Gaza et la Cisjordanie brièvement inclus dans le nom Twitter de l’ambassade US
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Gaza et la Cisjordanie brièvement inclus dans le nom Twitter de l’ambassade US

Ce changement, survenu au moment où David Friedman quittait son poste, a rapidement été annulé et ne représentait pas de changement politique

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le compte Twitter de l'ambassade des États-Unis en Israël inclut brièvement la Cisjordanie et Gaza dans son titre, le 20 janvier 2020. (Capture d'écran/Twitter)
Le compte Twitter de l'ambassade des États-Unis en Israël inclut brièvement la Cisjordanie et Gaza dans son titre, le 20 janvier 2020. (Capture d'écran/Twitter)

L’ambassade américaine en Israël a brièvement changé le nom de son compte Twitter pour y inclure la Cisjordanie et la bande de Gaza, ce qui a immédiatement déclenché un tollé sur le réseau social, de nombreux internautes se demandant si cette modification reflétait un changement de politique, au premier jour du mandat du président Joe Biden.

Le nom du compte @USAmbIsrael est devenu « US Ambassador to Israel, the West Bank and Gaza » vers midi à Washington, au moment où Biden est officiellement devenu président et où David Friedmann, nommé par Trump, a quitté ses fonctions d’ambassadeur américain en Israël.

Peu de temps après, le compte est redevenu celui de « US Ambassador to Israel » et un porte-parole de l’ambassade a déclaré au Times of Israël que ce changement « ne reflétait pas un changement de politique ni une indication d’un futur changement de politique ».

Mais avant que le nom du compte ne reprenne sa forme initiale, le changement avait été remarqué et a fait l’objet de spéculations dans la presse israélienne.

Durant le mandat de Friedman, la mission américaine a été transférée de Tel Aviv à Jérusalem. En mars 2019, le consulat américain à Jérusalem-Est, au service des habitants de la Cisjordanie et de Gaza, a été fermé et intégré à l’ambassade de Jérusalem, qui était sous la juridiction de Friedman, ce qui faisait donc de lui l’ambassadeur des trois territoires.

Friedman, un allié de longue date du mouvement des implantations qui n’a jamais eu de relations significatives avec l’Autorité palestinienne, ne se définissait pas comme « ambassadeur en Israël, en Cisjordanie et à Gaza », bien que son autorité se soit effectivement étendue à ces trois zones une fois le consulat de Jérusalem-Est fermé.

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman dédie la cour de l’ambassade américaine à Jared Kushner, le 21 décembre 2020. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

Les détracteurs de Biden, comme le sénateur républicain Rick Scott de Floride, ont rapidement accusé la nouvelle administration de faire preuve « d’hostilité envers Israël. »

« Il n’y a pas de pays Cisjordanie ou Gaza, seulement des territoires sur lesquels Israël est prêt depuis des décennies à négocier la souveraineté, mais ne recevant en retour que de l’hostilité et du terrorisme », a-t-il tweeté.

D’autres commentateurs de droite et pro-implantations ont affirmé que le changement de nom représentait un changement de politique américaine.

Trump, avec l’aide de Friedman, a pris un certain nombre de mesures pour normaliser la présence d’Israël en Cisjordanie. L’administration Trump a cessé de critiquer la construction d’implantations israéliennes, a dévoilé un plan de paix qui envisageait l’annexion par Israël de toutes ses implantations, a révoqué un avis juridique les jugeant illégales, a lancé une politique exigeant que toutes les exportations américaines en provenance des implantations soient étiquetées comme « Made in Israel » et a étendu la coopération bilatérale scientifique aux implantations.

Toutefois, il n’est pas allé jusqu’à reconnaître officiellement la souveraineté israélienne en Cisjordanie ni à donner sa bénédiction à l’annexion des implantations.

Le bref changement de nom a également suscité la colère de certains Palestiniens, qui ne veulent pas que la Cisjordanie et Gaza soient placées sous les mêmes auspices qu’Israël.

« Avons-nous été réduits à la Cisjordanie et à Gaza ? Pas même la courtoisie des Territoires palestiniens occupés, conformément au droit international ? », a tweeté Salem Barahmeh, directeur exécutif du Palestine Institute for Public Diplomacy. « Honte à nous si nous attendons plus de cette administration. Honte à nous si nous laissons notre projet national en arriver à ce point. »

Moins de deux heures après la première modification, le compte de l’ambassade a supprimé la Cisjordanie et Gaza de son nom. La bio du compte précise toujours que l’Unité pour les affaires palestiniennes relève de sa compétence.

Biden a déclaré son intention de relancer les relations avec l’Autorité palestinienne, que Ramallah a rompues après que Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, mais le changement de nom de mercredi semble plutôt résulter de l’erreur d’un membre du personnel de l’ambassade que d’une action représentative d’un changement de politique au premier jour de la nouvelle présidence.

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