Le chef de l’AIPAC appelle explicitement à la création d’un état palestinien
Rechercher

Le chef de l’AIPAC appelle explicitement à la création d’un état palestinien

Pour Howard Kohr, il faut "deux États pour deux peuples : un juif avec des frontières sûres et défendables, et un palestinien avec son propre drapeau et son propre avenir"

Howard Kohr, directeur exécutif de l'AIPAC, s'adresse à la conférence politique du lobby pro-israélien, le 4 mars 2018 (Capture d'écran de l'AIPAC)
Howard Kohr, directeur exécutif de l'AIPAC, s'adresse à la conférence politique du lobby pro-israélien, le 4 mars 2018 (Capture d'écran de l'AIPAC)

WASHINGTON – Alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne soutient plus le principe d’un état à part entière pour les Palestiniens, et que l’administration Trump a déclaré à contrecœur qu’elle soutiendrait une solution à deux Etats si les deux parties y consentaient, le chef du lobby pro-israélien AIPAC a lancé dimanche un appel passionné en faveur d’un état palestinien et du maintien de la croyance en la possibilité de la paix.

Dans son discours de nature à provoquer la colère des politiciens israéliens et de leurs partisans américains, y compris certains membres de l’AIPAC, Howard Kohr, directeur exécutif du lobby, a lancé un appel explicite en faveur de « deux états pour deux peuples » et a déclaré qu’il était « tragique » que ce scénario semble actuellement si lointain.

Il a reproché aux dirigeants palestiniens d’éviter les négociations directes et a également déclaré qu’Israël avait besoin de la paix avec tous ses voisins.

S’adressant aux 18 000 participants de la conférence politique annuelle de l’AIPAC à Washington, le chef de file du groupe de lobby a souligné ce qu’il a déclaré être des relations de réchauffement entre Israël et divers pays arabes, et a déclaré que ces relations émergentes étaient « un signe de modération » et constituaient « un message aux dirigeants palestiniens qu’un avenir prometteur est possible lorsque vous avez finalement mis de côté des générations de haine et choisi de vivre côte à côte en paix avec l’État juif d’Israël ».

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion bilatérale en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM) à Davos, Suisse orientale, le 25 janvier 2018 (AFP PHOTO / Nicholas Kamm)

S’exprimant à la veille des entretiens programmés lundi entre Netanyahu et le président américain Donald Trump, et avant le discours de Netanyahu devant l’AIPAC mardi, Kohr a ensuite souligné l’impératif de rétablissement de la paix pour Israël et ses soutiens : « Nous devons tous travailler vers cet avenir : deux états pour deux peuples. Un Juif avec des frontières sûres et défendables, et un Palestinien avec son propre drapeau et son propre avenir. »

« Aujourd’hui, ce rêve semble lointain », reconnaît Kohr. « C’est tragique ».

« L’absence d’un processus de paix constructif n’est pas un motif de réjouissance », a-t-il mis en garde. « La sécurité d’Israël ne peut être pleinement assurée et cette garantie ne peut être pleinement réalisée tant qu’elle n’est pas en paix avec tous ses voisins. »

Kohr a poursuivi en déclarant que « la paix commence par le dialogue » et a déploré que « cela fait près de huit ans que le président Abbas [de l’Autorité palestinienne] a eu des entretiens directs avec un Premier ministre israélien ». Manifestement, a-t-il dit, il n’y a « aucune volonté palestinienne de discuter directement ».

Dirigeant ce passage de ses remarques à Abbas, Kohr a déclaré qu' »il n’y a pas d’aternative aux négociations directes » et « il n’y a pas de raccourcis vers la paix. Vous ne pouvez y arriver par le biais des Nations unies, de l’Union européenne ou de Moscou ».

Howard Kohr, directeur exécutif de l’AIPAC, s’adresse à la conférence politique du lobby, le 4 mars 2018 (Capture d’écran Aipac)

Il a promis que l’AIPAC « se tiendrait aux côtés de l’administration, de nos amis du Congrès et de tous ceux qui, au sein de la communauté internationale, soutiennent la paix par le biais de négociations directes ».

« Se préparer au conflit peut nécessiter une vigilance permanente », a dit Kohn, « mais travailler pour la paix exige la foi éternelle – une foi qu’il y a un avenir au-delà des effusions de sang et de la guerre. Nous partageons cette foi et nous sommes prêts pour ce jour-là », a-t-il dit.

Presque tous les députés de la Knesset du parti au pouvoir de Netanyahu, le Likud, affirment qu’ils s’opposent à la création d’un état palestinien. Le Premier ministre lui-même a indiqué avant les dernières élections de 2015 qu’il n’y avait aucune perspective envisageable d’un état palestinien, et l’année dernière, il a déclaré à ses ministres qu’il était prêt à donner aux Palestiniens un « mini état ».

Il y a trois mois, lors d’une réunion avec les dirigeants de l’UE à Bruxelles, on lui a demandé sans ambages s’il soutenait toujours une solution à deux états et a éludé la question, disant plus tard aux journalistes qu’il avait répondu en demandant aux ministres européens si un tel État était « le Costa Rica ou le Yémen ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...