Enquête sur les crimes de guerre : La Knesset nomme une femme pour La Haye
Rechercher

Enquête sur les crimes de guerre : La Knesset nomme une femme pour La Haye

La députée Michal Cotler-Wunsh, fille de l'ex-ministre de la Justice du Canada, utilisera "les droits de l'homme et le droit international pour sortir Israël du banc des accusés"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Président de la Knesset Yariv Levin, (à gauche), nomme la députée Michal Cotler-Wunsh coordinatrice spéciale de la Knesset pour les questions relatives à la Cour pénale internationale, le 23 septembre 2020. (Autorisation)
Le Président de la Knesset Yariv Levin, (à gauche), nomme la députée Michal Cotler-Wunsh coordinatrice spéciale de la Knesset pour les questions relatives à la Cour pénale internationale, le 23 septembre 2020. (Autorisation)

La Knesset a appointé mercredi une coordinatrice parlementaire spéciale pour les questions relatives à la Cour pénale internationale (CPI), avant la décision attendue de La Haye d’ouvrir une enquête sur les crimes de guerre commis par les soldats israéliens et les terroristes palestiniens.

Le Président de la Knesset, Yariv Levin, a nommé la députée Michal Cotler-Wunsh (Kakhol lavan), la fille de l’ancien ministre de la Justice canadien Irwin Cotler, au poste nouvellement créé. Ses responsabilités comprennent « le travail avec des pairs dans les Parlements du monde entier et le voyage à La Haye pour rencontrer les acteurs concernés », a déclaré son bureau.

« La décision du président de la Knesset, M. Levin, reconnaît l’impératif d’avoir une représentation parlementaire à la CPI afin de participer au dialogue international et d’aborder la question des deux poids deux mesures de la Cour contre l’État d’Israël », a déclaré Mme Cotler-Wunsh. « En ma qualité de représentante officielle de la Knesset auprès de la CPI, je veillerai à ce que le langage des droits de l’homme et du droit international soit utilisé afin qu’Israël puisse sortir du registre des accusés ».

Michal Cotler-Wunsh, 49 ans, est née à Jérusalem et s’est installée à Montréal à l’âge de huit ans. Elle est retournée en Israël quelques années plus tard, où elle a suivi une formation d’avocate et travaillé pour le ministère de la Justice.

Dans un document officiel que Levin a remis à la députée nouvellement élue, le président de la Knesset a écrit qu’il jugeait très important que le Parlement et ses membres participent à l’effort d’Israël pour se défendre contre les accusations de crimes de guerre qui pourraient lui être adressées dans un avenir proche.

« La Knesset, sa division des relations internationales et son conseiller juridique mettent à votre disposition une série d’outils importants, que vous êtes invitée à utiliser à tout moment », a-t-il écrit.

Cotler-Wunsh est invitée à déposer un rapport annuel sur ses activités.

La procureure Fatou Bensouda, (au centre), et le procureur-adjoint James Stewart, (à droite), lors de la première audience du chef de la fédération de football de la république centrafricaine Patrice-Edouard Ngaissona à la Cour Pénale Iinternationale de La Haye, aux Pays-bas, le 25 janvier 2019. (Crédit : Koen Van Well/Pool photo via AP)

La procureure en chef de la CPI, Fatou Bensouda, a déclaré vouloir ouvrir une enquête criminelle sur d’éventuels crimes de guerre commis par des Palestiniens et des Israéliens en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est, mais a demandé à une chambre préliminaire de se prononcer sur la compétence de la Cour dans ces régions. Les trois juges des chambres – Péter Kovács de Hongrie, Marc Perrin de Brichambaut de France et Reine Adélaïde Sophie Alapini-Gansou du Bénin – n’ont pas de date limite pour rendre leur décision mais devraient le faire dans les jours ou les semaines à venir.

Cotler-Wunsh rejoint une longue liste de fonctionnaires israéliens qui traitent avec la CPI. Elle comprend le conseiller juridique du ministère des Affaires étrangères, Tal Becker ; le chef du département de droit international au ministère de la Justice, Roy Schondorf ; et le ministre de l’Enseignement supérieur et des Ressources en eau, Zeev Elkin, à qui il a été demandé de coordonner les activités du gouvernement concernant la Cour.

En mai dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il considérait une enquête de la CPI sur les crimes de guerre comme une rare « menace stratégique » pour Israël, déclarant que les efforts pour empêcher une telle enquête étaient l’une des principales priorités du nouveau gouvernement.

M. Netanyahu a déclaré à l’époque que l’intention de La Haye d’ouvrir une enquête était l’un des cinq principaux points à l’ordre du jour de l’exécutif dans les semaines et les mois à venir.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...