Gantz limoge les deux députés de Derech Eretz
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Gantz limoge les deux députés de Derech Eretz

Le chef de Kakhol lavan sera ministre des Communications à la place de Hendel et il veut la démission de Hauser, chef de commission, après le ralliement des deux hommes à Saar

Les députés Kakhol lavan Yoaz Hendel (à gauche) et Zvi Hauser le 29 avril 2019, avant l'ouverture de la session de la Knesset après les élections. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Les députés Kakhol lavan Yoaz Hendel (à gauche) et Zvi Hauser le 29 avril 2019, avant l'ouverture de la session de la Knesset après les élections. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz (Kakhol lavan) a annoncé lundi qu’il allait renvoyer les députés de la faction Derech Eretz, Zvi Hauser et Yoaz Hendel, de leurs postes au gouvernement. Ces derniers ont récemment annoncé qu’ils rejoindraient le nouveau parti de Gideon Saar et qu’ils présenteraient rapidement leur démission si de nouvelles élections sont évitées.

« Hauser et Hendel ont choisi leur nouveau foyer politique et la période où ils ont occupé des fonctions au nom de Kakhol lavan touche donc à sa fin », a fait savoir Gantz dans une déclaration.

Le limogeage de Hendel, qui était ministre des Communications, a été effectif immédiatement. Le départ de Hauser de la présidence de la commission des Affaires étrangères et de la Défense prendra un peu plus de temps, car il nécessite un vote à la Knesset et la désignation d’un remplaçant.

Le bureau de Gantz a fait savoir que ce dernier prendrait en charge le portefeuille des Communications.

Hauser et Hendel n’ont pas encore fait part d’une éventuelle réaction.

Yoaz Hendel (G) et Benny Gantz (D) à la Knesset, le 13 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/ Flash90)

« Après l’annonce faite par Hendel et Hauser de leur décision de rejoindre Saar, ils ont discuté avec Gantz qui leur a permis de choisir la date de leur démission mais, depuis, ils ont posé des conditions. Mais Gantz a le droit de choisir ses partenaires », a commenté Eitan Ginsburg, parlementaire Kakhol lavan, au micro de la radio public Kan.

Initialement, Hendel et Hauser avaient intégré la faction Telem de Moshe Yaalon au sein de Kakhol lavan. Quand l’alliance s’était rompue – Benny Gantz rejoignant le bloc de coalition et Yaalon et Yair Lapid, pour leur part, ralliant l’opposition – les deux législateurs avaient quitté Telem et formé Derech Eretz, entrant au gouvernement aux côtés de Gantz.

La semaine dernière, les deux hommes avaient annoncé qu’ils prévoyaient de se présenter sous l’étiquette du parti de Saar aux prochaines élections, après que l’adversaire principal du Premier ministre Benjamin Netanyahu au sein du Likud a fait scission de sa formation initiale pour fonder la sienne, affirmant vouloir remplacer le chef du gouvernement.

Le député Gideon Saar annonce qu’il quitte le Likud pour former son propre parti « Tikva Hadasha », dans un communiqué télévisé du 8 décembre 2020. (Capture d’écran : Facebook)

Saar avait alors démissionné de la Knesset, disant que c’était la seule chose à faire dans la mesure où il avait été élu pour représenter le Likud.

Lundi matin, Hauser et Hendel ont indiqué vouloir démissionner de leurs fonctions gouvernementales – conservant néanmoins leur siège au Parlement – dans le cas peu probable où la Knesset ne serait pas dissoute dans les jours à venir.

« Nous n’accepterons pas de compromis supplémentaire », ont noté les deux hommes dans un communiqué en se référant à un accord précédent – proposé par Hauser – qui avait permis de reporter l’échéance de l’adoption d’un budget israélien du mois d’août au mois de décembre. « Nous soutenons la dissolution de la Knesset et un retour devant les électeurs pour remplacer Netanyahu. Si la coalition décide d’un nouveau report de l’adoption d’un budget, alors nous démissionnerons de nos fonctions ».

Cette déclaration a été faite après que des informations ont laissé entendre que la première lecture en séance plénière de la Knesset d’un projet de loi prévoyant de dissoudre le gouvernement et d’organiser des élections anticipées pourrait être reportée à la semaine prochaine, entraînant la colère de Kakhol lavan, à l’origine de ce texte.

L’initiative prise par le président de la Knesset, Yariv Levin, un membre du Likud, ne vise pas à empêcher la dissolution du Parlement. Même sans ce projet de loi, la Knesset devrait être dissoute, à la fin du mois, en raison d’une impasse dans l’approbation du budget de l’Etat, qui est mis en suspens par le Likud depuis longtemps. De plus, Netanyahu prévoirait, selon de nombreux observateurs, de dissoudre le gouvernement, quoi qu’il arrive, avant l’adoption du budget 2021 au mois de mars pour pouvoir éviter un scénario qui prévoit son remplacement par Gantz au poste de Premier ministre, comme le stipule l’accord de coalition signé entre les deux hommes.

L’initiative prise par Levin semble avoir pour objectif de déjouer plusieurs clauses qui ont été inclues dans la législation avancée par Kakhol lavan, qui réunit la majorité par la Knesset et qui a d’ores et déjà franchi le stade de la lecture préliminaire. Elle a par ailleurs été approuvée par la commission de la Knesset. Elle devra passer trois votes en plénière avant d’être inscrite dans la loi.

Kakhol lavan demande à ce qu’un budget d’Etat soit adopté couvrant l’année 2020 et l’année 2021 – comme le stipule l’accord de coalition – pour forcer Netanyahu à honorer la clause qui précise que Gantz lui succèdera au poste de Premier ministre. Si le Likud continue à résister d’ici le 23 décembre, des élections seront automatiquement décidées. Elles devraient avoir lieu trois mois plus tard.

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