lillian Pinkus et à l’administrateur du groupe, Howard Kohr.

« Les directives officielles du gouvernement israélien… ne contiennent pas un seul mot ou même une simple allusion au soutien à la solution à deux états », a-t-il écrit en évoquant l’accord de coalition signé après les élections de 2015 qui, pour la toute première fois, ne contenait aucune référence au processus de paix.

Le chef des implantations a indiqué que tandis que la Stratégie de sécurité nationale américaine sous l’administration de l’ancien président Barack Obama avait exprimé son soutien à la solution à deux états, il n’en était pas de même dans la plate-forme publiée par l’administration Trump au mois de décembre, où cette solution n’est pas mentionnée.

Le président Donald Trump a jusqu’à présent refusé de favoriser une solution particulière au conflit.

Au cours de sa visite en Israël le mois dernier, le vice-président Mike Pence avait expliqué aux députés israéliens que les Etats-Unis appuieraient une solution à deux états « si les deux parties y souscrivent ».

Alors que le lobby pro-israélien ne se réfère pas explicitement à la solution à deux états en tant que préférence politique officielle des gouvernements américain ou israélien, la section du carnet de note 2017 établi par le mouvement sur le sujet commence en affirmant qu’Israël « est engagé en faveur d’une solution à deux états – un état juif vivant côte à côte et en paix aux côtés d’un état palestinien démilitarisé. Les Etats-Unis doivent envoyer le message clair que cet objectif ne pourra être atteint que par le biais de négociations directes entre les parties ».

Aucune autre solution au conflit n’apparaît dans ce chapitre de cinq pages.

De plus, durant son discours prononcé au premier jour de la conférence, l’administrateur du groupe s’était lancé dans un plaidoyer passionné en faveur d’un état palestinien, disant qu’il fallait continuer à croire en la possibilité de la paix.

« Je suis sidéré quant aux raisons pour lesquelles une organisation si importante et si pleine de sens que l’AIPAC… se trouve à présenter de manière aussi peu exacte les positionnements de l’Etat d’Israël (et des Etats-Unis) devant des responsables gouvernementaux, des sénateurs et des membres du Congrès et devant l’opinion publique pro-israélienne en général », a écrit Dagan.

« Le positionnement que l’AIPAC attribue à l’état d’Israël… échoue non seulement à représenter Israël de manière appropriée mais est préjudiciable aux efforts de réalisation du dialogue au Moyen Orient », a-t-il continué.

Yehudah Glick, député Likud, à la Knesset, 29 mai 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Yehudah Glick, un autre député du Likud, s’est joint à Hotovely pour critiquer le lobby pro-israélien.

« L’AIPAC est un grand et important ami d’Israël, mais s’il prétend représenter la position officielle de l’État d’Israël auprès des élus américains, il doit le faire fidèlement », a déclaré Glick dans un communiqué.

« Il est clair pour la grande majorité des ministres du gouvernement et des ministres de la coalition que l’établissement d’un état palestinien au cœur de l’État d’Israël signifie que le terrorisme sera placé au cœur de l’État d’Israël, a-t-il ajouté, appelant l’AIPAC à actualiser ses débats sur le processus de paix.

Le député du Likud, Miki Zohar, a également fait écho au message de Dagan, appelant le lobby pro-israélien à « modifier son message aux membres du Congrès conformément à la position de l’État d’Israël », dans une déclaration faite lundi.

Shevach Stern, le président du siège national du Likud à la Knesset le 17 mai 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Shevach Stern, le président du siège national du Likud, s’est interrogé sur la logique de la position de l’AIPAC.

« Je ne sais pas ce que fait l’AIPAC. Il y a deux mois à peine, le comité interne du parti au pouvoir a voté pour l’application de la souveraineté israélienne à la Judée, à la Samarie et au Grand Jérusalem – un contraste de 180 degrés par rapport à l’établissement d’un état palestinien », a-t-il déclaré dans un communiqué faisant référence à l’adoption à l’unanimité par le Comité central du Likud d’une résolution de décembre appelant les députés du parti à faire avancer la législation pour annexer certaines parties de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

« Une majorité décisive, voire 100 % à mon avis, de ministres du gouvernement, certainement ceux du Likud, fera obstacle à l’établissement d’un état palestinien au cœur du pays », a conclu M. Stern.

Un porte-parole de l’AIPAC a refusé de répondre aux attaques des députés de droite.

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