Eshki affirme que sa visite en Israël n’est pas un signe de normalisation
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Eshki affirme que sa visite en Israël n’est pas un signe de normalisation

L'ex-général saoudien a déclaré à une radio arabe israélienne que son récent voyage n’avait pas l’autorisation de Ryad et ne signalait pas de changement de l’initiative de paix

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Dr Anwar Eshki, au centre avec une cravate rayée, ancien général saoudien, et d'autres membres de la délégation saoudienne  ont rencontré des députés et des responsables israéliens au cours d'une visite en Israël, le 22 juillet 2016. (Crédit : Twitter)
Le Dr Anwar Eshki, au centre avec une cravate rayée, ancien général saoudien, et d'autres membres de la délégation saoudienne ont rencontré des députés et des responsables israéliens au cours d'une visite en Israël, le 22 juillet 2016. (Crédit : Twitter)

Un général saoudien retraité qui s’est rendu en Israël la semaine dernière et a rencontré des responsables israéliens, accompagné d’une délégation de chercheurs et d’hommes d’affaires, a démenti mardi que son voyage se soit inscrit dans le cadre d’un effort de normalisation des relations entre Jérusalem et Ryad.

Le Dr Anwar Eshki a déclaré à la radio arabe israélienne Radio Shams qu’il était venu en Israël après avoir été invité à Ramallah, en Cisjordanie, par l’Autorité palestinienne. La visite, qui comprenait des rencontres avec Dore Gold, directeur général du ministère des Affaires étrangères, Yoav Mordechai, coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, et plusieurs députés, n’était pas un voyage officiel, a-t-il déclaré.

« Ma visite n’était pas coordonnée avec la maison royale saoudienne et je n’ai pas reçu de feu vert de l’Arabie saoudite », a-t-il déclaré à Al-Shams selon Haaretz.

« Je suis venu en mon propre nom et celui de l’institut de recherche. Cependant, certains ont essayé d’exploiter la visite et son moment pour attaquer l’Arabie saoudite. En Israël aussi, ils ont exploité la visite pour annoncer un rapprochement [des relations] et une normalisation. »

Le général a également rejeté les informations selon lesquelles il était en Israël pour discuter de modifications de l’Initiative de paix arabe, qui a été créée par Ryad en 2002, et est connue officiellement sous le nom d’Initiative de paix saoudienne.

Le général saoudien retraité Anwar Eshki pendant un entretien avec i24News, le 7 septembre 2015. (Crédit : capture d'écran YouTube/i24News)
Le général saoudien retraité Anwar Eshki pendant un entretien avec i24News, le 7 septembre 2015. (Crédit : capture d’écran YouTube/i24News)

« Il n’y aura aucun changement sur la position saoudienne ou l’Initiative saoudienne, et Israël doit l’accepter entièrement, en échange de la normalisation avec les pays arabes », a-t-il déclaré.

Les remarques d’Eshki ont eu lieu après que le Hamas a demandé au gouvernement saoudien d’empêcher des visites de « normalisation » en Israël.

Dans un communiqué publié sur son site internet, le Hamas, groupe terroriste islamiste qui dirige la bande de Gaza, a appelé l’Arabie saoudite à « prendre des mesures pour empêcher ces visites de normalisation que [Israël] utilise pour ébranler les droits des Palestiniens et pénétrer dans la nation [musulmane] en pensée et en culture. »

L’Arabie saoudite et Israël n’ont pas de relations officielles ; le royaume empêche ses citoyens de se rendre en Israël, et n’accorde pas non plus de visa aux Israéliens qui souhaiteraient entrer sur son territoire. Les rencontres avec Gold et Mordechai n’auraient pas eu lieu dans des bâtiments officiels du gouvernement israélien, mais à l’hôtel King David.

Le futur directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold et l'ancien conseiller du gouvernement saoudien Anwar Eshki à Washington, le 4 juin 2015 (Crédit : Groupe Debby Communications)
Le futur directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold et l’ancien conseiller du gouvernement saoudien Anwar Eshki à Washington, le 4 juin 2015 (Crédit : Groupe Debby Communications)

Ces derniers mois, plusieurs médias ont annoncé des négociations clandestines entre Israël et des puissances arabes, qui en seraient venu à voir l’Etat juif comme un allié possible contre une menace qu’ils considèrent comme bien plus importante : l’Iran et ses aspirations régionales.

En 2015, Eshki et Gold avaient partagé une scène et s’étaient serrés la main à Washington, pendant un débat au think tank du Conseil des relations étrangères de Washington. Tous deux avaient adopté l’idée d’une paix israélo-saoudienne, et identifié l’Iran comme plus grande menace à la stabilité régionale.

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