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Gantz : Une attaque du Hezbollah contre Karish pourrait déclencher une guerre

Le ministre de la Défense a déclaré qu'Israël était prêt à toute action intentée contre le champ gazier offshore, ainsi que "prêt à conclure un accord" avec Beyrouth

Plate-forme flottante de production et de stockage (FPSO) d'Energean sur le champ gazier de Karish, en mer Méditerranée. (Crédit : Energean)
Plate-forme flottante de production et de stockage (FPSO) d'Energean sur le champ gazier de Karish, en mer Méditerranée. (Crédit : Energean)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a averti lundi le Hezbollah libanais que toute attaque contre ses actifs gaziers pourrait déclencher une guerre, après que le groupe terroriste a menacé de « couper » les mains d’Israël s’il exploitait le champ offshore contesté.

Cet avertissement est intervenu dans le cadre de longues négociations entre les voisins de la Méditerranée orientale, officiellement toujours en état de guerre, par l’intermédiaire de Washington pour régler leur différend frontalier et lever les obstacles à la prospection d’hydrocarbures.

Les tensions sont montées en flèche en juin lorsqu’une nouvelle plate-forme gazière est arrivée près du champ gazier offshore de Karish, qui, selon le Liban, se trouve dans les eaux contestées. Le mois dernier, l’armée israélienne a abattu quatre drones non armés du Hezbollah qui se dirigeaient vers Karish.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré le 9 août que « la main qui touchera à [leurs] richesses sera coupée » et, au cours du week-end, il a mis en garde contre une « escalade » si les demandes du Liban n’étaient pas satisfaites dans le cadre des négociations maritimes menées sous l’égide des États-Unis.

Interrogé sur le fait de savoir si une attaque du Hezbollah contre un gisement de gaz israélien pourrait conduire à une guerre, Gantz a déclaré à la station de radio 103FM que « oui, cela pourrait déclencher une réaction, conduisant à plusieurs jours de combats et à une opération militaire ».

« Nous sommes forts et préparés à ce scénario, mais nous ne le souhaitons pas. »

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’exprimant lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, le 14 août 2022. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

« Le gouvernement israélien a dit clairement que le gisement de Karish était situé au sud de la zone disputée, il n’y a pas débat à ce sujet. Et le gisement produira (du gaz naturel) lorsqu’il sera prêt à produire », a déclaré le ministre de la Défense.

« L’État d’Israël est à la fois prêt à protéger ses actifs et prêt à conclure un accord avec le gouvernement libanais, via la médiation américaine, sur le gisement de Sidon », a-t-il déclaré, en référence à un autre champ gazier connu au Liban sous le nom de Cana.

« À l’avenir, il y aura deux plateformes gazières. Une de notre côté, l’autre du leur. Et j’espère que nous n’aurons pas à passer par une nouvelle série de confrontations. »

La dernière guerre entre Israël et le Hezbollah remonte à 2006 et Jérusalem et Beyrouth restent officiellement en guerre, les casques bleus de l’ONU patrouillant la frontière terrestre.

Les négociations sur la frontière maritime ont repris en 2020, les pourparlers ayant piétiné avant d’être relancés en juin.

Les discussions initiales ont porté sur une zone contestée de 860 km2, conformément aux revendications du Liban enregistrées auprès de l’ONU en 2011.

Mais en 2020, Beyrouth a exigé une zone supplémentaire de 1 430 km2 plus au sud, ce qui inclut une partie du champ de Karish qu’Israël déclare être dans sa zone économique exclusive reconnue par l’ONU.

Des partisans du Hezbollah assistant à un discours télévisé du chef du groupe terroriste libanais, Hassan Nasrallah, lors d’une cérémonie d’ouverture d’un site de « tourisme djihadiste », dans un camp autrefois géré par le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran au Liban pour former les combattants du Hezbollah, dans la région de Janta, dans l’est du pays, le 19 août 2022. (Crédit : AFP)

L’avertissement de Gantz est intervenu après qu’un reportage de la télévision israélienne a indiqué dimanche soir que les forces de sécurité étaient en état d’alerte élevé près de la frontière nord, par crainte que le Hezbollah ne tente de lancer une attaque afin de saboter les négociations.

Les responsables de la défense israélienne craignent que Nasrallah ne cherche à provoquer Israël une fois de plus dans l’espoir de pouvoir se prévaloir de toute concession israélienne qui serait faite avant la signature d’un accord, a rapporté la Douzième chaîne, sans citer de source. Le reportage indique que les deux parties sont proches de la signature d’un pacte.

Amos Hochstein, médiateur du Département d’État américain dans le conflit maritime entre Israël et le Liban, a déclaré au début du mois qu’il restait « optimiste » concernant la possibilité de parvenir à un accord délimitant les frontières maritimes entre les deux pays, ce qui permettrait de lever les obstacles à la prospection d’hydrocarbures.

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