GB : Agissez sur l’antisémitisme croissant, disent les étudiants juifs aux universités
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GB : Agissez sur l’antisémitisme croissant, disent les étudiants juifs aux universités

Une recrudescence d’incidents antisémites a été enregistrée avec l’apparition de croix gammées sur les campus ou des prospectus saluant le négationnisme

L'université d'Oxford. Illustration. (Crédit : Shutterstock)
L'université d'Oxford. Illustration. (Crédit : Shutterstock)

Des étudiants juifs et des universitaires du Royaume Uni s’inquiètent de plus en plus de l’antisémitisme croissant sur les campus des universités britanniques et appellent les administrations responsables à lutter davantage contre cette tendance croissante.

Selon un reportage paru samedi dans le Guardian, ces inquiétudes ont été suscitées par une recrudescence d’incidents antisémites dans les universités britanniques.

Plus récemment, une croix gammée a été découverte gravée dans une porte et une pancarte sur laquelle était écrit « des droits pour les blancs » a été accrochée à l’entrée d’une chambre à coucher au début de la semaine à l’Université d’Exeter.

Parmi les autres incidents récents, l’apparition de flyers saluant le négationniste David Irvin et des croix gammées dessinées sur le campus, au début du mois, de l’Université de Cambridge.

La CST (Community for Security Trust), observatoire britannique de l’antisémitisme, a déclaré dans son rapport annuel le plus récent qu’il comptait 41 cas d’incidents antisémites en 2016 – le double de 2015 où ce chiffre s’élevait à 21 – preuve que l’antisémitisme sur les campus augmente en effet rapidement.

La Baronne juive Ruth Deech, membre de la Chambre des Lords et toute première juge indépendante chargée de gérer les plaintes émanant d’étudiants de l’enseignement supérieur, a appelé les universités à se « dresser et à condamner » l’antisémitisme dans les campus.

Elle a expliqué au Guardian qu’elle voit des parallèles entre la situation actuelle et les attaques dont ses parents avaient fait l’objet en raison de leur judaïsme lorsqu’ils se trouvaient à l’université avant l’Holocauste.

La baronne Ruth Deech. (Crédit : John Cairns)
La baronne Ruth Deech. (Crédit : John Cairns)

« Dans les années 1920 et 1930, la discrimination contre les Juifs a commencé dans les universités en Allemagne, en Autriche et en Pologne bien avant la Seconde Guerre mondiale », a expliqué Deech, tout en ajoutant que “les attaques dans les universités aujourd’hui peuvent être considérées comme l’entrée du loup dans la bergerie. Cela commence là et cela se propage ».

Dans une interview accordée au mois de décémbre au Telegraph, Deech a souligné les importantes sommes reçues par de nombreuses universités britanniques de pays comme l’Arabie Saoudite, qui peuvent être une raison possible du manque d’action des administrations des campus dans la lutte contre l’antisémitisme, spéculant que peut-être, ces dernières « craignent d’offenser » les donateurs potentiels des états du Golfe.

Tandis qu’une grande part de l’attention s’est concentrée ces dernières années sur l’antisémitisme émanant de l’extrême gauche, notamment en résultat des déclarations controversées faites par des politiciens issus du parti Travailliste, David Feldman, directeur du Pears Institute consacré à l’étude de l’antisémitisme à Birkbeck, à l’université de Londres, a clamé que les affaires d’antisémitisme les plus récentes semblaient émaner des mouvements d’extrême-droite.

« Mon impression, c’est que l’origine de ces incidents est à chercher ailleurs que dans le contexte des critiques d‘Israël. Cet antisémitisme est direct et il provident de l’extrême droite », a-t-il dit.

LA présidentE du syndicat national des étudiants Malia Bouattia partage le même point de vue.

Il a déclaré au Guardian que cette hausse est attribuable au Brexit et à l’élection du président américain Donald Trump, qui ont été tous deux soutenus par les fractions antisémites issues de l’extrême-droite.

Malia Bouattia, nouvelle présidente de l'Union nationale des étudiants du Royaume-Uni, parle des "médias dirigés par des sionistes" et de la lutte armée palestinienne, en septembre 2014. (Crédit : Facebook officiel)
Malia Bouattia, nouvelle présidente de l’Union nationale des étudiants du Royaume-Uni, parle des « médias dirigés par des sionistes » et de la lutte armée palestinienne, en septembre 2014. (Crédit : Facebook officiel)

Josh Nagli, directeur des campagnes du syndicat national des Etudiants, a indiqué au Guardian que tandis qu’il ne considère pas que la hausse récente de l’antisémitisme puisse justifier de graves inquiétudes, la multiplication des incidents sur différents campus suggère un niveau de coordination.

Alors que les statistiques « suggèrent que les incidents antisémites rapportés dans les universités restent faibles », Universities UK, organisation représentant l’ensemble des facultés au Royaume Uni, a fait savoir au Guardian que « même un seul incident est de trop ».

Universities UK a appelé les étudiants à être vigilants lorsqu’ils rapportent des cas d’antisémitisme.

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