FMI : une économie israélienne robuste mais menacée par les écarts sociaux
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FMI : une économie israélienne robuste mais menacée par les écarts sociaux

Selon l’organisme, Israël a connu une forte croissance et un faible taux de chômage en 2017, mais des mesures doivent être prises

Vue de Tel Aviv pris dans une dense tempête de sable, le 8 septembre 2015 (Miriam Alster / Flash90)
Vue de Tel Aviv pris dans une dense tempête de sable, le 8 septembre 2015 (Miriam Alster / Flash90)

Le Fonds monétaire international a félicité mardi l’économie israélienne pour sa forte croissance, son faible taux de chômage, ses bonnes réserves en devises et une concurrence accrue sur le marché.

Cependant, en se tournant vers l’avenir, il a averti que sa productivité modeste, ses infrastructures inadéquates, la pauvreté et les écarts sociaux croissants pourraient compromettre sa stabilité à long terme.

Dans son rapport de 2017, l’organisme international qui supervise la stabilité monétaire et la coopération économique internationale a déclaré qu’Israël connaissait une forte croissance annuelle de 3,4 %, qui devrait se poursuivre jusqu’en 2018 et rester à ce niveau pendant quelques années avant de se stabiliser autour des 3 %.

Cette croissance reflète la forte demande intérieure ainsi que la croissance mondiale, indique le rapport.

Le taux de chômage est de 4,2 %, un bon niveau, après avoir diminué progressivement – il était à 6 % en 2014 –, ce qui a favorisé des augmentations salariales généralisées.

Image d’illustration d’un chantier de construction à Tel Aviv, le 1er décembre 2016 (Nati Shohat / Flash90)

Selon le rapport, l’augmentation des prix du logement a ralenti, augmentant seulement de 2 %. L’offre et le chiffre d’affaires ont également ralenti l’année dernière. Les mesures visant à accroître la concurrence économique devraient être bien accueillies.

Mais, selon le rapport, Israël fera face à des défis de croissance et de stabilité à long terme car, malgré un secteur de haute technologie dynamique, la productivité reste modeste, les besoins en infrastructures sont considérables – comme en témoigne la congestion routière – et la pauvreté et les fractures sociales s’aggravent. De plus en plus, les personnes peu qualifiées occuperont une proportion toujours plus élevée de la population en âge de travailler au cours des prochaines décennies.

« Le gouvernement devrait entreprendre de profondes réformes d’éducation et de formation afin de réduire les écarts de productivité et de participation au travail, tout en améliorant la redistribution avec soin », indique le rapport.

« L’efficacité des écoles devrait être renforcée, par exemple par des normes plus élevées pour les enseignants, couvrant des matières de base à tous les niveaux dans les écoles haredis, l’amélioration de l’enseignement en hébreu dans les écoles arabes, et prolongeant la courte journée scolaire. L’amélioration de la formation professionnelle peut également jouer un rôle important dans la réduction des écarts de compétences grâce à des politiques actives sur le marché du travail qui favoriseraient davantage l’employabilité », peut-on lire dans le rapport.

« Pour augmenter la participation au travail et le temps de travail des femmes, le soutien aux enfants doit être élargi, en particulier pour les jeunes enfants, et l’augmentation de l’âge de la retraite devrait se poursuivre sans introduire de nouvelles incitations à la retraite anticipée. »

Des enfants de maternelle dans leur salle de classe (Edi Israël / Flash90)

Pour aider à réduire davantage la pauvreté et les écarts de revenus, le FMI a appelé à « substantiellement élargir » les crédits d’impôt sur les revenus.

Le rapport appelait également à poursuivre les réformes afin de faire face aux effets du ralentissement de la construction de logements et des prix d’achat élevés.

Il a également recommandé une amélioration dans les transports publics et a encouragé les entreprises à s’installer plus près des communautés où les gens sont en manque d’emplois.

Dans le secteur des entreprises, le FMI a appelé au renforcement du contrôle financier et à la réduction des goulots d’étranglement bureaucratiques.

« De nombreuses régulations et les coûts de conformité élevés demeurent des obstacles majeurs à la concurrence et à l’investissement », explique le rapport, appelant à la mise en place « d’une administration simple et rapide des réglementations, par exemple par un ‘guichet unique’ qui évaluerait toutes les exigences réglementaires dans un délai raisonnable ».

« Toutes les propositions de nouvelles réglementations devraient faire l’objet d’évaluations d’impact réglementaires solides », poursuivait-il, ajoutant que les procédures judiciaires devaient s’accélérer pour permettre une exécution efficace des contrats. Un tribunal spécial pour les affaires antitrust complexes aiderait également.

Les récoltes, le 21 avril 2018 (Anat Hermony / FLASH90)

Le rapport a appelé à la poursuite des réformes afin de stimuler la concurrence, en distinguant l’agriculture, pour laquelle les subventions ciblées visant à protéger les agriculteurs locaux étaient préférables aux barrières commerciales qui empêchent les concurrents étrangers d’entrer sur le marché.

En vertu de l’article IV du statut du FMI, l’organisation tient des discussions bilatérales avec chacun de ses 189 pays membres, généralement chaque année. Une équipe se rend dans chaque pays chaque année, recueille des informations économiques et financières et discute avec les responsables du développement et des politiques économiques du pays. De retour au siège, le personnel prépare un rapport qui sert de base à la discussion du Conseil exécutif.

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