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Ben Gvir fustige la politique gouvernementale en Cisjordanie

"Ce n'est pas ce que nous voulions et ça ne peut pas continuer", avertit le ministre d'extrême-droite, une mise en garde contre Netanyahu

Le ministre de la Sécurité nationale d'extrême-droite, à droite, et Limor Son Har-Melech s'expriment après la destruction d'un verger illégalement planté par un résident d'implantation en Cisjordanie, à côté de Shiloh, le 15 février 2023. (Capture d'écran/Douzième chaîne; Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
Le ministre de la Sécurité nationale d'extrême-droite, à droite, et Limor Son Har-Melech s'expriment après la destruction d'un verger illégalement planté par un résident d'implantation en Cisjordanie, à côté de Shiloh, le 15 février 2023. (Capture d'écran/Douzième chaîne; Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a fait part de sa déception, mercredi, face au gouvernement de droite dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le chef du Likud, après le déracinement d’arbres qui avaient été plantés illégalement par un résident d’implantation en Cisjordanie.

Se tenant aux côtés de Limor Son Har-Melech, députée de sa faction Otzma Yehudit d’extrême-droite – qui a affirmé avoir subi une agression sexuelle de la part d’un policier lors d’une altercation aux abords de l’implantation de Shiloh, dans le nord de la Cisjordanie – Ben Gvir a déclaré que « nous avons rejoint ce gouvernement sur la base d’un engagement : celui qu’il serait un gouvernement pleinement de droite, et cette politique ne peut pas continuer ».

« Il y a eu de graves incidents à Shiloh avec notamment une agression choquante à l’encontre de mon amie, Limor Son Har-Melech, » a dit le ministre dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux (les forces de l’ordre ont, pour leur part, insisté sur le traitement respectueux qui a été réservé à la législatrice alors qu’elle tentait de les empêcher de mener à bien leur mission).

« Un gouvernement pleinement de droite n’est pas supposé s’abstenir de démolir Khan al-Ahmar en raison de considérations diplomatiques, il n’est pas sensé éviter de toucher aux constructions illégales de Jérusalem-Est à cause de tel ou tel facteur politique. Un gouvernement pleinement de droite ne peut pas être un gouvernement qui n’exerce sa force qu’à l’encontre des Juifs », s’est indigné Ben Gvir.

La semaine dernière, le gouvernement a reporté – pour la neuvième fois – l’évacuation du village bédouin de Khan al-Amar, qui avait été illégalement construit en Cisjordanie, et ce malgré un jugement qui avait été rendu par la Haute-cour en 2018.

L’évacuation du village a été repoussée de manière répétée depuis quatre ans, largement en raison de l’intérêt porté à ce dossier par les activistes des groupes de défense des droits de l’Homme, par les groupes pro-palestiniens et par l’Union européenne. De multiples instances ont averti qu’évacuer le village pourrait être considéré comme un crime de guerre, le déplacement d’une population placée sous occupation étant interdit par le droit international.

Vue du village bédouin de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 23 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ben Gvir se serait aussi heurté mardi à Netanyahu et au commissaire de la police israélienne Kobi Shabtai après le refus opposé par les deux hommes de détruire, comme le voulait le ministre d’extrême-droite, des structures qui avaient été illégalement construites par des Palestiniens à Jérusalem-Est.

Dans la vidéo de mercredi, Son Har Melech, pour sa part, a déploré la décision prise par le gouvernement d’autoriser la destruction du verger de Cisjordanie.

« Constater encore et encore que les politiques de la droite ne peuvent pas se concrétiser dans la réalité, constater l’application sélective de la loi, dont la force ne s’exerce qu’à l’encontre des Juifs alors que les Arabes prennent le contrôle, qu’ils construisent et qu’ils plantent des arbres… Mais quand il s’agit de Juifs, la police arrive immédiatement sur les lieux, encore et encore », a-t-elle dit.

Dans la journée, Son Har-Melech avait prétendu avoir été victime d’agression sexuelle de la part d’un policier alors qu’elle et d’autres activistes tentaient d’empêcher les forces de sécurité de détruire le verger.

La députée d’Otzma Yehudit Limor Son Har-Melech entourée par la police alors qu’elle tente d’empêcher les forces de l’ordre d’accéder à un verger en vue de sa destruction, le 15 février 2023. (Capture d’écran/Twitter; Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Elle a raconté à la presse israélienne qu’alors que les agents se regroupaient autour d’elle, formant une chaîne humaine, l’un d’entre eux avait « fait quelque chose de complètement interdit » lorsqu’elle avait essayé d’esquiver les bras d’un policier.

Pour sa part, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui est également ministre délégué au sein du ministère de la Défense, a dénoncé cette opération, la qualifiant « d’injustice qui en appelle aux cieux » et il a demandé à Netanyahu qu’il lui transfère sans délai toute autorité sur l’Administration civile, conformément aux accords de coalition – une autorité qui, a-t-il souligné, a été « le fondement de l’existence de la coalition ».

Smotrich a accusé Netanyahu de « traîner de manière inacceptable » sur cette question de prise de contrôle de l’Administration civile et il a expliqué que son parti Hatzionout HazDatit se réunirait en urgence dans la journée pour discuter d’éventuelles initiatives à envisager.

Le site Walla a ultérieurement annoncé que Netanyahu était entré en contact avec Smotrich, lui garantissant que l’accord serait honoré et qu’il prendrait ses fonctions au ministère de la Défense « dans les meilleurs délais ».

Mercredi également, le site Walla a indiqué que la focalisation de Smotrich sur les dossiers idéologiques avait suscité la colère de certains employés du ministère des Finances, qui estiment qu’elle a pris le pas sur ses devoirs au Trésor.

Un responsable du ministère qui a témoigné sous couvert d’anonymat a ainsi déploré que Smotrich « est davantage préoccupé par les questions idéologiques et politiques » que par la nécessité de travailler avec ardeur sur la préparation d’un budget de l’État complexe.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, dirigeant la réunion de sa faction, HaTzionout HaDatit, à la Knesset, le 23 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La source a expliqué que Smotrich n’arrivait pas souvent avant midi passé au ministère des Finances et qu’en conséquence, il ne maîtrisait pas les opérations du ministère, déléguant aux bureaucrates le travail d’émettre des recommandations politiques – des recommandations qu’il semble par ailleurs invariablement entériner.

Dans un communiqué, le bureau de Smotrich a fait savoir qu’il n’avait pas « de réponse sérieuse » à faire à ces affirmations. Le communiqué a aussi noté que le chef de la faction Hatzionout HaDatit d’extrême-droite était à son bureau du petit matin jusqu’à une heure avancée de la soirée, et qu’il n’avait pris « que deux journées sur le terrain » depuis qu’il est devenu responsable du Trésor.

« Le ministre et ses employés travaillent dur pour mettre au point une croissance responsable et un budget orienté vers les infrastructures qui sera positif pour l’économie et pour les citoyens d’Israël », a conclu le communiqué.

Jeremy Sharon et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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