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Gaz: le président iranien à Doha, première visite chez ses voisins du Golfe

Ebrahim Raïssi est arrivé lundi à Doha pour participer à une réunion de pays exportateurs de gaz avec la volonté de resserrer les liens politiques et économiques avec ses voisins

Le président iranien Ebrahim Rasisi, à gauche, écoute l'émir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani, à Doha, au Qatar, le 21 février 2022. (Crédit :  (Crédit : Présidence iranienne via AP)
Le président iranien Ebrahim Rasisi, à gauche, écoute l'émir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani, à Doha, au Qatar, le 21 février 2022. (Crédit : (Crédit : Présidence iranienne via AP)

Le président iranien Ebrahim Raïssi est arrivé lundi à Doha pour participer à une réunion de pays exportateurs de gaz, avec la volonté de resserrer les liens politiques et économiques avec ses voisins, en pleine envolée des prix du gaz sur fond de crise russo-orientale.

Avec ce déplacement, M. Raïssi effectue sa première visite dans un pays du Golfe depuis sa prise de fonction l’été dernier.

Il a rencontré lundi l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, à la veille d’un sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) qui réunit 11 pays dont le Qatar, l’Iran, l’Algérie et la Russie.

Le Qatar, qui a des intérêts convergents avec l’Iran dans le secteur du gaz et est un proche allié des Etats-Unis, a également soutenu les pourparlers à Vienne pour sauver l’accord sur le programme nucléaire de Téhéran.

Des négociations sur le nucléaire iranien ont repris fin novembre à Vienne après une longue pause, avec pour objectif de faire revenir les Etats-Unis dans le giron de l’accord de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, intention qu’a toujours niée la République islamique.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a estimé lundi à Téhéran que « les pourparlers ont fait des progrès significatifs ».

« Le nombre de sujets (à discuter) a été considérablement réduit. Mais les problèmes restants (sont) les plus difficiles, les plus importants et les plus sérieux qui doivent être résolus », a ajouté Saïd Khatibzadeh au cours d’une conférence de presse.

« Nous attendons toujours les décisions que l’Europe et les Etats-Unis doivent prendre, et nous n’avons pas encore vu cette volonté chez eux », a-t-il poursuivi.

Dans ce dossier sensible, le Qatar joue un rôle de médiateur en coulisses.

Le ministre qatari des Affaires étrangères, Cheikh Mohammad ben Abdelrahmane Al-Thani, s’est ainsi rendu à Téhéran en février pour une visite surprise après une rencontre entre l’émir et le président Jo Biden à Washington.

Selon le gouvernement qatari, les deux hommes vont évoquer à Doha des sujets « d’intérêts communs », sans autre détails. Des diplomates ont indiqué que les discussions sur le nucléaire seraient à leur agenda.

La rencontre entre les onze membres du FPEG intervient dans un contexte de tension extrême entre les Occidentaux et la Russie, suscitant des craintes de rupture d’approvisionnement en gaz et provoquant une envolée des prix.

Les deux dirigeants ont signé lundi des accords et des protocoles d’accords économiques, selon les médias iraniens.

Le président iranien Ebrahim Raissi, au centre, est accueilli par l’émir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani, au centre, à droite, à son arrivée à Doha, au Qatar, le 21 février 2022. (Crédit : Présidence iranienne via AP)

« Diplomatie de voisinage »

Avant son départ, M. Raissi a souligné, auprès des médias iraniens, l’importance de ce déplacement pour « l’activation d’une diplomatie de voisinage » et le développement « des relations politiques et économiques ».

Il a insisté sur « la coopération des deux pays dans le domaine de l’énergie » en souhaitant une amélioration de « la communication » dans ce domaine et celui de l’économie.

Mardi, le sommet réunira outre l’émir du Qatar et le président iranien, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, arrivé lundi à Doha, et Keith Royley, le Premier ministre de Trinité-et-Tobago, ainsi que des ministres des Affaires étrangères ou de l’Energie des Etats membres du Forum.

Les 11 pays membres du FPEG -Qatar, Russie, Iran, Algérie, Bolivie, Egypte, Guinée équatoriale, Libye, Nigeria, Trinité-et-Tobago et Venezuela- et ses sept pays associés représentent 70% des réserves prouvées de gaz et 51% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié.

Les ministres présents à Doha doivent se réunir lundi dans l’après-midi pour se mettre d’accord sur un communiqué commun qui pourrait, selon des experts, porter sur le manque de réserves de gaz pour approvisionner l’Europe, confrontée à une flambée des prix.

Le Qatar et d’autres pays producteurs ont insisté sur la nécessité de pouvoir miser sur des contrats à long terme pour procéder aux investissements massifs exigés pour garantir la fourniture de gaz à l’Europe.

Les Etats-Unis ont appelé le Qatar à apporter son aide à l’Europe en cas de problèmes d’approvisionnement par la Russie en raison de la crise avec l’Ukraine.

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