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Gantz: la prochaine guerre contre le Liban sera « puissante » et « rigoureuse »

Le Hezbollah paiera, si nécessaire, le "prix lourd", dit le ministre de la Défense lors d'un événement marquant le 40e anniversaire de la première guerre du Liban

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une cérémonie marquant le 40e anniversaire de la Première guerre du Liban à Kiryat Shmona , dans le nord du pays, le 22 juin 2022.  (Crédit : Ariel Hermoni/Defense Ministry)
Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une cérémonie marquant le 40e anniversaire de la Première guerre du Liban à Kiryat Shmona , dans le nord du pays, le 22 juin 2022. (Crédit : Ariel Hermoni/Defense Ministry)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a averti, mercredi, que si Israël devait être « dans l’obligation » de lancer une opération militaire au Liban, cette dernière serait « puissante » et « rigoureuse ».

S’exprimant lors d’une cérémonie organisée pour marquer le quarantième anniversaire de la Première guerre du Liban – connue aussi sous le nom d’Opération Paix en Galilée -, un événement organisé à Kiryat Shmona, dans le nord du pays, Gantz a indiqué que le groupe terroriste du Hezbollah, qui est soutenu par l’Iran, devrait payer « le prix lourd ».

« Si nous nous trouvons dans l’obligation de mener une opération au Liban, elle sera puissante et elle sera rigoureuse. Les groupes mandataires de l’Iran, le Hezbollah et l’État libanais devront en payer le prix lourd », a-t-il déclaré. « Nous sommes prêts à nous battre et, si nécessaire, nous marcherons une nouvelle fois vers Beyrouth, vers Sidon, vers Tyr, partout où la situation l’exigera. »

« Nous ne voulons pas de guerre et nous sommes prêts à aller très loin sur le chemin de la paix, pour trouver une solution au conflit sur les frontières maritimes qui nous oppose au Liban, un conflit que nous devons résoudre rapidement et de manière équitable », a-t-il ajouté, évoquant la querelle portant sur le champ gazier de Karish.

« Face à la menace qui pèse sur les citoyens d’Israël, aucune infrastructure utilisée pour nous porter préjudice ne sera épargnée, » a averti Gantz, qui a ajouté que « notre conflit n’est pas avec les citoyens du Liban, auxquels nous avons tendu la main à de nombreuses reprises et encore l’année dernière ».

« Il y a des chemins qui doivent être suivis, l’autre partie devrait avoir le courage de commencer, elle aussi, à emprunter cette voie », a-t-il continué.

S’exprimant lors du même événement, le chef d’état-major Aviv Kohavi a indiqué que « lors de la prochaine guerre, l’envergure des attaques, au Liban, sera sans précédent ». Kohavi avait tenu des propos similaires au cours d’une conférence portant sur l’état de préparation du pays face à une situation d’urgence majeure, la semaine dernière.

Les tensions avec le Liban ont été fortes, récemment, après des menaces proférées par le leader du Hezbollah à l’encontre d’Israël en raison du projet de l’État juif d’extraire du gaz se trouvant dans une réserve offshore disputée. Le groupe terroriste, avait dit Hassan Nasrallah, était capable d’empêcher Israël de mener ce projet à bien, y-compris en utilisant la force.

Israël et le Liban sont actuellement en lutte concernant les droits d’exploitation du champ gazier Karish qui, selon le gouvernement de l’État juif, se trouve dans sa zone économique exclusive telle qu’elle est reconnue par l’ONU – le Liban disant, de son côté, qu’il se trouve dans les eaux actuellement disputées.

Les discussions sur le champ de gaz sont en suspens depuis l’année dernière après être tombées dans l’impasse, les deux parties campant sur leurs positions. Mais Beyrouth a demandé, au début du mois, le retour de l’envoyé américain chargé de l’énergie, Amos Hochstein, après l’installation par Israël d’une plateforme d’exploitation de gaz naturel dans le champ de Karish.

L’arrivée de cette dernière, qui est exploitée par l’entreprise Energean, dont le siège est à Londres, a entraîné la colère du Liban.

L’État juif a déclaré « être prêt à défendre » la structure. L’armée israélienne a déployé des forces navales dans le secteur, et notamment une batterie antimissile du Dôme de fer développée spécialement pour les opérations maritimes, selon la chaîne Kan.

Illustration : Energean en opération dans le champ pétrolier de Karish, au large d’Israël, en 2020. (Crédit : Capture d’écran sur YouTube)

Mercredi également, pendant une réunion rassemblant des officiers de l’armée israélienne et une délégation du Commandement central américain (CENTCOM), des plans d’action conjoints dans le cadre d’une guerre sur de multiples fronts ont été discutés et simulés.

« Les mécanismes de coordination opérationnelle entre les armées et les points principaux en termes de coopération opérationnelle, de coopération technologique et en matière de renseignement ont été réexaminés », a indiqué l’armée israélienne, qui s’est référée aux discussions en évoquant « des jeux de guerre ».

Selon le quotidien Haaretz, les discussions se sont concentrées sur le scénario d’une guerre au Liban, mais la question d’une implication américaine directe dans des frappes israéliennes contre le Hezbollah n’a pas été abordée.

Le CENTCOM a officiellement pris la responsabilité de la relation militaire entre les États-Unis et Israël au mois de septembre de l’année dernière. Jusqu’alors, l’État juif relevait de la responsabilité du Commandement européen (EUCOM) afin de prévenir des tensions possibles entre le CENTCOM et les nations arabes et musulmanes relevant de ses compétences, dont un grand nombre n’entretenait pas de relations formelles avec Israël et ne souhaitait pas, en conséquence, être considérées comme des alliées.

Ces dernières années, les alliés arabes du CENTCOM ont cependant développé des relations avec l’État juif, des liens officieux pour certains, et le problème a donc largement disparu.

Au début du mois, l’armée a organisé un exercice militaire majeur à Chypre, simulant une offensive terrestre dans les profondeurs du Liban au cours d’un conflit potentiel contre le Hezbollah.

Cela fait longtemps que le groupe terroriste est l’adversaire le plus significatif de l’État juif, avec un arsenal estimé à presque 150 000 roquettes et missiles susceptibles d’atteindre n’importe quel secteur en Israël.

Une semaine auparavant, le Commandement intérieur de l’armée israélienne avait pratiqué une simulation concernant des bombardements de villes israéliennes au rythme de 1 500 roquettes par jour, avec en résultat 80 sites lourdement endommagés et environ 300 victimes dans le cadre d’une flambée des violences avec le Hezbollah qui durerait plusieurs jours.

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