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Faute de rivaux face à Netanyahu, les primaires pour la présidence du Likud annulées

L'ex Premier ministre, qui a dirigé le parti pendant 23 ans, conserve son poste ; le reste de la liste électorale de la Knesset sera finalisée en août

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le leader de l'opposition Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie d'inauguration d'un nouveau quartier à Beit El, en Cisjordanie, le 12 juillet 2022. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)
Le leader de l'opposition Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie d'inauguration d'un nouveau quartier à Beit El, en Cisjordanie, le 12 juillet 2022. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

Dans la continuité de son long règne, Benjamin Netanyahu conservera officiellement son poste de président du Likud en vue des prochaines élections du 1er novembre, a confirmé mardi matin le Comité de surveillance du Likud.

Benjamin Netanyahu s’était présenté sans contestation à la direction du Likud après que le député Yuli Edelstein a cédé à la pression et s’est retiré de la course il y a trois semaines. Toutefois, la décision d’annuler la primaire et de déclarer Netanyahu leader n’a pu être prise qu’après l’expiration, lundi, du délai imparti aux candidats pour déclarer leur intention de se présenter.

Le leader de l’opposition, Netanyahu, a dirigé le parti pendant 23 ans, répartis sur deux mandats, et sans interruption depuis 2005. Au cours de ces périodes, il est devenu le Premier ministre israélien le plus pérenne, avec plus de 15 ans à la tête du pays.

L’année dernière, il a été démis de ses fonctions par la formation d’une alliance éclectique mais chancelante de partis. À la tête d’une opposition combative composée de partis de droite et de partis religieux, Netanyahu a exercé des pressions qui, combinées aux luttes idéologiques internes de la coalition, ont contribué à la décision du Premier ministre de l’époque, Naftali Bennett, et du Premier ministre actuel, Yair Lapid, de tirer leur révérence.

En tant que leader de longue date du plus grand parti de la Knesset, Netanyahu dispose d’une base électorale profondément fidèle. Au sein de la Knesset, les parlementaires le soutiennent publiquement, cependant nombreux sont ceux qui, depuis des années, rêvent d’une chance de diriger le parti que Netanyahu continue de diriger d’une main de fer.

Alors que plusieurs candidats ont déclaré leur intention de se présenter à la direction du Likud en janvier lorsque Netanyahu envisageait de conclure un accord pour mettre un terme à ses trois affaires de corruption en cours, tous – à l’exception de Edelstein – se sont rapidement retirés lorsque Netanyahu a rejeté les termes de la négociation de peine qui l’excluraient de la politique.

Yuli Edelstein prend la parole lors d’une conférence à Herzliya, le 23 novembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Netanyahu nie toutes les allégations portées contre lui et affirme que les accusations ont été fabriquées de toutes pièces par un service de police et un ministère public partiaux, supervisés par un procureur général faible, de concert avec des opposants politiques et les médias de gauche.

Edelstein a réaffirmé son intention de s’opposer à Netanyahu lorsque le gouvernement Bennett-Lapid s’est effondré en juin, mais à la fin du mois, il a retiré sa candidature, invoquant la nécessité de l’unité du parti.

Le Likud organisera une primaire pour les autres postes de sa liste ; actuellement prévue pour le 3 août, elle sera probablement reportée.

Le report attendu résulte d’un autre débat interne au parti, qui porte cette fois sur la méthode électorale pour une partie de la liste du Likud. Alors que la majorité de la liste du Likud à la Knesset est élue par les 140 000 membres enregistrés du parti, 10 places réservées aux nouveaux candidats des districts régionaux sont élues directement par le Comité central du Likud, fort de quelque 4 000 membres.

La raison pour laquelle ces 10 places sont passées sous le contrôle du Comité central en 2015 s’explique en partie par la nécessité d’assurer un certain contrôle sur les nouveaux candidats qui ne sont pas bien connus des électeurs. Cependant, un politicien du Likud qui a des liens avec le Comité central peut exercer une influence et potentiellement allouer une partie des sièges de la Knesset à des candidats qui lui sont fidèles.

Le député David Bitan lors d’une session plénière à la Knesset, le 13 octobre 2021 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90).

C’est cette dernière situation qui, selon certaines sources du Likud, pourrait inquiéter Netanyahu, car le député David Bitan – lui-même mis en examen pour corruption – est une personnalité influente au sein des membres du Comité central et pourrait réussir à créer une faction au sein même de la grande faction.

Netanyahu serait à l’origine d’un effort visant à revenir à la sélection des postes de district par des membres du parti liés aux districts que ces postes représentent. Les décisions de justice internes au Likud, les futures discussions au sein des comités, et la façon dont les votes se feront sont autant de raisons susceptibles de repousser les primaires à la fin du mois d’août.

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