Des milliers de Turcs répondent à l’appel d’Erdogan en soutien aux Palestiniens
Rechercher

Des milliers de Turcs répondent à l’appel d’Erdogan en soutien aux Palestiniens

Le président a réuni des dirigeants du monde musulman lors d'un sommet de l'Organisation de la coopération islamique pour faire condamner Israël

Des manifestants tiennent une banderole indiquant "Vive la résistance palestino-islamique" lors d'une protestation anti-israélienne le 18 mai 2018, devant la mosquée Hacibayram à Ankara. (Crédit : AFP/Adem Altan)
Des manifestants tiennent une banderole indiquant "Vive la résistance palestino-islamique" lors d'une protestation anti-israélienne le 18 mai 2018, devant la mosquée Hacibayram à Ankara. (Crédit : AFP/Adem Altan)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui tire à boulets rouges sur Israël depuis lundi, accueille vendredi des dirigeants du monde musulman pour faire condamner l’Etat hébreu, mais peu de mesures concrètes sont attendues en raison de divisions.

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi à Istanbul en soutien aux Palestiniens, en présence du président turc Recep Tayyip Erdogan et du Premier ministre palestinien Rami Hamdallah, selon une correspondante de l’AFP.

La manifestation se tient à l’appel de M. Erdogan, qui doit s’adresser aux manifestants, qui agitaient des drapeaux palestiniens et turcs, lors de ce rassemblement qui se tient sous le slogan de « Halte à l’oppression ! ».

Le « sommet extraordinaire » de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) aura lieu sous la présidence de M. Erdogan à Istanbul, où se déroulera également un immense rassemblement populaire de soutien aux Palestiniens dans l’après-midi.

Erdogan a dit espérer que l’OCI enverrait « un message très fort » lors de la réunion d’Istanbul.

La Turquie préside actuellement ce groupement, qui s’était déjà réuni en sommet à Istanbul en décembre à l’appel de M. Erdogan pour condamner la décision du président Donald Trump de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Issu de la mouvance islamo-conservatrice, Erdogan se pose en ardent supporteur de la cause palestinienne et ne cache pas son soutien au mouvement terroriste islamiste palestinien du Hamas qui est à la tête de Gaza. Ce discours trouve un écho chez l’électorat traditionnel d’Erdogan, candidat à sa propre succession lors des élections anticipées prévues le 24 juin, et lui a permis de bâtir une certaine popularité dans le monde arabe.

« Si le silence persiste face à la tyrannie israélienne, le monde va s’enfoncer rapidement dans un chaos où les bandits feront la loi », a lancé mercredi le président turc.

Divisions

Mais la réunion d’Istanbul se tient au moment où le monde arabo-musulman est miné par des divisions et des rivalités.

L’Arabie saoudite, dont le ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir est attendu à Istanbul, et ses alliés du Golfe ainsi que l’Egypte, voient d’un mauvais oeil le soutien de la Turquie d’Erdogan à des mouvements comme les Frères musulmans et le Hamas, et au Qatar, qu’ils cherchent à isoler.

Ryad et ses alliés, qui semblent avoir assoupli leurs positions vis-à-vis d’Israël, seraient en outre réticents à d’éventuelles actions susceptibles d’aliéner Washington dont ils espèrent le soutien pour endiguer l’Iran chiite, qu’ils voient comme la principale menace dans la région.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui s’est fait opérer d’une oreille la semaine dernière, n’assistera pas à la réunion. Il sera représenté par son Premier ministre Rami Hamdallah.

Le roi Abdallah II de Jordanie, à droite, avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son arrivée à Ramallah, en Cisjordanie, le 7 août 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Parmi les chefs d’Etat attendus à Istanbul figurent le roi Abdallah de Jordanie, le président soudanais Omar el-Béchir ainsi que les émirs du Qatar et du Koweit.

La réunion se tient au moment où la Turquie et Israël s’écharpent à coups d’invectives et de sanctions diplomatiques depuis le bain de sang de Gaza.

Ankara a ainsi demandé le départ « provisoire » de l’ambassadeur d’Israël en Turquie Eitan Naeh – qui a effectivement quitté le pays mercredi – et celui du consul général d’Israël à Istanbul. Israël a pris une mesure similaire à l’encontre du consul général turc à Jérusalem.

Rétorquant aux critiques véhémentes d’Erdogan, qui l’a accusé d’être à la tête d’un « Etat d’apartheid » et d’avoir du « sang » de Palestiniens sur les mains, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé qu’il n’avait pas de « leçons de morale » à recevoir d’un dirigeant turc qui « comprend parfaitement le terrorisme et les massacres, » en faisant référence implicitement au génocide arménien et à la question kurde.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...