En Irak, polémique autour d’une violoniste cheveux au vent pour un match de foot
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En Irak, polémique autour d’une violoniste cheveux au vent pour un match de foot

Une violoniste libanaise a joué l'hymne national irakien la tête et les bras découverts sur la pelouse du stade de Kerbala, une ville sainte chiite du sud de l'Irak

Une supportrice irakienne regarde le match Irak-Liban au stade de Kerbala, le 30 juillet 2019. (Crédit : AHMAD AL-RUBAYE / AFP)
Une supportrice irakienne regarde le match Irak-Liban au stade de Kerbala, le 30 juillet 2019. (Crédit : AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Une violoniste libanaise a déclenché la polémique en jouant mardi l’hymne national irakien la tête et les bras découverts sur la pelouse du stade de Kerbala, une ville sainte chiite du sud de l’Irak.

L’organe étatique en charge des biens religieux chiites (Waqf) a annoncé jeudi avoir porté plainte, tandis que politiciens et internautes s’opposaient violemment au sujet de la prestation de cette musicienne, cheveux lâchés et bras dénudés, accompagnée de trois danseuses, vêtues de longues robes couvrant tout leur corps.

Le Waqf chiite a indiqué dans un communiqué avoir « porté plainte contre la Fédération irakienne de football », tandis que l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki a réclamé « une enquête urgente » sur « une violation choquante de la sainteté de Kerbala », située à 100 km au sud de Bagdad.

Pour ouvrir le match Liban-Irak qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de supporters mardi soir, le ministère de la Jeunesse et des Sports avait demandé à une entreprise libanaise spécialisée dans l’événementiel d’organiser une introduction musicale.

A Kerbala, où les femmes sont quasiment toutes voilées et où, à plusieurs reprises, des arrêtés préfectoraux contre l' »indécence » ont suscité les craintes de la société civile, le gouverneur Nassif al-Khattabi a publié un communiqué dénonçant une « erreur ».

Un match Irak-Liban au stade de Kerbala, le 30 juillet 2019. (Crédit : AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Il affirme avoir reçu « des critiques sur certains passages de la cérémonie d’ouverture qui ont contrevenu à la sainteté de Kerbala » et en avoir référé au ministère de la Jeunesse et des Sports et à la Fédération irakienne de football.

Cette dernière a assuré à l’AFP n’avoir aucun lien avec l’organisation de cet interlude musical dans la ville où des chiites du monde entier viennent se recueillir par millions au mausolée de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet.

Sur Twitter, les avis étaient partagés. Un internaute disait « avoir honte face à l’imam Hussein pour ce qui est arrivé au stade de Kerbala », tandis qu’une autre remerciait la musicienne: « merci d’avoir fait trembler les islamistes et les hypocrites ».

« Des années de corruption en Irak et la plupart des religieux sont silencieux. Trois femmes qui dansent au stade de Kerbala et ils se couvrent la tête de honte », renchérissait un autre, alors que des montages photo recouvraient l’artiste d’un niqab, ce long voile imposé un temps en Irak par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Depuis 1990 et la guerre du Golfe, la Fifa interdisait à l’Irak d’organiser des compétitions internationales sur son sol. Elle a levé cette interdiction il y a un an et Kerbala accueille actuellement – avec Erbil – des matches de la Coupe d’Asie de l’Ouest.

Cette compétition regroupe les équipes de Palestine, du Yémen, du Liban, de la Syrie, de l’Arabie saoudite, de la Jordanie, de Bahreïn et du Koweït.

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