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Convention de l'UEJF

Frédérique Vidal : « L’antisémitisme à l’université, c’est l’antithèse absolue »

A Grenoble, la ministre de l'Enseignement supérieur a réitéré son constat que l'antisémitisme était un problème fréquent dans les universités françaises

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, en mai 2018 devant l'Elysée. (Crédit : AP/Christophe Ena)
Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, en mai 2018 devant l'Elysée. (Crédit : AP/Christophe Ena)

Lors de la convention nationale de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui s’est déroulée du 1er au 4 novembre à Grenoble, Frédérique Vidal s’est exprimée à nouveau sur les actes antisémites qui se multiplient dans les universités françaises.

« L’antisémitisme à l’université c’est l’antithèse absolue, le contresens total, » a affirmé la ministre, citée par France Bleu Isère.

« Les 200 étudiants présents en témoignent, les propos antisémites se sont banalisés en entrant « par la petite porte, » explique la radio locale. On entend beaucoup parler de tags et d’agressions antisémites. Beaucoup moins des plaisanteries sur les juifs et la Shoah qui font pourtant partie du quotidien des étudiants. « On m’a souvent appelée ‘la juive’, c’est des propos que j’ai banalisé parce que je ne voulais pas leur donner trop d’importance », raconte Elsa. Pour Steve, c’est sur le ton de l’humour que l’antisémitisme s’installe dans les salles de cours : « On a tous entendu une blague sur les juifs qui nous a fait grincer des dents. »

Il y a une semaine, une étudiante de deuxième année de médecine a porté plainte pour injures antisémites proférées par d’autres étudiants de son université Paris-13 Villetaneuse – Bobigny – Saint-Denis.

La jeune fille de 20 ans raconte avoir fait l’objet de harcèlement à caractère antisémite de la part d’un groupe d’élèves de l’université, notamment dans le cadre de la préparation du week-end d’intégration de la fac de médecine.

« Souvent l’envie d’appartenir au groupe est plus forte que l’envie de témoigner et les victimes ne savent pas vers qui se tourner, » a expliqué Vidal qui a rappelé l’existence dans chaque université d’un « référent racisme et antisémitisme ».

Un plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme a été lancé en mars dernier par le gouvernement français, avec un important volet sur les réseaux sociaux, invitant les plate-formes à prendre leurs responsabilités sous risque de sanctions.

Mais devant la recrudescence des actes racistes et antisémites, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal a décidé de faire la semaine dernière un bilan d’étape aux côtés des principaux acteurs de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme suite « à la multiplication des tags, graffitis, et expressions antisémites ces dernières semaines dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur ».

Frédérique Vidal a fait référence entre autres, au local de l’UEJF vandalisé à l’université de Tolbiac, en septembre dernier.

Auparavant, c’est à la Haute école de commerce (HEC) que des tags antisémites ont été découverts.

Elle a évoqué la formation en cours des référents « racisme-antisémitisme » au sein des universités, une des 21 mesures du plan annoncé le 19 mars. Ils sont désormais présents « dans la quasi-totalité des établissements, » a affirmé Frédérique Vidal, citée par Le Monde.

Une nouvelle réunion d’étape aura lieu en décembre prochain.

Si l’on ne connaît pas encore les chiffres de 2018, on sait que sur les dix premiers mois de l’année 2017, les actes antisémites ont fléchi de « près de 20 % » en rapport à 2016, avait précisé le Premier ministre Edouard Philippe en décembre.

Fin novembre, par rapport au même mois l’année précédente, la baisse était de 7 %.

Un chiffre pour le moins ambigu, puisque si la baisse des actes antisémites a diminué dans leur globalité (menaces, graffitis, actes violents), le nombre d’actes violents a lui progressé.

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