Gamliel est allée à la Knesset avec des symptômes, pas de députés en quarantaine
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Gamliel est allée à la Knesset avec des symptômes, pas de députés en quarantaine

Les députés filmés en train de parler à Gila Gamliel la semaine dernière n'ont pas reçu l'ordre de s'isoler, malgré son diagnostic positif au COVID-19

Gila Gamliel, ministre de la Protection de l'environnement, assiste à un débat de la commission de l'économie de la Knesset sur la consignation des bouteilles, 14 septembre 2020 (Autorisation)
Gila Gamliel, ministre de la Protection de l'environnement, assiste à un débat de la commission de l'économie de la Knesset sur la consignation des bouteilles, 14 septembre 2020 (Autorisation)

La ministre de la Protection de l’environnement, Gila Gamliel, s’est rendue à la Knesset mardi dernier pour un vote, apparemment alors qu’elle se sentait malade – quelques jours avant qu’on lui diagnostique le COVID-19, et après avoir supposément violé le confinement national.

Mardi, la Treizième chaîne a cité des sources anonymes selon lesquelles Gila Gamliel avait admis qu’elle ne se sentait pas bien la semaine dernière à la Knesset, plusieurs jours avant son diagnostic.

Bien qu’elle ait été filmée en train de parler à d’autres députés, dont son collègue du Likud David Amsalem, pendant plus de 15 minutes, aucun d’entre eux n’a reçu l’ordre de se placer en quarantaine, après l’annonce faite par Gamliel samedi qu’elle avait contracté le coronavirus, selon la chaîne télévisée.

Gamliel a fait l’objet de nombreux appels au départ ou à sa démission après avoir reconnu qu’elle avait, la semaine dernière, enfreint la règle de limitation des déplacements en se rendant à Tibériade, dans le nord du pays, depuis son domicile de Tel Aviv.

Elle aurait également essayé de cacher ce voyage aux personnes qui l’ont interrogée dans le cadre de l’enquête épidémiologique menée par le ministère de la Santé suite à son infection. Gamliel a ainsi passé le jeûne de Yom Kippour, lundi dernier, dans une synagogue de Tibériade, où son beau-père est rabbin, avait rapporté Kan lundi.

Gila Gamliel s’exprime lors d’une conférence à Kedem, en Cisjordanie, le 5 septembre 2019. (Hillel Maeir/Flash90)

Elle a révélé avoir été infectée par le coronavirus dans un post sur les réseaux sociaux dans la nuit de samedi à dimanche.

Lundi, Gamliel n’a pas admis avoir enfreint les règles, mais a reconnu ultérieurement n’avoir pas géré la situation correctement.

« J’ai agi conformément aux directives même s’il est possible que mes jugements se soient avérés erronés. Je suis désolée, je vais payer l’amende », a-t-elle annoncé dans un communiqué.

Mardi, la police a transmis au procureur général Avichai Mandelblit les résultats d’une première enquête sur Gamliel. Il appartient maintenant au procureur général de décider s’il faut ouvrir une enquête criminelle sur Gamliel.

La Douzième chaîne a fait savoir lundi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’avait pas l’intention de licencier Gamliel pour sa conduite présumée, et que la ministre Likud ne prévoyait pas de démissionner.

Le Premier ministre, cependant, envisage de prendre des « mesures sérieuses » contre elle, a avancé la chaîne, sans préciser ce que ces sanctions impliqueraient.

Le quotidien Haaretz a fait savoir lundi en fin de journée que les enquêteurs épidémiologiques du ministère de la Santé n’avaient pas pu joindre la ministre pendant des heures, dans la matinée de dimanche. Lorsqu’ils étaient enfin parvenus à entrer en contact avec elle, vers 15h30, elle leur avait dit qu’elle pensait avoir été contaminée par son chauffeur, et ce dernier a été considéré par les enquêteurs comme étant à l’origine de la contamination de la haute responsable.

Mais les enquêteurs n’étaient pas parvenus à faire le lien entre l’origine présumée de la contamination et le fait que l’époux de Gamliel et un autre membre de la famille avaient été, eux aussi, testés positifs au coronavirus, en l’absence de contact avec le chauffeur. Quelques heures plus tard, à 19h22, les traceurs de contacts du ministère s’étaient entretenus avec Gamliel sur cette anomalie.

Elle avait alors reconnu, lors de la conversation, avoir pris part à des prières au sein d’une « synagogue familiale » pendant Yom Kippour – sans mentionner pour autant que ce lieu de culte se trouvait à Tibériade, et non à Tel Aviv. Gamliel avait déclaré aux autorités qu’elle s’était trouvée à son bureau de Jérusalem et à une réunion organisée à Petah Tikva, omettant de parler de son voyage dans cette ville du nord du pays.

Selon Haaretz, ce n’est que lundi que le ministère de la Santé a appris que la ministre s’était rendue à Tibériade. Les enquêteurs épidémiologiques ont alors appelé Gamliel une fois encore, qui a cité huit personnes avec lesquelles elle s’était trouvée en contact à la synagogue.

Des proches de la ministre ont affirmé que les fidèles portaient tous des masques et que la responsable avait logé dans un appartement familial de la ville, dont certaines zones ont été déclarées foyers de contagion. Ils ont également affirmé lundi que son mari était propriétaire de l’appartement où ils avaient séjourné et qu’ils étaient donc autorisés à y être en vertu des règles sanitaires.

Lundi soir, des dizaines de manifestants ont manifesté près du domicile de Gamliel à Tel Aviv, l’appelant à démissionner.

Des manifestants près de la maison de Gila Gamliel à Tel Aviv, le 6 octobre 2020. (Capture d’écran/Ynet)

Les critiques ont déclaré que la conduite de Gamliel en tant que membre du cabinet était incompatible avec les attentes que le public adhère aux restrictions de confinement.

Netanyahu a déclaré qu’il attendait que les enquêteurs découvrent le « tableau complet » avant de tirer des conclusions sur la conduite de Gamliel, une membre haut placée du Likud, son parti.

Israël a instauré un confinement national permanent qui, entre autres restrictions, exhorte les Israéliens à rester à moins d’un kilomètre de leur domicile, sauf pour le travail ou des besoins essentiels. Il est également interdit de se rendre au domicile d’autrui.

Gamliel n’est pas la première ministre infectée par le coronavirus suite à des violations apparentes des restrictions ordonnées par le gouvernement.

En avril, le ministre de la Santé de l’époque, Yaakov Litzman, a été diagnostiqué avec le COVID-19, apparemment après avoir assisté à des offices de prière qui, à l’époque, étaient interdits sous les ordres de son propre ministère lors du précédent confinement.

Lors du premier confinement au début de l’année, de nombreuses violations ont été signalées concernant des politiciens et leurs proches. Netanyahu et le président Reuven Rivlin ont notamment été concernés.

Le leader du parti Yesh Atid, le député Yair Lapid, a annoncé lundi que le député Mickey Levy démissionnera du Comité du coronavirus de la Knesset « d’un commun accord » après avoir violé les règles de confinement.

Et mardi, la chaîne publique Kan a fait savoir que Nadav Argaman, chef du service de sécurité interne du Shin Bet, avait violé les règles de confinement pendant les vacances de Souccot en accueillant des membres de sa famille qui ne vivaient pas dans son foyer.

Stuart Winer a contribué à cet article.

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