Evyatar : Un Palestinien aurait été tué par les soldats lors d’affrontements
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Evyatar : Un Palestinien aurait été tué par les soldats lors d’affrontements

Emad Dweikat, 37 ans, aurait reçu une balle réelle pendant une manifestation aux abords de l'avant-poste illégal, près de Naplouse ; le secteur continue à bouillir malgré un accord

Des manifestants palestiniens affrontent les soldats israéliens pendant une manifestation contre l'avant-poste illégal d'Evyatar, près de Beita, en Cisjordanie, le 6 août 2021. (Crédit :  JAAFAR ASHTIYEH / AFP)
Des manifestants palestiniens affrontent les soldats israéliens pendant une manifestation contre l'avant-poste illégal d'Evyatar, près de Beita, en Cisjordanie, le 6 août 2021. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)

Un Palestinien aurait été tué par balle pendant des affrontements avec les soldats israéliens au cours d’une manifestation qui a eu lieu à proximité de la ville de Beitan, en Cisjordanie, a annoncé le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne.

Le ministère a annoncé qu’Emad Ali Dweikat, 37 ans, résidant dans le secteur, a été tué au cours d’une manifestation hebdomadaire contre un avant-poste israélien illégal, connu sous le nom d’Evyatar, qui a été construit sur une colline qui surplombe Beita. Dweikat a été évacué à l’hôpital de Naplouse, à proximité, mais il a succombé peu après à ses blessures.

Le Croissant rouge palestinien a noté que 59 autres personnes avaient été prises en charge pour des blessures. L’une d’entre elles a été blessée par balle réelle et 20 autres ont été touchées par des balles en caoutchouc. La plus grande partie des blessés est soignée pour des inhalations de gaz lacrymogène.

Selon l’armée israélienne, les manifestations de vendredi ont été marquées par des affrontements violents entre Palestiniens et soldats israéliens, qui ont été la cible de jets de pierres. Des pneus enflammés ont été également lancés en direction des militaires. Tsahal a noté qu’il n’y avait pas eu de blessés du côté israélien.

Beita est en ébullition depuis qu’un avant-poste illégal, connu sous le nom d’Evyatar, a été construit par des Juifs nationalistes-religieux du mouvement pro-implantation au mois de mai. Les Palestiniens manifestent depuis – et souvent violemment – pour dénoncer la présence de ces Israéliens. Ce mouvement de protestation a entraîné depuis ses débuts la mort de sept Palestiniens, tués pendant des affrontements avec les forces israéliennes.

Tentant de réduire les tensions, le gouvernement a soutenu un accord prévoyant le départ des habitants d’Evyatar mais qui laisse ouverte, par ailleurs, la possibilité que l’avant-poste puisse être régularisé à terme. Les affrontements violents n’ont pas cessé pour autant.

Dweikat est le septième Palestinien à mourir pendant des heurts avec les soldats israéliens, près de Beita, depuis que l’avant-poste a été construit, ont annoncé les responsables palestiniens de la Santé. Il est le deuxième à avoir été tué depuis la mise en œuvre de l’accord, à la fin juin.

L’armée israélienne n’a ni confirmé, ni nié le fait que Dweikat ait été tué par des tirs israéliens. Mais les soldats ont utilisé des balles réelles contre les émeutiers violents, a-t-elle ajouté.

« Environ 700 émeutiers ont participé à la manifestation, jetant des pierres et lançant des pneus enflammés en direction des soldats israéliens et des agents de la police des frontières. Les forces qui se trouvaient sur le terrain ont utilisé en riposte des outils de dispersion d’émeutes et des balles Ruger », a précisé Tsahal.

Les militaires considères les balles de type Ruger comme étant moins létales que les balles standards de 5.56mm, ce qui signifie qu’elles peuvent être utilisées lors des manifestations en Cisjordanie. Mais les groupes de défense des droits de l’Homme condamnent l’usage de ces balles Ruger pour la dispersion des émeutes, cette arme pouvant encore entraîner la mort.

Hisham Dweikat, professeur d’université et leader local du Fatah, déclare au Times of Israel que le défunt, Emad, avait quatre filles et un fils qui était né il y a seulement deux mois. L’homme était ouvrier dans le secteur de la construction et il avait travaillé en Israël et en Cisjordanie au cours de sa carrière, continue Hisham.

Dans des vidéos de la manifestation, des Palestiniens envoient des pierres à l’aide de frondes aux soldats israéliens. Mais selon Hisham, Emad se tenait à distance des soldats lorsqu’il a reçu une balle réelle à la poitrine.

« Il participait à la manifestation mais il était éloigné des soldats au moment des tirs. Il se tenait près des personnels médicaux et il ne jetait ni pierre, ni quoi que ce soit d’autre », poursuit Hisham, qui déclare qu’il a été témoin des faits et qu’il a vu Emad s’écrouler.

Les personnels médicaux évacuent un manifestant blessé pendant des affrontements avec les forces israéliennes au cours d’une manifestation aux abords de l’avant-poste illégal israélien d’Evyatar, dans le village de Beita, dans le nord de la Cisjordanie, le 6 août 2021. (Crédit : PJAAFAR ASHTIYEH / AFP)

L’avant-poste d’Evyatar avait été établi sur Jabal Sbeih au mois de mai. Des centaines de partisans du mouvement pro-implantation israélien avaient afflué dans la zone, organisant souvent des événements de manière à pousser l’État à régulariser l’avant-poste.

Les Palestiniens affirment qu’Evyatar a été construit sur des terres qui appartiennent à des résidents de Beita. Les autorités israéliennes n’ont pas encore déterminé si c’est réellement le cas.

Le nouveau gouvernement israélien, qui est dirigé par la droite pro-implantation, a tenté de faire partir les Juifs nationalistes-religieux s’étant installés sur la colline. Les autorités israéliennes ont finalement décidé de conclure un accord avec les habitants d’Evyatar pour essayer d’apaiser les tensions dans le secteur.

Selon les termes de cet accord, les résidents quitteront l’avant-poste. En échange, les structures artisanales qu’ils ont construites resteront en place et l’armée transformera l’endroit en base. Au cours des prochains mois, enfin, le ministère de la Défense examinera le statut des terres pour voir s’il est possible de légaliser officiellement l’implantation.

Cet accord est rejeté par les habitants palestiniens de Beita, qui ont juré de continuer à manifester jusqu’au départ définitif des Israéliens de la zone.

« Cet accord a été conclu sans qu’il y ait de représentant quel qu’il soit des propriétaires terriens de Beita. Seulement les forces d’occupation israélienne et les résidents d’implantation », avait commenté le mois dernier le maire-adjoint de Beita, Mousa Hamayel, lors d’un entretien téléphonique. « Tant qu’il n’y aura pas d’accès à ces terres, alors il continuera à y avoir une riposte somme toute naturelle ».

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