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En pleine opération Aube, la police se déploie à Jérusalem en vue de Tisha BeAv

Omer Barlev a déclaré que "la mission principale de la police est de maintenir le calme dans le pays" alors que les tensions à Gaza ne cessent de s’intensifier

Dossier : Des milliers de personnes prient au mur Occidental à la veille de Tisha BeAv dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 10 août 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Dossier : Des milliers de personnes prient au mur Occidental à la veille de Tisha BeAv dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 10 août 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

La police a été déployée en force à Jérusalem samedi, et notamment dans la zone de la Vieille ville et du mont du Temple, pour sécuriser les offices de la journée de jeûne de Tisha BeAv sur fond d’embrasement dans la bande de Gaza.

Le jeûne commence samedi soir, dure jusqu’à dimanche soir, et devrait attirer une forte affluence juive au mur Occidental et au mont du Temple.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a rencontré samedi de hauts gradés de la police pour discuter des préparatifs, déclarant que « la mission principale de la police est de maintenir le calme dans le pays et de veiller à ce que toutes les instructions d’urgence dans le sud soient respectées », alors que les combats entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Jihad islamique se poursuivent.

« La police sera également déployée en certains points de Jérusalem pour Tisha BeAv afin d’assurer la sécurité intérieure », a-t-il ajouté.

En début de semaine, avant même que ne débute l’actuelle escalade de la violence à Gaza, la Douzième chaîne a rapporté que les décideurs politiques et sécuritaires étaient déjà préoccupés par une potentielle vague de violence sur le mont du Temple lors du jour de jeûne. En moyenne plus de 1 000 pèlerins juifs se rendent, chaque année pour Tisha BeAv, sur ce site sensible et connu pour avoir été de nombreuses fois la scène d’épisodes répétés de violence israélo-palestinienne.

Israël ne considère pas ces visites comme une violation d’un arrangement connu sous le nom de statu quo, qui garantit une bonne conduite sur le site. Cette politique permet aux musulmans de se rendre sur le mont du Temple et d’y prier, tandis que les non-musulmans ne sont autorisés qu’à le visiter. Mais les Palestiniens considèrent qu’un nombre aussi important de visiteurs juifs constitue en soi une violation du statu quo.

L’augmentation du nombre de visiteurs juifs ne se produit pas uniquement le jour de Tisha BeAv, mais tout au long de l’année, car l’opinion publique a évolué – en particulier dans le camp nationaliste religieux – en faveur de cette pratique. Cela est principalement dû à une croyance croissante qui assimile la présence juive sur le mont du Temple à la souveraineté israélienne sur le site, largement considéré comme le lieu le plus saint pour les Juifs, où se trouvaient autrefois deux Temples et où le patriarche biblique Abraham aurait failli sacrifier son fils Isaac avant que Dieu n’intervienne.

Les forces de sécurité israéliennes montant la garde alors qu’un groupe de Juifs visite le Mont du Temple- également connu sous le nom de Haram al-Sharif – le jour de Tisha BeAv dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 18 juillet 2021. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Pour les musulmans, le site est connu sous le nom de Haram al-Sharif (Noble sanctuaire). Abritant le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa (la Lointaine), il est généralement considéré comme le troisième site le plus sacré de l’islam, d’où le prophète Mahomet serait monté aux cieux sur sa jument ailée. Certains considèrent l’ensemble de l’esplanade de 15 hectares comme une même mosquée. Bien que les musulmans prient aujourd’hui en direction de La Mecque, ils ont aussi prié pendant un certain temps en direction du mont du Temple. En plus de son importance religieuse, le site revêt une grande signification culturelle et nationale pour les Palestiniens.

Les visites des fidèles juifs sont aussi de plus en plus marquées par des prières, parfois de groupe, mais le plus souvent individuelles. Ces dernières années, certains extrémistes juifs ont fait pression pour autoriser la prière juive sur le site, dans un mouvement qui a gagné du terrain. Par le passé, la police excluait toute personne soupçonnée de prier, mais ces derniers temps, elle a discrètement autorisé la pratique de certains cultes juifs sur le site de la Vieille Ville de Jérusalem. Des agents autorisant la poursuite de ces prières ont été vus sur plusieurs vidéos ; ceci, selon les Palestiniens, constitue en soi une nouvelle détérioration du statu quo.

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