GB : le Jewish Voice for Labour veut s’affranchir d’Israël
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GB : le Jewish Voice for Labour veut s’affranchir d’Israël

Pour casser le mythe de l’antisémitisme au sein du Labour, le JVL veut briser le "monopole" du sionisme, au grand ravissement des partisans du BDS

Des photos de la conférence du Jewish Voice for Labour (JVL) en 2017 :  Ken McCluskey, secrétaire général d'UNITE; Jenny Manson, présidente du JVL, présente le réalisateur  Ken Loach; Leah Lavane évoque son district de  Hastings and Rye . (Crédit : capture d'écran / YouTube)
Des photos de la conférence du Jewish Voice for Labour (JVL) en 2017 : Ken McCluskey, secrétaire général d'UNITE; Jenny Manson, présidente du JVL, présente le réalisateur Ken Loach; Leah Lavane évoque son district de Hastings and Rye . (Crédit : capture d'écran / YouTube)

Cet article a été rédigé en décembre 2017.

LONDRES – En décembre 1917, alors que la Première Guerre mondiale entamait sa dernière année, le jeune parti travailliste britannique et les fondateurs de son syndicat ont organisé une conférence pour présenter leur vision de l’avenir.

Parmi les mesures approuvées par les 700 délégués dans le War Aims Memorandum, figurait un appel à ce que la Palestine « soit libérée du gouvernement turc, dur et oppressif, afin que le pays puisse devenir un Etat libre, sous garantie internationale, vers lequel le peuple juif pourra retourner ».

C’était, comme l’a récemment expliqué le Dr Ronnie Fraser, directeur de l’Academic Friends of Israel, un moment charnière dans la relation entre le Labour et les juifs britanniques, suscitant « l’enthousiasme pour le sionisme » du parti. C’est à cette période que s’est consolidée l’alliance entre le Labour et les Poalé Zion, un mouvement ouvrier juif fondé en Europe de l’Est au début du 20e siècle, qui prônait la fusion entre le socialisme et le sionisme.

Un an après, à la veille des élections générales de 1918, les Poalé Zion, qui avaient établi leurs premières succursales au Royaume-Uni en 1903, ont appelé les électeurs juifs à soutenir le Labour. Deux ans plus tard, le groupe s’est officiellement rallié au parti travailliste.

Au fil du siècle dernier, le groupe Poalé Zion, rebaptisé Jewish Labour Mouvement (JLM) en 2004, a représenté les juifs au sein du Labour. Son soutien pour le sionisme et Israël est largement reconnu comme étant la voix « authentique » des juifs britanniques de centre-gauche.

Ce rôle incontesté est désormais menacé. En septembre 2017, le Jewish Voice for Labour, un nouveau groupe de gauche a été publiquement lancé à la conférence annuelle du parti à Brighton, sur la côte sud du pays.

L’événement, qui a fait salle comble dans un hôtel de la ville balnéaire, présentait le programme de JVL et ce que ses détracteurs considèrent comme dangers potentiels. Depuis l’estrade, les intervenants ont fustigé Israël (avec le langage acerbe, caractéristique du parti), attaqué le « programme pro-sioniste » du JLM, cassé le « mythe de l’antisémitisme au sein du parti du Labour », et la « campagne de dénigrement antisémite », supposément menée contre Jeremy Corbyn, chef du parti, et ses adhérents.

Dans le public figuraient des critiques virulentes et bien connues d’Israël. Le cinéaste pro-BDS, et allié de Corbyn, Ken Loach (qui a déclaré le lendemain que les allégations d’antisémitisme portées contre le parti travailliste « apparaissent étrangement quand Jeremy Corbyn en est devenu le chef ») a reçu une standing ovation après avoir prononcé un discours improvisé.

Len McCluskey, le puissant dirigeant du syndicat Unite, qui a affirmé à plusieurs reprises que le problème de l’antisémitisme dans le parti était « une musique d’ambiance », a été très clément envers JVL et a déclaré qu’il souhaitait voir son syndicat, le plus grand du pays, s’y associer.

Tout comme McCluskey, Tosh McDonald – le président du syndicat de cheminots ASLEF qui a déclenché une controverse l’an dernier en comparant la lutte contre le fascisme durant la guerre civile espagnole à la lutte des Palestiniens – a fait un don conséquent lors du lancement.

À l’étage de la principale conférence, les dirigeants du JVL ont également fait du bruit. Sous un tonnerre d’applaudissements, Naomi Wimborne-Idrissi, membre d’une commission exclusive du JVL, a donné un discours passionné sur Israël durant un débat sur les Affaires étrangères, en concluant que « ce parti n’a aucun problème avec les juifs ».

Mais c’est l’opposition du JVL à la tentative du JLM de modifier les règles du Labour sur la répression de l’antisémitisme, un changement soutenu par Corbyn lui-même, qui a donné lieu à la plus grande controverse.

Durant le débat sur cette mesure, qui a été adoptée par le parti, Leah Lavane, vice-présidente du JVL, a fulminé contre le JLM et ceux qui « l’accusent [d’antisémitisme] à chaque fois que l’on critique l’attitude méprisable de l’État d’Israël à l’égard du peuple palestinien ».

Pour le JVL, le renforcement des règles du parti représente une « restriction anti-démocratique du débat politique », qui « fait courir le risque d’un débat politique », qui « laisse courir le risque d’obtenir l’approbation des opposants au leadership de Corbyn pour exclure encore davantage de partisans ».

Le groupe est particulièrement opposé au fait que le parti juge les allégations d’antisémitisme sur la base de la définition de l’International Holocaust Remembrance Alliance qui a été adoptée par le gouvernement britannique, parce que, selon le groupe, cette définition restreint la critique d’Israël.

Pourtant, la définition de l’IHRA établit clairement que « les critiques d’Israël similaires à celles émises contre un autre pays ne peuvent être considérées comme antisémites ».

Tout en acceptant que « l’antisémitisme existe toujours et qu’il faut s’en protéger », Wimborne-Idrissi dément que le Labour ait un « problème particulier ». Elle souligne les preuves amenées devant le Select Committee des Affaires intérieures à la Chambre des communes attestant de ce que 75 % de l’antisémitisme politique émane de l’extrême-droite.

« Les tentatives visant à élargir la définition pour y inclure la critique d’Israël ou le sionisme », avertit-elle, risquent de causer « une confusion dangereuse ».

« Cela rend plus difficile la reconnaissance d’une réelle haine anti-juive lorsqu’elle se présente et cela fait des critiques honnêtes d’Israël et des injustices contre les Palestiniens des personnes vulnérables à des attaques malveillantes », ajoute-t-elle.

Les propres mesures disciplinaires du parti travailliste, estime Wimborne-Idrissi, permettent la « diffamation et la rétorsion à l’égard des individus accusés d’antisémitisme », ce qui donne la possibilité aux opposants de Corbyn « d’exploiter la machinerie du parti et une définition illégitimement élargie de l’antisémitisme pour attaquer ceux qui, à gauche, soutiennent la justice pour les Palestiniens, en tentant de saper les responsables par la même occasion ».

Une baisse marquée du soutien des juifs au Labour

Les assertions de la JVL ne semblent pas être largement partagées par les juifs britanniques. Les sondages estiment que, sous le leadership de Corbyn, le soutien des juifs au Labour a chuté à seulement 13 %. Lors des élections générales du mois de juin 2017, le parti a échoué à remporter un certain nombre de sièges marginaux alors que la « vague Corbyn » qui a privé la Première ministre Theresa May de sa majorité parlementaire a vacillé lorsqu’elle a frappé la « bagel belt » du nord de Londres.

La présidente de la JVL, Jenny Manson, réfute cette interprétation, suggérant à la place que « cela peut être le JLM et ses partisans alliés avec le Progrès [un groupe de pression politique dans le parti] qui ont aliéné un certain nombre d’anciens électeurs du Labour en semant une panique infondée sur le ‘problème’ que le parti entretiendrait avec les juifs ».

Mais le JVL ne réfute pas seulement l’idée que le Labour aurait un problème avec l’antisémitisme. Il a également cherché à défendre ceux qui se sont trouvés mêlés aux controverses qui l’entourent.

Un certain nombre de ses plus importants responsables sont, par exemple, venus en aide à l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone, suspendu du parti en 2016 après avoir suggéré qu’Hitler soutenait le sionisme. A l’époque, Wimborne-Idrissi avait affirmé qu’ « aucune des remarques ou actions attribuées à Ken Livingstone ne démontrent une intention ou une motivation antisémite », tandis que Manson avait laissé entendre que « ces actions n’étaient ni offensantes, ni antisémites d’aucune manière ».

Ken Livingstone près de chez lui à Londres, le vendredi 29 avril 2016 (Capture d’écran : YouTube)

Après que Loach a semblé défendre un intervenant lors d’un événement en marge d’une conférence qui suggérait qu’il fallait pouvoir avoir la possibilité de s’interroger sur la réalité de la Shoah, Wimborne-Idrissi avait écrit que le réalisateur « évoquait simplement un débat sur l’importance de la liberté d’expression lorsqu’il a été appelé à commenter une phrase ambiguë qui mentionnait la Shoah dans un discours qu’il n’avait pas entendu ».

Il n’était pas nécessaire, avait-elle ensuite dit, que le réalisateur précise ce « point si explicitement manifeste que nier la Shoah est odieux ».

Loach avait plus tard tenté de clarifier ses propos.

Le JVL a également mené une campagne au nom de Moshe Machover, un expatrié israélien qui vit à Londres, qui a été brièvement suspendu du Labour le mois dernier en raison d’un article qu’il avait écrit et dans lequel il citait l’architecte de la Solution Finale, Reinhard Heydrich, et où il suggérait qu’il y avait un « accord de base » passé entre les nazis et les sionistes.

Des copies de l’article de Machover avaient été largement diffusées durant la conférence de Brighton par un groupe appelé les Marxistes du Labour. Pour Jonathan Rosenhead, l’un des cadres du JVL, la controverse sur Machover avait incarné l’une de ces « sales ruses » employées par ceux qui se livrent à des « tentatives continues d’ôter l’espace public aux critiques d’Israël ».

Sous de nombreux aspects, les activités du JVL ne sont pas nouvelles. Comme l’affirmait Dave Rich, auteur de The Left’s Jewish Problem: Jeremy Corbyn, Israel and Anti-Semitism : « Il y a des précédents à cela – vous pouvez remonter jusqu’aux Bolchéviques pour trouver des juifs socialistes menant des attaques contre d’autres juifs depuis la gauche de l’échiquier politique ».

Moshe Machover, activiste d’origine israélienne du Parti travailliste britannique. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Certains observateurs considèrent que le JVL s’est « enfermé en 1917 », refaisant sans fin les débats théoriques survenus entre les sionistes du début du 20e siècle et leurs opposants bundistes.

Les partisans du JVL ne reculent d’ailleurs pas devant la comparaison avec les bundistes – ces laïcs socialistes dont le slogan était « notre pays est celui où nous vivons ».

« Débarrassez-vous des chaînes » de ce « truc d’Israël »

Le JVL est toutefois enclin à nier publiquement qu’il est anti-sioniste.

« Qualifier le JVL d’anti-sioniste donne une image fondamentalement inexacte de ce que nous sommes », a suggéré Manson au Guardian.

« Notre déclaration de principe ne fait aucune mention du sionisme. Notre objectif est plutôt de maintenir le droit de ceux qui veulent que justice soit faite en faveur des Palestiniens à s’engager dans des activités de solidarité… Pas besoin d’avoir un positionnement sur le sionisme – pour, contre ou quoi que ce soit d’autre – pour nous rejoindre et travailler avec nous », a-t-elle dit.

Des courriels qui ont fuité indiquent que les fondateurs du JVL ont cherché de façon très consciente – et en utilisant les termes de l’un d’entre eux – à « se débarrasser des chaînes » de ce « truc d’Israël » lors de l’élaboration de la déclaration de mission, même si cette déclaration établissait également clairement la détermination du groupe à « maintenir le droit pour ceux qui veulent que justice soit faite en faveur des Palestiniens à s’engager dans des activités de solidarité, comme le mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) ».

Toutefois, le JVL est proche du groupe Free Speech on Israel (FSOI), qui affirme explicitement son opposition au sionisme. Fondé en 2016 pour « contrer la panique morale fabriquée sur une épidémie supposée d’antisémitisme au Royaume-Uni » et s’opposer à la notion qui veut que l’anti-sionisme soit de l’antisémitisme, il a accueilli avec enthousiasme le lancement du JVL.

Wimborne-Idrissi indique que le JVL et le FSOI sont « deux organisations séparées avec des objectifs différents ».

Il y a toutefois un étroit chevauchement entre les responsables des deux groupes. Ainsi, le président du FSOI, Mike Cushman, est directeur des adhésions du JVL. Son vice-président, Jonathan Rosenhead, est chargé de l’information au sein du JVL tandis que son secrétaire, Glyn Secker, occupe le même poste au JVL.

Cushman a un point de vue un peu conspirationniste quand il s’agit du rôle joué par Israël dans la politique du Royaume-Uni. Au début de l’année, il a suggéré que le Labour était devenu « un pantin des organisations sionistes qui placent la loyauté envers Israël au-dessus de l’avancée des intérêts du parti ». Il a également déclaré que la politique étrangère mise en œuvre par May était dictée par la « réciprocité pour l’aide apportée antérieurement dans sa carrière de la part d’Israéliens » et qualifié les « hauts responsables des deux formations politiques majeures, à l’exception de Corbyn et de ses proches, et les démocrates libéraux » comme faisant partie du « réseau d’influence israélien ».

Les critiques du JVL expliquent qu’alors que le groupe prétend représenter les juifs qui ne partagent pas le soutien du JLM envers Israël, son véritable objectif est plus malveillant.

La fonction du « juif de service »

Comme l’a dit le rédacteur en chef du Jewish Chronicle, Stephen Pollard : « Le JVL n’a vraiment qu’un seul but – détourner les critiques des réponses apportées par le Labour à l’antisémitisme sous Corbyn. C’est sa seule fonction. Le reste n’est que sophisme ».

‘Le JVL n’a vraiment qu’un seul but – détourner les critiques des réponses apportées par le Labour à l’antisémitisme sous Corbyn. C’est sa seule fonction. Le reste n’est que sophisme’

D’autres suggèrent que le JVL ne représente qu’une frange très étroite de la communauté juive britannique – « 5 % au maximum », dit un militant qui souligne les sondages qui indiquent des affinités profondes et largement partagées avec Israël au sein de la communauté juive britannique.

Malgré le malaise face aux actions du gouvernement de Netanyahu, un sondage réalisé en 2015, par exemple, a révélé que 93 % des juifs britanniques ont expliqué qu’Israël était une partie de leur identité juive – avec un pourcentage similaire soutenant son droit à exister en tant qu’Etat juif.

Mais ce chiffre sans signification ne doit pas tromper sur l’impact potentiel du JVL. « Il remplit la fonction classique du « juif de service » qui dit aux non-juifs qu’ils n’ont véritablement pas besoin de s’inquiéter de ce que le gros – la majorité de la communauté juive – peut ressentir », pense Pollard. « Ils sont pernicieux dans leurs intentions et ils méritent l’opprobre qu’ils reçoivent ».

Une personnalité importante du Labour en convient : « C’est un petit groupe d’anti-sionistes qui parle fort pour offrir un front à un groupe plus large de non-juifs qui haïssent Israël. Leur tactique est de porter atteinte au mouvement juif du Labour – parfois à l’aide de tropes antisémites – pour mettre en doute son rôle passé, présent et à venir au sein du parti travailliste ».

Le président du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn (à droite), avec le président du Board of Deputies of British Jews, Jonathan Arkush (au centre) et sa directrice Gillian Merron (à gauche), le 9 février 2016. (Crédit : autorisation)

Certaines personnes soupçonnent que l’objectif poursuivi par le JVL est de délégitimer le JLM, voire de le faire sortir du parti. Au cours des années 1980, l’extrême-gauche anti-sioniste, appuyée par un petit nombre de juifs sympathisants, avait mené une campagne contre Poalé Zion et tenté de le voir désaffilié du Labour.

Même si elle avait finalement échoué – avec le glissement du Labour vers le centre après l’élection de Neil Kinnock en 1983, les responsables avaient tenté de réprimer le militantisme anti-israélien dans le parti – il y avait eu des victimes.

Reg Freeson, député juif de gauche qui était un partisan déterminé d’Israël et une personnalité éminente de Poalé Zion, avait été destitué de son siège de représentant du nord-ouest de Londres et remplacé par Livingstone.

Wimborne-Idrissi explique que « l’objectif à plus long terme » du JVL pourrait être de s’affilier au Labour.

« Nous ne nions pas le droit à l’existence du JLM », a-t-elle dit, « mais nous ne pensons pas que le mouvement a le droit de parler en tant que mouvement juif au sein du Labour au nom de tous les juifs du parti travailliste ».

‘Nous ne pensons pas que le mouvement a le droit de parler en tant que mouvement juif au sein du Labour au nom de tous les juifs du parti travailliste’

Au sein du parti, la présence du JVL permet à Corbyn de suggérer que son agenda anti-israélien a des partisans au sein de la communauté juive. Mais c’est l’influence que le JVL pourrait exercer au-delà de la communauté qui inquiète un grand nombre de personnes.

Une « coterie de juifs anti-sionistes »

David Hirsh, chargé d’enseignement en sociologie au Goldsmiths college de l’université de Londres et auteur de l’ouvrage « Contemporary Left Anti-Semitism » qui a été récemment publié, estime qu’il « est compréhensible que de nombreux juifs s’inquiètent particulièrement pour Israël et qu’il n’est donc pas surprenant que de nombreux juifs soient particulièrement préoccupés par ce qu’Israël fait mal ».

Sa crainte, toutefois, est que « cette petite coterie de juifs anti-sionistes augmente cette inquiétude au niveau de l’obsession avec les crimes d’Israël, réels et imaginés, et qu’elle tente d’encourager la société civile non-juive, le parti travailliste, les syndicats et les églises à adopter leur propre obsession au sujet de tous les maux d’Israël ».

« Bien sûr, une obsession juive de tous les maux dont Israël peut se rendre coupable prend une signification différente lorsqu’elle est adoptée dans des espaces sociaux qui ne sont pas juifs. Et alors, la tentation de centrer tout ce qui va mal dans le monde autour d’Israël devient quelque chose de plus menaçant encore que l’auto-critique. »

« L’antisémitisme place toujours les juifs au centre de tout ce qui va mal dans le monde », explique-t-il.

Hirsh est particulièrement acerbe envers ceux qui « utilisent leur identité juive » pour « rendre casher » la campagne de BDS.

« Si je n’étais pas juif et que je n’y connaissais pas grand chose, et si j’étais persuadé de soutenir le BDS par ce type de positionnement, je serais furieux de découvrir plus tard que j’ai été encouragé à faciliter la normalisation de politiques antisémites », ajoute-t-il.

L’auteur David Hirsh signe des exemplaires de ‘Contemporary Left Anti-Semitism’ lors d’un événement du Times of Israel Presents à Beit Avi Chai à Jérusalem le 8 novembre 2017 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Il suggère également que les juifs qui soutiennent le JVL cherchent à contrôler le flux de l’antisémitisme et de l’anti-sionisme plutôt que d’être entraînés sur leurs courants par ceux qui se trouvent à l’extérieur de la communauté juive.

« Ils préfèrent vivre dans un monde où l’antisémitisme a été provoqué par les juifs qui ont le contrôle de leur propre destinée plutôt que des victimes de l’antisémitisme », a-t-il dit.

Ce verdict dur est l’un que rejetteraient, sans aucun doute, les fondateurs du JVL mais il paraîtrait pourtant exact aux yeux d’un grand nombre de juifs britanniques.

L’écrivain Robert Philpot est l’auteur du « The Honorary Jew: How Britain’s Jews Helped Shape Margaret Thatcher and Her Beliefs ». Il est l’ancien éditeur du magazine indépendant centriste du Labour et il en est l’un des contributeurs dorénavant. Ses articles sont parus dans le Jewish Chronicle, le Sunday Times, le Guardian, Commentary et History Today. Il a été dans le passé conseiller spécial au bureau d’Irlande du nord et au bureau du Cabinet.

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