Gal Gadot peut-elle devenir la plus grande star israélienne de tous les temps ?
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Golda Meir, Itzhak Perlman, Moshe Dayan... Gal Gadot ?

Gal Gadot peut-elle devenir la plus grande star israélienne de tous les temps ?

Interprétant l'une des super-héroïnes les plus emblématiques, 'Wonder Woman' porte ce poids symbolique qui pourrait transformer Gadot en icône féministe dans le monde entier pour des décennies

La prochaine super-star israélienne Gal Gadot dans le film 2017 de "Wonder Woman" (Crédit : Clay Enos/DC Comics, via JTA)
La prochaine super-star israélienne Gal Gadot dans le film 2017 de "Wonder Woman" (Crédit : Clay Enos/DC Comics, via JTA)

JTA — Tentez de réfléchir aux Israéliens les plus célèbres de l’histoire. Pas nécessairement les plus significatifs ni les plus « importants » – comme un certain nombre de lauréats du Prix Nobel ou ces négociateurs de paix au Moyen-Orient qui opèrent dans les coulisses – mais à ceux qui sont le plus reconnaissables au niveau universel.

La majorité de ces listes comprendraient sûrement une pionnière devenue un modèle (Golda Meir), une mannequin qui a eu une relation amoureuse avec Leonardo di Caprio (Bar Refaeli), un Premier ministre apparemment à vie (Benjamin Netanyahu), un politicien aux cheveux fous (David Ben-Gurion), un héros de guerre avec un bandeau de pirate (Moshe Dayan) et un violoniste virtuose (Itzhak Perlman).

Certains pourraient même à tort y inclure un personnage de fiction — Ziva David, ancien agent du Mossad dans « NCIS », l’émission de télévision la plus regardée de la télévision, interprétée par une actrice chilienne.

Mais un nouveau nom pourrait très bientôt se trouver en tête de la liste : Gal Gadot.

L’actrice et mannequin tient le rôle titre dans le remake de « Wonder woman », un film basé sur la célèbre bande dessinée dont la première a eu lieu le 25 mai et qui sortira le 2 juin en France.

Etre l’héroïne d’un blockbuster hollywoodien ayant pour thème un super-héros donne instantanément à un acteur quel qu’il soit une stature internationale – mais il ne s’agit pas non plus ici du super-héros moyen.

« Wonder Woman », qui interprète l’une des quelques super-héroïnes les plus emblématiques, possède ce poids symbolique qui pourrait transformer Gadot en icône féministe mondiale pour les décennies à venir (en supposant que le film ne fera pas un bide, qu’elle continuera à apparaître dans d’éventuelles suites, et que les féministes accepteront un modèle dont la tenue quotidienne se résume essentiellement à un maillot de bain une pièce).

L'actrice Gal Gadot lors de la Première de 'Wonder Woman' au Pantages Theatre de Hollywood, en Californie, le 25 mai 2017 (Crédit : Alberto E. Rodriguez/Getty Images/AFP)
L’actrice Gal Gadot lors de la Première de ‘Wonder Woman’ au Pantages Theatre de Hollywood, en Californie, le 25 mai 2017 (Crédit : Alberto E. Rodriguez/Getty Images/AFP)

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Gadot, 32 ans, est un nom connu de tout le monde en Israël où elle a connu une brillante carrière de mannequin depuis qu’elle a remporté le concours de Miss Israël à l’âge de 18 ans en 2004.

Contrairement à Refaeli, la célèbre top-model israélienne à qui on la compare souvent, Gadot est également connue pour avoir fait ses deux années de service militaire obligatoire au sein de l’armée israélienne. Et si vous vous posez la question : Oui, elle est mariée (à l’homme d’affaires israélien dans l’immobilier Yaron Versano, avec qui elle a eu deux enfants).

Gadot a marqué des points en interprétant un ancien agent du Mossad dans le quatrième film de la franchise « Fast and Furious » en 2009 — en partie, a-t-elle confié, parce que le réalisateur du film Justin Lin avait été impressionné par son expérience militaire.

Depuis, elle a tenu quelques petits rôles dans des films hollywoodiens, comme « Crazy night »(avec Steve Carell et Tina Fey). Sa première apparition dans le rôle de la Princesse Diana des Amazones (le vrai nom de Wonder Woman) a eu lieu dans « Batman v. Superman: L’Aube de la Justice » avec Ben Affleck et Henry Cavill en 2016.

Elle n’est donc pas encore largement célèbre hors des frontières d’Israël (hormis peut-être par les inconditionnels de « Fast and Furious ») mais son profil public est sur le point de radicalement changer.

« Wonder Woman » n’est pas un chef-d’oeuvre, même si le film séduira probablement les fans des autres films de super-héros sorties au cours de la dernière décennie. On s’attend à ce qu’il obtienne au moins d’aussi bons résultats que les autres films consacrés à ses homologues masculins, comme « Captain America » ou « Thor », au box-office américain (il devrait rapporter au moins 65 millions à 83 millions de dollars) et il devrait drainer des centaines de millions de dollars dans le monde entier.

L'actrice Gal Gadot lors de la Première de 'Wonder Woman' au Pantages Theatre de Hollywood, en Californie, le 25 mai 2017 (Crédit : Alberto E. Rodriguez/Getty Images/AFP)
L’actrice Gal Gadot lors de la Première de ‘Wonder Woman’ au Pantages Theatre de Hollywood, en Californie, le 25 mai 2017 (Crédit : Alberto E. Rodriguez/Getty Images/AFP)

Au-delà des chiffres, « Wonder Woman » devra également porter le poids des attentes féministes qui se sont créées de manière constante autour du film depuis des années. Le battage médiatique n’a fait que s’amplifier lorsque c’est une réalisatrice (Patty Jenkins) qui s’est emparée du projet en 2015, faisant de « Wonder Woman » le premier film de super-héroïne mis en scène par une femme.

L'actrice israélienne Gal Gadot incarne Wonder Woman au cinéma. (Crédit : Zack Snyder/Warner Bros)
L’actrice israélienne Gal Gadot incarne Wonder Woman au cinéma. (Crédit : Zack Snyder/Warner Bros)

Et Gadot est d’ores et déjà bien placée pour devenir une icône féministe. L’automne dernier, elle a participé à une cérémonie de l’ONU en l’honneur du personnage de Wonder Woman désignée ambassadrice honoraire au nom de l’émancipation des femmes et des jeunes filles (Les Nations Unies ont rapidement abandonné le personnage en tant qu’ambassadrice honoraire après que les personnels de l’institution internationale ont déploré que la super-héroïne de bande-dessinée n’était « ni englobante ni émouvante culturellement »).

Gadot a récemment clamé que Wonder Woman est « bien sûr » féministe, dans un entretien accordé à Entertainment Weekly largement partagé sur Internet. Il faut dire que depuis son système pileux (absent sous les aisselle) jusqu’au type de chaussures qu’elle porte, tout a été analysé à travers l’angle des féministes.

Cela ne nuira pas à la popularité de Gadot qu’elle puisse paraître, comme c’était le cas du personnage de Wonder Woman à l’origine, sculptée par un dieu. A l’écran, elle apparaît comme magnétique – simultanément gracieuse, élégante, dure, athlétique – et pleine de sex-appeal.

Gal Gadot en Wonder Woman sur la couverture du 10 juillet d'Entertainment Weekly, aux côtés de Batman, incarné avec Ben Affleck (à gauche) et Superman, incarné par Henry Cavill (à droite) (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Gal Gadot en Wonder Woman sur la couverture du 10 juillet d’Entertainment Weekly, aux côtés de Batman, incarné avec Ben Affleck (à gauche) et Superman, incarné par Henry Cavill (à droite) (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Quel niveau de célébrité atteindra donc Gadot ? Difficile à dire. D’autres films récents de super-héros ont fait appel à des actrices qui étaient déjà reconnues, comme Jennifer Garner dans « Elektra » et Halle Berry dans « Catwoman ». Aucun des deux films n’a eu beaucoup d’impact. Hollywood est également enclin à réamorcer ses franchises les plus populaires en changeant d’acteur et en diluant le lien d’une star avec son personnage (voir Tobey Maguire et Andrew Garfield dans les divers films de Spider-Man et les nombreux acteurs liés à Batman et à Superman).

Une chose est sûre : Gadot s’inscrira dans l’histoire distinctement comme une actrice israélienne. Contrairement à Natalie Portman, superstar internationale et lauréate d’un Oscar née en Israël mais qui a quitté le pays à l’âge de deux ans, Gadot parle anglais avec l’accent israélien. Elle évoque ouvertement ses origines, une petit ville israélienne – Rosh Haayin – et son amour de la nature israélienne.

Gal Gadot dans une scène de "Fast and Furious" (Crédit : Autorisation Universal Pictures)
Gal Gadot dans une scène de « Fast and Furious » (Crédit : Autorisation Universal Pictures)

« En Israël, on a la chutzpah », a-t-elle dit dans un article principal de Marie Claire. « Les gens expriment leurs désaccords, mais je préfère ça que de jouer la comédie. Ici, tout le monde vous dit : ‘On vous adore, vous êtes tellement merveilleuse’. Je préfère savoir la vérité et ne pas perdre mon temps ».

Ainsi si Gadot doit être la star qu’elle paraît sur le point de devenir, Israël aura un nouveau visage célèbre.

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