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Gantz : la mémoire et le deuil sont « au cœur de l’expérience israélienne »

Faisant écho aux appels à l'unité lancés par d'autres dirigeants israéliens, le ministre appelle à mettre de côté les différends politiques car "les parents endeuillés le méritent"

Le ministre de la Défense Benny Gantz lit les noms des soldats tombés au combat au Mémorial des soldtas du cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, lors de la cérémonie de Yom Hazikaron le 4 mai 2022. (Crédit : Elad Malka/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz lit les noms des soldats tombés au combat au Mémorial des soldtas du cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, lors de la cérémonie de Yom Hazikaron le 4 mai 2022. (Crédit : Elad Malka/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a exhorté mercredi les dirigeants israéliens à accepter « avec amour » les reproches des familles des soldats tués en défendant le pays, alors que se tenaient les commémorations de Yom HaZikaron pour les soldats tombés au combat et les victimes du terrorisme.

« Pourquoi la mémoire nationale est-elle si importante ? », a demandé Gantz lors de l’événement qui s’est tenu dans la matinée au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem. « Il n’y a qu’une seule réponse : la vie. Nous nous souvenons de tous ces beaux moments avec ceux que nous avons chéris parce que c’est un moyen de les ramener à la vie. »

« Ce mouvement, entre la mort et la vie, fait aussi partie de notre histoire ici », a-t-il ajouté en indiquant les noms des soldats tombés au combat gravés sur les murs du Mémorial des soldats du cimetière.

« Ils sont notre histoire. »

Au cours de l’événement, des membres des forces de sécurité ont lu les noms des soldats tués en se battant pour Israël.

Gantz, un ancien chef d’état-major de Tsahal, a noté « le prix gigantesque » payé par Israël en termes de vies perdues, rappelant la mémoire des soldats tués sous son commandement.

« La mémoire et le deuil sont des sujets au cœur de l’expérience israélienne depuis la fondation de l’État jusqu’à aujourd’hui, et nous devons les préserver. La société israélienne mérite un élément qui sera respecté par tous tout au long de l’année et il est approprié qu’en ce jour, nous nous souvenions de tous ceux qui sont tombés … et que nous préservions notre unité et notre résilience sociétale », a-t-il déclaré.

Des soldats israéliens et des membres des familles de soldats morts au combat se rassemblent pour une cérémonie marquant Yom Hazikaron dans un cimetière militaire à Tel Aviv, le 4 mai 2022. (Crédit : Oded Balilty/AP)

Faisant écho aux thèmes de l’unité abordé dans d’autres discours de Yom HaZikaron, Gantz a appelé à mettre de côté les désaccords politiques lors de cette journée de commémoration et de deuil.

« Les parents endeuillés le méritent et il est de notre devoir de les soutenir de la manière qu’ils choisissent et d’accepter avec amour leurs critiques, car ce sont eux qui ont payé le prix de notre renaissance et de notre existence », a-t-il déclaré.

Le ministre de la Défense semblait faire référence à l’appel lancé par des dizaines de familles endeuillées pour que les ministres n’assistent pas aux cérémonies de Yom Hazikaron, accusant le gouvernement d’être soutenu par des « partisans du terrorisme » en raison de l’inclusion dans la coalition du parti islamiste Raam – une critique fréquente de la droite. Le leader de Raam a dénoncé à plusieurs reprises le terrorisme et a souligné qu’il s’était entretenu avec l’ancien Premier ministre Netanyahu avant de rejoindre la coalition actuelle.

Séparément, le chef de la police israélienne, Yaakov Shabtai, a évoqué les 1 546 officiers et volontaires tués en service.

« Yom Hazikaron est un douloureux rappel que depuis la fondation du pays, les agents de la police israélienne sont en première ligne des combats », a-t-il déclaré dans une déclaration vidéo adressée aux familles endeuillées. « Nous continuerons à faire partie intégrante de vos vies ».

Lors d’un discours prononcé pour Yom HaZikaron au Shin Bet, le chef de l’agence de sécurité, Ronen Bar, a semblé s’en prendre à l’un des critiques de la réponse du gouvernement au terrorisme.

Le mois dernier, le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir a publié une déclaration dans laquelle il s’en prenait à Ronen Bar, l’accusant d’être responsable de plusieurs « échecs » qui auraient conduit à la série d’attaques terroristes et aux tensions à Jérusalem et à Gaza.

« Notre pouvoir a toujours été dans notre unité. En ce jour où nous nous rassemblons tous, nous devons plus que jamais nous souvenir du danger des divisions, des discours violents et des incitations à la haine qui peuvent nous conduire à un abîme dangereux », a déclaré Bar.

« Les membres de cette organisation ne parleront pas et ne tweeteront pas. Ils seront un bouclier et ne seront pas vus », a-t-il ajouté dans un clin d’œil apparent à Ben Gvir.

À 11 heures, les sirènes ont retenti dans tout le pays, immobilisant le pays pour deux minutes de silence à la mémoire des 24 068 militaires tombés au combat et des milliers d’autres victimes du terrorisme tuées en Israël et dans son précurseur pré-étatique au cours du dernier siècle et demi.

Parallèlement aux commémorations officielles, les familles endeuillées, les amis et d’autres personnes se rassembleront dans les cimetières à travers le pays pour se souvenir de ceux qui ont perdu leur vie à force de discours, de poèmes, de bougies, de couronnes de fleurs et de larmes, en ce jour de manifestation annuelle de deuil considérée comme un prélude indispensable aux célébrations du Jour de l’Indépendance prévues mercredi soir et jeudi.

Cinquante-six soldats sont morts pendant leur service militaire depuis le dernier Yom Hazikaron. Quatre-vingt-quatre autres anciens combattants handicapés sont décédés à la suite de complications liées à des blessures subies pendant leur service.

La principale cérémonie nationale a débuté immédiatement après la sirène au Mont Herzl, avec le Premier ministre Naftali Bennett et le Président Isaac Herzog qui devaient prononcer des discours.

Tous deux participeront également à une autre cérémonie au Mont Herzl à 13 heures, en mémoire des victimes du terrorisme.

Trente-trois noms ont été ajoutés à la liste des victimes du terrorisme qui ont péri dans des attentats l’année dernière. Quatre autres victimes handicapées sont décédées à la suite de complications liées à des blessures graves subies lors d’attentats, ce qui porte le total à 3 199 depuis la création d’Israël en 1948.

Depuis les « premiers jours du sionisme » en 1851, le nombre total de victimes du terrorisme s’élève à 4 216, selon le National Insurance Institute d’Israël.

Yom Hazikaron, institué en 1951 par le premier ministre et ministre de la Défense de l’époque, David Ben-Gurion, a été fixé au 4 d’Iyar du calendrier juif, la veille de Yom HaAtsmaout.

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