Gabbay quitte la politique après un mandat houleux à la tête des Travaillistes
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Gabbay quitte la politique après un mandat houleux à la tête des Travaillistes

L’ancien ministre, qui a mené le parti travailliste vers le gouffre, a accusé un conflit de personnalités avec d’anciens dirigeants et affirmé ne pas avoir de projets futurs

Le chef du Parti travailliste Avi Gabbay arrive à une réunion avec des membres du parti d'opposition avant le vote sur la dissolution de la Knesset, le 27 mai 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du Parti travailliste Avi Gabbay arrive à une réunion avec des membres du parti d'opposition avant le vote sur la dissolution de la Knesset, le 27 mai 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du Parti travailliste, Avi Gabbay, qui a fait face à diverses pressions afin qu’il démissionne de son après la déconfiture aux élections d’avril, a annoncé mercredi qu’il se retirait de la vie politique après avoir quitté son poste de dirigeant du parti.

Cette annonce fait figure de triste fin dans la carrière politique de Gabbay, qui était ressorti de l’ombre pour prendre la tête de l’un des principaux partis du pays, avant de sombrer aussi vite qu’il a mené la faction vers ses pires résultats de tous les temps.

Gabbay, ancien directeur exécutif de Bezeq et ancien ministre pour la Protection de l’environnement sous le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré plus tôt cette semaine qu’il ne briguerait pas la tête de liste travailliste aux élections primaires, mais a laissé entendre qu’il pourrait poursuivre son engagement militant.

« Après de longues délibérations, j’ai décidé de suivre mon cœur et mon destin et de me retirer de la liste des candidats à la Knesset », a écrit Gabbay sur sa page Facebook ce mercredi soir. « Bien sûr, mon engagement envers le public, nos valeurs et nos positions restent inchangés. »

« Je n’ai pas de projets futurs. Je ne sais pas comment ni ce que je vais faire pour le public, mais mon engagement demeure intact », a-t-il écrit. Il a déclaré qu’il avait pris depuis longtemps la décision de ne pas se porter à nouveau candidat à la direction du parti.

Gabbay, 52 ans, a déclaré accepter la responsabilité de la « grande crise » dans laquelle se trouvait le parti.

Il a néanmoins imputé certains des problèmes au fait que d’anciens dirigeants du parti étaient restés membres de la Knesset, ce qui aurait provoqué un clash des personnalités.

« En dehors de la politique, lorsqu’un PDG passe la main, il passe à autre chose et ne devient pas le subordonné d’une personne qu’il dirigeait », a-t-il écrit.

« J’avais quatre anciens dirigeants sous mon poste – un phénomène qui conduit naturellement à des problèmes personnels, et je refuse de prolonger ce phénomène [en devenant candidat pour la Knesset] », a écrit Gabbay.

Gabbay faisait là allusion aux anciens dirigeants du Parti travailliste, Isaac Herzog, Shelly Yachimovich et Amir Peretz, ainsi qu’à l’ancienne dirigeante du parti Hatnua, Tzipi Livni, qui a fusionné sa faction avec le Parti travailliste à l’aube des élections de 2015 afin de former l’Union sioniste.

En janvier 2019, Gabbay avait mis fin à cette fusion en annonçant, devant les caméras de télévision et en direct, que le parti travailliste se séparait de Hatnua, prenant apparemment Livni par surprise. Il a été largement critiqué pour cette décision, y compris au sein de son parti.

Le président de l’Union sioniste, Avi Gabbay (à gauche), annonce la rupture brutale de l’Union sioniste avec son ancienne partenaire, Tzipi Livni, chef de l’opposition, pendant une réunion du parti à la Knesset, le 1er janvier 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Gabbay avait été soumis à des pressions croissantes afin de se retirer du parti après que celui-ci a obtenu seulement six sièges à la Knesset – qui en compte 120 – lors des élections d’avril, soit le plus mauvais résultat du parti et de son prédécesseur, le Mapai, qui a dirigé Israël durant les 30 premières années du pays.

Il a été davantage critiqué quand il a révélé qu’il envisageait de rejoindre Netanyahu au sein d’une coalition afin de former un gouvernement – une initiative qu’il avait promis à plusieurs reprises de ne jamais prendre. Il a finalement annoncé qu’il renonçait au projet.

Les attaques contre Gabbay se sont intensifiées quand ont été révélées des informations selon lesquelles, lors des discussions au sein de la coalition, il aurait laissé la possibilité à Netanyahu de bénéficier d’une immunité concernant les poursuites engagées dans les affaires de corruption dont il est accusé, contrairement à ce que Gabbay avait lui-même affirmé.

Gabby a pris la direction du parti en 2017, après avoir battu l’ancien dirigeant Issac Herzog lors des primaires du parti. Herzog a été nommé président de l’Agence juive en 2018 et Livni s’est retirée de la politique avant les dernières élections de la Knesset en avril.

Avant de rejoindre le parti travailliste, Gabbay était l’un des fondateurs du parti Koulanou. De 2015 à 2016, il a été ministre de la Protection de l’environnement, même s’il n’était pas membre de la Knesset à l’époque.

Il a démissionné de son poste en 2016 afin de protester contre la nomination de Avigdor Liberman au poste de ministre de la Défense. En décembre 2016, il a annoncé qu’il rejoignait le parti travailliste, avant d’en prendre la direction en juillet 2017.

Avi Gabbay, nouveau chef du Parti travailliste, au soir de sa victoire, à Tel Aviv, le 10 juillet 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

La liste de candidats à la direction du parti travailliste devrait être révélée cette semaine, pour des primaires qui auront lieu le 2 juillet. Les candidats députés Amir Peretz, Stav Shaffir et Itzik Shmuli ont déjà annoncé leur intention de se présenter à ces élections. L’ancien chef d’état-major adjoint de l’armée, Yair Golan, et l’ancien Premier ministre Ehud Barak pourraient également se présenter.

Les travaillistes s’efforcent de résoudre la crise au sein de leur parti avant les prochaines élections. Netanyahu n’est pas parvenu à former une coalition après les élections d’avril et a dissous la Knesset le mois dernier, tout en appelant à de nouvelles élections le 17 septembre.

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