Gamzu dit envisageable une mutation israélienne qui défiera le vaccin
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Gamzu dit envisageable une mutation israélienne qui défiera le vaccin

L'ancien chargé de la lutte contre le coronavirus a déclaré que l'important nombre de cas, couplé à la rapidité de la vaccination, pourrait donner lieu à une "mutation de fuite"

Des techniciens médicaux dépistent des Israéliens au coronavirus sur un site de type-drive-in dans la ville de Tzfat, dans le nord du pays, le 1er février 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)
Des techniciens médicaux dépistent des Israéliens au coronavirus sur un site de type-drive-in dans la ville de Tzfat, dans le nord du pays, le 1er février 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Israël pourrait très bien assister à l’apparition d’une mutation qui viendrait défier le vaccin, a mis en garde l’ancien chargé de la lutte contre le coronavirus du pays, suggérant qu’une telle évolution ne serait « pas surprenante ».

S’exprimant alors que le variant britannique du virus devient de plus en plus dominant en Israël et représente maintenant la grande majorité des cas, le professeur Ronni Gamzu a déclaré qu’Israël pourrait assister à une « mutation de fuite ».

Il a été questionné lors d’un point de presse jeudi sur la possibilité de l’émergence d’un variant israélien, et a répondu : « Il ne sera pas surprenant de voir cela car Israël a, d’une part, un niveau relativement élevé d’incidence de coronavirus, de nouveaux cas, et un taux de transmission qui est encore élevé, alors que d’autre part nous avons un taux de vaccination élevé. »

« La conjonction de ces deux facteurs peut provoquer une pression dans la théorie de l’évolution pour une mutation de fuite », a-t-il dit, en utilisant une expression qui décrit un variant du virus qui défie la réponse immunitaire humaine générée par un vaccin.

« Cela pourrait être le cas. Nous nous penchons sur la question », a-t-il déclaré.

Une équipe de bénévoles portant une combinaison de protection aide un patient atteint de la COVID-19 à faire sa prière dans l’unité de coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek, à Jérusalem, le 27 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Gamzu a ajouté que « nous faisons de plus en plus de séquençage. Dans mon hôpital, chaque cas de coronavirus est séquencé pour rechercher le variant britannique, le variant sud-africain, le variant brésilien et d’autres enfants de mutation – non seulement dans la protéine de pointe [qui a été la source de la plupart des mutations] mais dans le virus entier ».

Alors que Gamzu, qui a coordonné la réponse israélienne à la COVID de juin à novembre et qui est maintenant de retour à son poste de directeur du centre médical Ichilov de Tel Aviv, a émis un signal d’alarme sur les mutations, il s’est montré optimiste sur la question de l’immunité collective.

De nombreux médecins sont sceptiques quant à la possibilité pour Israël d’atteindre une immunité collective complète dans un avenir proche, étant donné la forte transmissibilité de nouveaux variants et l’indisponibilité des vaccins pour la plupart des moins de 16 ans. Mais Gamzu estime que les personnes âgées peuvent encore bénéficier d’une sorte d’immunité collective.

Le responsable de la lutte contre le coronavirus Ronni Gamzu visite la municipalité de Jérusalem, le 13 octobre 2020. (Yonatan Sindel / Flash90)

« Même si vous n’atteignez pas l’immunité collective dans la population totale, vous atteignez une dynamique d’immunité collective une fois que vous couvrez le groupe d’âge à haut risque [par les vaccins] », a-t-il déclaré.

Sa logique repose sur le fait que la majorité des contacts sociaux ont lieu entre personnes d’âge similaire, et donc que la grande majorité des personnes âgées d’Israël sont maintenant vaccinées, ce qui donnera aux plus vulnérables de la société un degré de protection collective.

Gamzu a préconisé la reprise des voyages internationaux depuis et vers Israël dans un délai de deux semaines, et a exprimé son soutien à l’idée de passeports spéciaux pour les personnes vaccinées.

« Je crois qu’Israël devrait ouvrir le ciel, ouvrir les voyages, et le faire d’une manière sûre », a-t-il dit.

Le comptoir d’enregistrement de la compagnie nationale israélienne El Al à l’aéroport international Ben Gurion près de Tel Aviv, le 25 janvier 2021. (Emmanuel Dunand/AFP)

L’aéroport Ben Gurion a été largement fermé depuis le 25 janvier, dans le cadre d’une fermeture générale des frontières aériennes et terrestres d’Israël, destinée à empêcher l’arrivée de nouvelles souches de coronavirus. Mais Gamzu a déclaré qu’une combinaison de tests et de vaccins pouvait permettre de voyager en toute sécurité.

Alors que le gouvernement est actuellement non engagé sur l’idée d’un « passeport vert », avec son enthousiasme initial atténué par les variants, Gamzu a déclaré qu’un tel document pouvait ouvrir la voie à des voyages presque « de routine ».

Interrogé sur les projets de réouverture de larges pans de l’économie dimanche, Gamzu a déclaré qu’il pensait qu’Israël « pouvait prendre le risque » compte tenu des taux de vaccination élevés. Le taux de transmission, c’est-à-dire le nombre moyen de personnes infectées par chaque porteur de coronavirus confirmé, étant de 0,8, Gamzu a déclaré que ce chiffre était suffisamment bas pour gérer la pandémie.

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