France: l’extrême droite dénoncée comme un « cheval de Troie » de Poutine et Trump
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France: l’extrême droite dénoncée comme un « cheval de Troie » de Poutine et Trump

"Marine Le Pen, l'extrême droite autrichienne, l'extrême droite allemande sont fortement liés au parti de Poutine et à Poutine", a dénoncé le vétéran écologiste Daniel Cohn-Bendit

Daniel Cohn-Bendit (Crédit : Kenji-Baptiste OIKAWA/CC BY 3.0/Wikimedia commons)
Daniel Cohn-Bendit (Crédit : Kenji-Baptiste OIKAWA/CC BY 3.0/Wikimedia commons)

Plusieurs responsables de la majorité présidentielle en France ont sonné la charge dimanche contre l’extrême droite, accusée d’être le « cheval de Troie » des plans de Trump et Poutine pour affaiblir l’Europe.

En cause ? Le scandale aux accents russes qui a fait exploser la coalition droite-extrême droite en Autriche, la présence bruyante à Paris de Steve Bannon, ex-stratège de Donald Trump et soutien de Marine Le Pen.

« Marine Le Pen, l’extrême droite autrichienne, l’extrême droite allemande sont fortement liés au parti de Poutine et à Poutine », a dénoncé le vétéran écologiste Daniel Cohn-Bendit, un proche d’Emmanuel Macron, lors d’une session Facebook Live dimanche matin.

Il s’exprimait au lendemain de la grand-messe à Milan de partis d’extrême droite européens, et surtout du scandale qui a mené en quelques heures à la démission à Vienne du vice-chancelier d’extrême droite Heinz-Christian Strache, et à l’explosion de la coalition autrichienne.

Le vice-chancelier autrichien Heinz-Christian Strache lors d’une conférence de presse après la première réunion du nouveau gouvernement autrichien le 19 décembre 2017 à Vienne, en Autriche. (AFP Photo/Joe Klamar)

M. Strache, a révélé une séquence vidéo, avait discuté peu avant son arrivée au pouvoir avec une femme qu’il croyait liée à un oligarque russe de la possibilité d’un soutien financier en échange de l’accès à des marchés publics autrichiens.

M. Cohn-Bendit a rappelé que « l’extrême droite autrichienne est l’alliée privilégiée du Rassemblement national », avec lequel elle entretient des liens anciens et continus.

La présence très médiatique à Paris de Steve Bannon, et ses déclarations selon lesquelles « de toutes les élections qui auront lieu le week-end prochain en Europe (…) c’est de loin, ici, en France, la plus importante », ont aussi donné du grain à moudre aux responsables de LREM (le parti de la majorité présidentielle.

« La nouvelle internationale de l’extrême droite (…) est en train de se concrétiser pour détruire l’Union européenne », a tonné Pascal Canfin, numéro 2 de la liste LREM, accusant le parti de Mme Le Pen d’être « l’idiot utile » et « le cheval de Troie de Trump et de Poutine » en Europe.

L’ancien conseiller du président américain Steve Bannon (à gauche) parle à la presse aux côtés de la présidente du parti français d’extrême-droite du Front national Marine Le Pen après un discours prononcé durant le congrès annuel de la formation, le 10 mars 2018 au Grand Palais de Lille, dans le nord de la France (Crédit : AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN)

« Le Pen veut se vassaliser »

Ces déclarations surviennent alors qu’une grand-messe nationaliste a réuni samedi à Milan, sous la houlette de l’Italien Matteo Salvini, une douzaine de formations souverainistes et identitaires européennes et leur projet d’une « nouvelle Europe » sans immigration, sans islam et sans « oligarchie ».

La dirigeante d’extrême droite française a affirmé que « le jour de gloire » des patries était « arrivé », et a fustigé une « Union européenne qui fait souffler sur l’Europe les vents mauvais de la mondialisation sauvage ».

Milan, « c’est le jour de la honte pour Marine Le Pen et le Rassemblement national », a asséné dimanche Nathalie Loiseau, la tête de liste LREM : « Ces partis n’ont pas de mots assez doux pour la Russie de monsieur Poutine. (…) Ce que veut Mme Le Pen, c’est se vassaliser devant monsieur Poutine et devant M. Trump ».

Même si le scandale frappant le parti d’extrême droite autrichien FPÖ est un coup dur pour le camp nationaliste, ce dernier mise toujours sur une poussée aux élections du 26 mai, avec l’ambition de devenir la troisième force du Parlement européen.

En France notamment, la liste RN de Marine Le Pen, devancée pendant des mois par LREM dans les intentions de vote, est en effet en tête de cinq des sept dernières études d’opinion publiées et à égalité dans une sixième.

« Je crois qu’il ne faut pas minimiser la conséquence » d’une victoire du RN qui affaiblirait la France en Europe, a déclaré le patron de LREM, Stanislas Guerini dans une interview à Challenges.

Le président Macron a fait de l’affrontement avec l’extrême-droite un des enjeux essentiels de l’élection européenne

Le RN, lui aussi, privilégie en cette fin de campagne la mise en scène d’une opposition frontale et exhorte ses électeurs à « voter contre Macron ».

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