Erdan accuse l’ONU « d’hypocrisie », compare le Hamas aux nazis
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Erdan accuse l’ONU « d’hypocrisie », compare le Hamas aux nazis

"Nous ne nous excuserons jamais d'avoir défendu nos citoyens, même si certains des pays ici pourraient être heureux de voir un plus grand nombre de Juifs morts," a-t-il dit

L'envoyé israélien à l'ONU, Gilad Erdan prononce un discours le 20 mai 2021, en montrant une photo de la mosquée Al Aqsa remplie de pierres et de munitions. (Autorisation)
L'envoyé israélien à l'ONU, Gilad Erdan prononce un discours le 20 mai 2021, en montrant une photo de la mosquée Al Aqsa remplie de pierres et de munitions. (Autorisation)

S’adressant jeudi à l’Assemblée générale des Nations Unies, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Gilad Erdan, a comparé la charte du Hamas, qui appelle ouvertement à la destruction d’Israël et à la mort des Juifs, aux objectifs génocidaires de l’Allemagne nazie.

Visant à mettre en évidence l’idéologie djihadiste fondamentale du groupe terroriste palestinien du Hamas, l’ambassadeur a commencé son discours par des extraits de la charte du Hamas, : « Israël existera et continuera d’exister jusqu’à ce que l’islam l’anéantisse, comme il en a anéanti d’autres avant lui » et « le jour du Jugement dernier ne viendra pas tant que les musulmans ne combattront pas les Juifs et ne les tueront pas tous ».

L’ambassadeur s’est ensuite référé à la Charte des Nations unies, élaborée à la suite de la Shoah, qui stipule que l’objectif des Nations unies est de « réaffirmer la foi dans les droits fondamentaux de l’homme, pratiquer la tolérance et maintenir la paix et la sécurité internationales. »

« Malheureusement, dans le débat d’aujourd’hui, nous ne voyons pas une défense des objectifs fixés pour l’ONU, mais plutôt une indifférence à la charte du Hamas, qui, à l’instar des nazis, est engagé dans le génocide du peuple juif », a souligné le diplomate israélien.

« Nous voyons une tentative de créer une fausse équivalence morale, une équivalence immorale, entre Israël, une démocratie qui recherche la paix et respecte le droit international, et une organisation terroriste meurtrière avec une idéologie similaire à Daech, qui commet le double crime de guerre de tirer sur des civils israéliens tout en cachant ses armes derrière des civils palestiniens, en les utilisant comme boucliers humains », a ajouté Erdan, qui est également ambassadeur auprès de l’ONU..

« Chaque orateur ici aujourd’hui, qui ne condamne pas sans équivoque le Hamas, qui ne fait pas la distinction entre les crimes de guerre du Hamas et la légitime défense d’Israël, qui choisit de diaboliser Israël, plutôt que de soutenir ses efforts héroïques pour démanteler l’infrastructure terroriste du Hamas, renforce les forces extrémistes, en encourageant les groupes terroristes à utiliser les civils comme boucliers humains et en sapant les chances de paix. »

« Alors que les roquettes du Hamas sont aveugles, les frappes d’Israël sont précises et chirurgicales. Nous allons au-delà des exigences du droit international », dit-il.

« Le Hamas est une organisation jihadiste terroriste qui a tiré plus de 4 000 roquettes contre des villes israéliennes ces 11 derniers jours », a déploré Gilad Erdan, ajoutant que les actions du Hamas n’avaient rien à voir avec les troubles au mont du Temple ou à Sheikh Jarrah. « Vous savez tous, et même le représentant palestinien ici aujourd’hui le sait. »

« Regardez cette photographie. [Photo d’armes sur le mont du Temple] Est-ce la façon de traiter un
site sacré sensible ? Qui a miné la sainteté de ce site ? La police qui a travaillé pour restaurer
le calme et rouvrir rapidement le site pour les prières ? Ou les émeutiers qui ont mené à plusieurs reprises des attaques violentes ? […] Tout cela était le résultat de la frustration du Hamas face à la décision du président Abbas d’annuler les élections et son désir d’accroître son influence politique à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Le Hamas cherche à remplacer l’Autorité palestinienne et à prendre le contrôle des territoires palestiniens. Ainsi, après l’annulation des élections, il a décidé de lancer une guerre d’agression contre Israël, » a-t-il expliqué en détail.

Dans certains cas – mais pas systématiquement – Israël prévient les habitants de quitter leur maison avant une frappe imminente, afin de minimiser les pertes humaines. Israël affirme qu’il ne vise pas les civils et accuse le Hamas d’utiliser largement les habitants de Gaza comme boucliers humains pour ses tirs de roquettes sur Israël.

Accusant l’ONU « d’hypocrisie », Erdan ajoute : « nous ne nous excuserons jamais d’avoir défendu nos citoyens, même si certains des pays ici pourraient être heureux de voir un plus grand nombre de Juifs morts. »

« Ce débat se caractérise par la tromperie et le mensonge » car « le Hamas prend pour cible des civils tandis qu’Israël prend pour cible des terroristes », a insisté l’ancien ministre de la Sécurité intérieure.

Le débat d’aujourd’hui devrait porter sur « celui qui prend des mesures pour soutenir les valeurs de la Charte des Nations Unies, et celui qui prend des mesures pour ignorer les valeurs de la Charte du Hamas. Il s’agit de savoir qui est du côté de l’extrémisme et de la haine, et qui est du côté de la modération et du dialogue. Il s’agit de savoir qui a le courage moral de soutenir une démocratie qui lutte contre des terroristes radicaux, et qui a sombré dans une dépravation morale telle qu’il fait l’amalgame des deux », a-t-il poursuivi.

Soulignant que l’opération israélienne est dirigée contre le Hamas, qui est désigné comme une organisation terroriste par la communauté internationale, l’ambassadeur Erdan a précisé : « Permettez-moi d’être clair. Il ne s’agit pas d’une guerre entre Israël et la population de Gaza. Ce n’est pas une guerre entre Israël et les Palestiniens. C’est une guerre uniquement entre Israël et le Hamas. Nous ne nous excuserons jamais de défendre nos citoyens, même si certains pays ici présents pourraient se réjouir de la mort d’un plus grand nombre de Juifs. »

L’ambassadeur Erdan a appelé les États membres qui se sont joints au débat à « condamner sans équivoque le Hamas », affirmant que le fait de ne pas faire la distinction entre les crimes de guerre du Hamas et la légitime défense d’Israël, de choisir de diaboliser Israël, plutôt que de soutenir ses efforts héroïques pour démanteler l’infrastructure terroriste du Hamas, ne fait que renforcer les forces extrémistes et compromettre les chances de paix. »

L’ambassadeur Erdan a également attiré l’attention sur l’inquiétant pic d’activité antisémite dans le monde, déclarant que « l’État d’Israël ne restera jamais silencieux face à de telles attaques antisémites. Il n’a jamais été aussi évident que l’antisionisme est de l’antisémitisme. »

Il a pointé du doigt les dirigeants turcs, qui ont multiplié les incitations contre Israël en utilisant des expressions antisémites et a déclaré que la Turquie n’est pas en position de faire la leçon à qui que ce soit en matière de droits de l’Homme.

« Comment une puissance occupante peut-elle avoir le droit de se défendre, alors que notre propre peuple sous occupation est le prix du même droit ? », a estimé le chef de la diplomatie palestinienne, Riyad Al-Maliki.

Dès le début du discours de Riyad Al-Maliki, Erdan a ostensiblement quitté l’amphithéâtre de l’Assemblée générale pour protester contre les propos palestiniens.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki s’exprime lors d’une conférence de presse organisée par la Geneva Association of United Nations Correspondents (ACANU) le 26 février 2020 au Bureau des Nations unies à Genève. (Photo par Fabrice COFFRINI / AFP)

« Comment certains peuvent-ils se précipiter pour faire des déclarations condamnant le meurtre d’un Palestinien à un moment où le monde entier reste silencieux et ferme les yeux sur le génocide de familles palestiniennes entières ? », a-t-il poursuivi.

« Cessons ce massacre ! », a lancé Riyad Al-Maliki, en réclamant à nouveau à la communauté internationale de « mettre fin à l’occupation israélienne » et « de lutter contre les colonies » implantées par Israël.

« S’il y a un enfer sur terre, c’est la vie des enfants à Gaza », avait de son côté estimé le secrétaire général, Antonio Guterres.

A l’unisson, les chefs de la diplomatie du Qatar, de la Jordanie, de la Tunisie, de l’Algérie, de la Turquie, du Pakistan et du Koweit, ont tous réclamé devant l’Assemblée générale une condamnation « de l’agression » commise – selon eux – par Israël, alors que le Hamas a initié les tirs sur la capitale israélienne.

« Ces massacres n’ont que trop duré », a jugé le Jordanien Ayman Safadi tandis que le Tunisien Othman Jerandi dénonçait ce qu’il appelait un « génocide, une épuration ethnique ».

Les Israéliens veulent « judaïser » Jérusalem, a osé le Koweïti Ahmad Nasser Al-Mohammed Al-Sabah, en rappelant que le Conseil de sécurité avait adopté 86 résolutions sur le Proche-Orient depuis 1967, tandis que le Turc Mevlüt Cavusoglu réclamait que l’ONU impose à Israël qu’il « cesse sa campagne de purification ethnique ».

En allusion au projet de résolution français menacé d’un veto américain, le chef de la diplomatie pakistanaise Shah Mahmood Qureshi a estimé que si le Conseil de sécurité ne prenait pas position dans le conflit, « l’Assemblée générale de l’ONU devait le faire ».

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a exhorté de son côté « le secrétaire général de l’ONU à décréter un état d’urgence humanitaire pour soulager les Palestiniens et reconstruire Gaza ».

La veille, le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas avait accusé Israël de « terrorisme d’État » et de « crimes de guerre ».

« Il s’agit d’un terrorisme d’État organisé mené par Israël. Ce sont des crimes de guerre condamnables en vertu du droit international. Nous n’hésiterons pas à poursuivre ceux qui commettent de tels crimes devant la Cour pénale internationale », a déclaré Abbas dans un discours pré-enregistré devant le Parlement arabe, l’organe législatif symbolique de la Ligue arabe.

La Cour pénale internationale de La Haye enquête actuellement sur Israël et le Hamas pour des crimes de guerre commis depuis 2014.

Israël et le Hamas sont engagés dans des combats depuis dix jours, les dirigeants de Gaza ayant tiré des milliers de roquettes sur le territoire israélien et Tsahal ayant répondu par des frappes aériennes intenses sur des cibles du Hamas et d’autres groupes terroristes dans l’enclave.

L’Autorité palestinienne d’Abbas dispose d’une autonomie limitée dans plusieurs enclaves de Cisjordanie, tandis que le Hamas contrôle la bande de Gaza depuis 2007 après en avoir chassé férocement le Fatah d’Abbas en 2006 suite au désengagement unilatéral d’Israël.

Des dirigeants ont tenté de le solliciter pour qu’il intervienne, mais il n’a pas d’influence sur son rival du Hamas et n’est pas très apprécié des Palestiniens de Cisjordanie. Beaucoup d’analystes ont interprété son annulation des élections – les premières en 15 ans – par l’aveu indirect qu’il allait les perdre devant le groupe terroriste palestinien au pouvoir à Gaza.

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