Israël en guerre - Jour 284

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Gallant : Le Hamas veut remplacer Sinwar, la brigade de Khan Younès est vaincue

Le Hamas ne dispose plus que de forces "marginales" à Gaza ; à l'hôpital Nasser, les troupes trouvent des véhicules utilisés le 7 octobre, ainsi que d'autres pillés en Israël

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les troupes de l'armée israélienne opérant à l'hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de Gaza, sur une image publiée le 18 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Les troupes de l'armée israélienne opérant à l'hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de Gaza, sur une image publiée le 18 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré dimanche que la direction du Hamas à l’étranger cherchait un remplaçant à son chef de la bande de Gaza, Yahya Sinwar, car les bataillons du groupe terroriste à Khan Younès avaient été démantelés et qu’une offensive à Rafah se profilait.

Les forces de sécurité n’ont pas encore réussi à appréhender Sinwar, ni le commandant militaire du Hamas, Mohammad Deif, ou encore son adjoint, Marwan Issa. Mais Sinwar semblerait ne plus avoir eu de contact avec la direction du groupe terroriste à l’étranger depuis la fin du mois de janvier et son implication dans les négociations en cours sur les otages ferait l’objet de doutes.

« Le Hamas ne fait pas confiance à ses commandants, c’est une chose très, très visible », a déclaré Gallant à l’issue d’un point de situation avec le chef du commandement sud de Tsahal, le major-général Yaron Finkelman.

« La branche Hamas-Gaza ne répond pas, il n’y a personne à qui parler si l’on parle de dirigeant sur le terrain », a-t-il dit, ajoutant que la direction du Hamas à l’étranger était à la recherche de nouveaux dirigeants pour Gaza. « Cela signifie qu’il y a appel d’offres pour la gestion de Gaza ».

Selon Gallant, à Khan Younès, près de 200 suspects de terrorisme se sont rendus aux soldats israéliens dans l’hôpital Nasser et des dizaines d’autres à l’hôpital Al-Amal, ce qui, selon lui, témoigne de la perte de « l’esprit combatif » du Hamas.

« Ceux qui avaient pourtant des lance-grenades, des armes et des fusils se sont rendus à l’évidence et ne se sont pas battus. Cela en dit long sur leur façon d’appréhender les relations de pouvoir : ils ont compris que leur destin était de se rendre ou de mourir – il n’y a pas de troisième option », a-t-il expliqué.

Yahya Sinwar, chef du Hamas dans la bande de Gaza, saluant ses partisans, à Gaza City, le 14 avril 2023. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Gallant a précisé que la brigade Khan Younès du Hamas avait été « vaincue et ne fonctionnait aucunement à la manière d’une entité militaire ».

« Le Hamas se retrouve avec des [forces] marginales dans les camps centraux et avec la Brigade de Rafah. Tout ce qui les sépare aujourd’hui d’un effondrement total en tant que système paramilitaire est une décision de Tsahal. »

« Il n’y a personne pour leur venir en aide, ni Iraniens, ni aide internationale », a ajouté M. Gallant, assurant que Tsahal démantèlerait les six bataillons restants du Hamas – deux au centre de Gaza et quatre à Rafah.

« Nous ne pouvons pas nous arrêter, pas tant qu’il restera 134 otages » aux mains du Hamas, a-t-il conclu.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant (à droite) s’entretient avec le chef du commandement sud de Tsahal, le major-général Yaron Finkelman, au quartier général de l’unité à Beersheba, le 18 février 2024. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Dimanche également, Tsahal a déclaré que les forces spéciales opérant à l’hôpital Nasser avaient localisé des véhicules utilisés par les terroristes du Hamas qui ont participé à l’attaque du 7 octobre, ainsi que des voitures appartenant à des Israéliens qui ont été volées pendant le massacre.

L’opération à l’hôpital Nasser est menée par l’unité commando Shayetet 13 de la marine, des membres de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet et d’autres forces spéciales.

L’une des voitures volées trouvées au centre hospitalier appartenait à un habitant de Nir Oz, selon Tsahal. Dans le véhicule utilisé par le Hamas, les soldats ont trouvé plusieurs armes, dont des grenades.

Tsahal a déclaré que certains des terroristes détenus à l’hôpital étaient déguisés en personnel hospitalier. D’autres suspects, retranchés dans l’hôpital, comprenaient de nombreux participants au massacre du 7 octobre et avaient des contacts avec les otages détenus par le groupe terroriste.

Les troupes ont également saisi plusieurs armes à feu, des engins explosifs et d’autres équipements militaires appartenant à des terroristes.

Toujours à l’hôpital Nasser, les troupes de Tsahal ont trouvé des boîtes fermées de médicaments portant les noms des otages.

Les médicaments, qui auraient été livrés à Gaza dans le cadre d’une initiative confidentielle coordonnée par les familles de certains otages, ne sont manifestement pas parvenus à ces derniers.

L’armée a diffusé des images montrant les médicaments portant les noms des otages, dont certains sont toujours retenus en captivité par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Selon l’armée, les fouilles effectuées dans les locaux de l’hôpital Nasser ont permis de veiller à ce que le centre hospitalier soit en mesure de poursuivre ses activités « sans nuire aux patients et au personnel soignant et en conformité avec les valeurs de Tsahal et le droit international ».

Ces propos contredisent ceux du directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a affirmé dimanche que l’hôpital Nasser  » ne fonctionnait plus  » pendant le raid.

Le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a en effet indiqué qu’une équipe de l’OMS n’avait pas été autorisée à entrer vendredi ou samedi pour examiner les patients et les besoins médicaux. Dans une publication sur X, il a déclaré qu’il restait environ 200 patients sur place, dont 20 qui ont besoin d’être référés d’urgence ailleurs.

On ignore la provenance des chiffres de l’OMS, puisque ses équipes ne sont pas entrées dans l’hôpital. Le Hamas a indiqué samedi qu’il restait 120 patients à l’hôpital.

Le porte-parole du ministère de la Santé à Gaza, Ashraf al-Qidra, a déclaré à Reuters que l’approvisionnement en eau de l’hôpital avait été interrompu parce que les générateurs étaient hors service depuis trois jours, que les eaux usées inondaient les salles d’urgence et que le personnel restant n’avait aucun moyen de traiter les patients en soins intensifs.

Le manque d’oxygène – également dû à l’absence d’électricité – a causé la mort d’au moins sept patients, a-t-il affirmé.

Alors que les habitants de Gaza qui s’abritaient dans l’établissement ont reçu l’ordre d’évacuer avant l’incursion, Tsahal affirme avoir pris des mesures pour que l’hôpital puisse continuer à fonctionner pour les patients restants, notamment en leur transférant du carburant et du matériel médical.

Ailleurs à Khan Younès, Tsahal a déclaré que les troupes de la 98e division ont effectué des raids sur plusieurs positions du Hamas, tuant des hommes armés et localisant des armes dans le processus, a déclaré Tsahal.

La 7e brigade blindée de la division a tué une vingtaine d’agents du Hamas par des tirs de chars et a dirigé des frappes aériennes sur d’autres terroristes dans l’ouest de Khan Younès, selon Tsahal.

Une photo prise depuis Rafah montre de la fumée s’élevant au-dessus de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza lors d’un bombardement israélien le 18 février 2024. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Quinze autres membres du Hamas ont été tués et un dépôt d’armes a été détruit lors d’une série de frappes aériennes dans la ville, selon Tsahal.

Dans le centre de Gaza, les forces israéliennes affirment que la brigade Nahal a tué au moins 10 terroristes du Hamas au cours de la journée écoulée, notamment en faisant appel à des frappes aériennes.

Selon des résidents locaux et des responsables des médias du Hamas, des avions israéliens ont mené des attaques sur deux zones à Rafah dimanche, y compris un bâtiment vide près de la frontière avec l’Égypte.

Les frappes et les combats ont tué au moins 10 habitants à Rafah et à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, au cours de la nuit, a indiqué l’agence de presse palestinienne officielle Wafa.

À la morgue de l’hôpital de Rafah, des personnes en deuil sont venues saluer une dernière fois leurs proches.

« C’est mon cousin, il est mort en martyr à Al-Mawasi, dans la ‘zone de sécurité' », a expliqué Ahmad Mohammed Aburizq.

« Et ma mère a été martyrisée la veille. Il n’y a pas d’endroit sûr. Même l’hôpital n’est pas sûr. »

Dans la ville de Zawaida, au centre de la bande de Gaza, les habitants ont dû creuser dans les décombres causés par une frappe aérienne samedi, pour rechercher des corps, parmi lesquels se trouvaient ceux d’enfants. « Notre message est adressé au gouvernement israélien et au gouvernement du Hamas présent à Gaza : Arrêtez la guerre, s’il vous plaît. Assez de guerre », a affirmé Samah al-Karnz, qui vivait près du bâtiment touché par la frappe.

La guerre a éclaté le 7 octobre, lorsque le Hamas a mené une attaque dévastatrice contre le sud d’Israël, tuant quelque 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et prenant 253 otages.

Des Palestiniens inspectent les destructions à Rafah après une frappe aérienne israélienne, le 18 février 2024. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)

Israël a riposté en lançant une guerre avec pour objectif la libération des otages et le renversement du Hamas dans la bande de Gaza. Le ministère de la Santé à Gaza, contrôlé par le Hamas, a annoncé dimanche un nouveau bilan de 28 985 personnes tuées dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre.

Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 10 000 membres du groupe terroriste à Gaza, en plus d’un millier terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre.

La guerre a en outre provoqué une crise humanitaire dans la bande de Gaza, la majeure partie de la population ayant été déplacée et risquant de mourir de faim.

Plus de la moitié des 2,3 millions de Palestiniens de la bande de Gaza ont trouvé refuge dans la ville de Rafah, située à l’extrême sud, la dernière ville de l’enclave où les forces terrestres de Tsahal tentent d’opérer.

En réponse aux préoccupations exprimées par la communauté internationale quant au sort des habitants de Rafah, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué que les résidents seraient évacués avant le début de l’offensive terrestre, mais on ne sait pas exactement où ils pourraient aller.

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