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Exercice de Tsahal dans un hôpital à Jérusalem en prévision d’une guerre potentielle

Le commandement du Front intérieur simule l'impact de missiles sur l'hôpital Hadassah Ein Kerem causant de nombreuses victimes dans un scénario de guerre sur plusieurs fronts

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats du commandement du Front intérieur de Tsahal escortent des victimes fictives dans l'hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, lors d'un exercice, le 15 décembre 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)
Des soldats du commandement du Front intérieur de Tsahal escortent des victimes fictives dans l'hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, lors d'un exercice, le 15 décembre 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Un exercice militaire et médical de grande envergure a eu lieu jeudi à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, pour simuler une frappe intensive de roquettes sur la capitale, avec notamment, un projectile s’abattant sur l’hôpital dans le contexte d’une guerre sur plusieurs fronts.

Des centaines de soldats et d’officiers du commandement du Front intérieur de l’armée israélienne ont participé à l’exercice, ainsi que le personnel de l’hôpital.

Le scénario de l’exercice a été décrit par les responsables comme suit : une guerre a éclaté entre Israël et le groupe terroriste libanais du Hezbollah, qui a lancé des milliers de roquettes sur Israël. En même temps, des groupes terroristes de la bande de Gaza ont décidé de se joindre aux combats en envoyant des centaines de roquettes sur Israël, notamment Jérusalem.

« Les leçons du passé nous ont appris que si l’on a un jour cru que Jérusalem ne serait jamais touché par des roquettes, eh bien, ce n’est plus le cas », a déclaré le Dr Inon Buda, directeur de l’hôpital, au Times of Israel pendant l’exercice.

Le Dr Buda faisait allusion à la première attaque de la guerre de 11 jours entre Israël et le groupe terroriste Hamas dans la bande de Gaza en mai 2021. Le Hamas avait alors lancé un barrage de roquettes sur la capitale. Il n’y avait pas eu de blessés, car ces dernières avaient été interceptées, ou avaient atterri dans des champs ouverts.

Le colonel Shlomi Ben Yair, commandant du district de Jérusalem et du centre du commandement du Front intérieur, a déclaré au Times of Israel que l’armée avait identifié les hôpitaux comme le site civil « le plus vulnérable » qui pourrait être touché en cas de guerre.

Le colonel Shlomi Ben Yair, commandant du commandement du Front intérieur de Jérusalem et du district central, parle au Times of Israel pendant un exercice à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 15 décembre 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

« Les sites sensibles qui risquent d’être frappés ne manquent pas, mais les hôpitaux sont ceux qui causeraient le plus de soucis « , a déclaré Ben Yair.

« Nous sommes conscients qu’un jour ou deux après le déclenchement d’une telle guerre, les hôpitaux seront pleins… et que si une roquette frappait un hôpital ou qu’un bâtiment voisin s’effondrait suite à une attaque, l’hôpital aura besoin de notre aide « , a-t-il ajouté.

La lieutenant-colonel Diana Herzog, officier du commandement du Front intérieur chargé de préparer les hôpitaux aux situations d’urgence, a confié au Times of Israel que les réunions et autres préparatifs relatifs à l’exercice de simulation de guerre ont commencé il y a environ six mois.

Selon elle, ces préparatifs minutieux ont permis à l’hôpital de comprendre ce qui pourrait réellement se passer pendant une guerre. « Une guerre est un scénario nouveau parce que dans le passé, Jérusalem a été en grande partie épargnée [par les roquettes]. Ça a été très pénible, car, à la différence d’autres hôpitaux qui ont l’habitude des guerres, ici nous avons dû partir de zéro », a-t-elle ajouté.

Un soldat maquillé fait semblant d’être une victime d’une attaque à la roquette lors d’un exercice à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 15 décembre 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

« Simuler une guerre est un exercice nouveau pour nous, mais cela ne signifie pas que nous ne sommes pas préparés », a déclaré Buda, évoquant les guerres passées, durant lesquelles l’hôpital a accueilli des dizaines de blessés lors de situations de crise ou lorsqu’il a dû fermer des parties de l’hôpital pendant la pandémie du coronavirus.

Après la première simulation de tir de roquette, l’hôpital est passé en état d’alerte maximale, déplaçant les patients vers des zones plus sécurisées, appelant des membres supplémentaires du corps médical et ordonnant à tous les membres de l’hôpital de se tenir prêts à faire face à une attaque imminente.

Dans les heures qui ont suivi, l’électricité à l’hôpital a été coupé suite à une fausse frappe de roquette, forçant l’hôpital à utiliser ses générateurs de réserve, et le personnel à débrancher tout équipement inutile susceptible de vider les réserves d’énergie de l’hôpital.

Des soldats du commandement du Front intérieur de Tsahal escortent des victimes fictives à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, pendant un exercice, le 15 décembre 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Les responsables de l’hôpital se sont installés autour d’une table ronde au siège de l’hôpital, pour gérer les événements en cours et l’afflux de faux patients présentant des blessures plus ou moins graves dues aux tirs de roquettes.

C’est alors qu’un incident majeur s’est produit. Une roquette fictive a frappé l’hôpital, causant des « blessés » supplémentaires et rendant certaines zones du bâtiment inutilisables.

Le personnel de l’hôpital et les soldats de l’unité médicale de réservistes du commandement du Front intérieur sont entrés en action et ont commencé à déplacer les patients fictifs et le matériel de la zone endommagée vers une partie plus sécurisée de l’hôpital.

La situation simulée à l’hôpital s’est aggravée pendant la deuxième partie de l’exercice. Un barrage de roquettes a frappé un quartier résidentiel de Jérusalem, et au moins 70 personnes ont été amenées à l’hôpital, ont annoncé les responsables dans le cadre de l’exercice.

Le personnel hospitalier traite une victime fictive à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, lors d’un exercice, le 15 décembre 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Les fausses victimes, des soldats maquillés de sang, ainsi que des mannequins, sont arrivées en masse aux urgences, ambulance après ambulance, à l’entrée de l’hôpital.

Aux urgences, les secouristes de l’hôpital et de l’armée se sont efforcés de stabiliser les dizaines de fausses victimes qui continuaient à affluer.

L’exercice, qui a duré plusieurs heures et a été observé par le commandant du commandement du Front intérieur, le général de division Rafi Milo, a été jugé un succès, aux dires des responsables de l’hôpital et de l’armée.

Des soldats du commandement du Front intérieur de Tsahal escortent des victimes fictives à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, pendant un exercice, le 15 décembre 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Herzog a déclaré que son unité poursuivait ses efforts auprès de tous les hôpitaux du pays pour les aider à se préparer à une guerre potentielle, « en partant du principe que tous les hôpitaux seront concernés lors de la troisième guerre du Liban. »

Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, représente depuis longtemps la menace militaire la plus importante aux frontières d’Israël, avec un arsenal estimé à près de 150 000 roquettes et missiles pouvant atteindre tous les coins du pays.

Selon des évaluations militaires récentes, si une guerre avec le Hezbollah devait éclater, les villes israéliennes pourraient être frappées de 1 500 à 3 000 roquettes par jour et le nombre de morts pourrait rapidement atteindre des centaines.

D’autres analyses indiquent en outre que les groupes terroristes de la bande de Gaza, ainsi que d’autres milices iraniennes basées en Syrie, pourraient participer à une éventuelle bataille aux côtés du Hezbollah en lançant des missiles et des attaques de drones.

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