Ghalibaf exige que les US acceptent des « conditions préalables » avant le début des pourparlers
Donald Trump affirme que "les Iraniens ne semblent pas se rendre compte qu’ils n’ont aucune carte en main" et insiste sur le fait que le détroit d’Ormuz rouvrira bientôt "avec ou sans eux"
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Une délégation iranienne chargée des négociations, conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, est arrivée vendredi à Islamabad en prévision des pourparlers de paix prévus samedi avec les États-Unis. Ghalibaf a exigé que ces derniers acceptent les « conditions préalables » de l’Iran avant que les discussions puissent débuter.
Depuis Islamabad, Ghalibaf a affirmé que l’Iran faisait preuve de bonne volonté envers les négociations, mais qu’il n’avait aucune confiance dans les États-Unis. Il a ajouté que la République islamique était prête à conclure un accord si Washington proposait, selon lui, un accord sincère et accordait à l’Iran ses droits, ont rapporté les médias d’État iraniens.
Ghalibaf avait auparavant déclaré que les exigences de Téhéran comprenaient un cessez-le-feu au Liban, ce qui, selon l’Iran et le Pakistan, qui joue le rôle de médiateur, devait faire partie du cessez-le-feu avec les États-Unis dès le départ. Les États-Unis et Israël ont affirmé le contraire. Il a également appelé à la libération de milliards de dollars d’avoirs gelés appartenant à l’Iran.
La délégation de Ghalibaf comprend des hauts responsables politiques, militaires et économiques, dont le ministre iranien des Affaires étrangères, le secrétaire du Conseil de défense, le gouverneur de la Banque centrale et plusieurs membres du Parlement.
Une délégation américaine dirigée par le vice-président, JD Vance, est également partie vendredi. Ce dernier a averti Téhéran de ne pas « jouer » avec les États-Unis pendant les négociations.
À la veille de ces pourparlers, le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a qualifié les négociations qui se tiendront dans la capitale de son pays de « décisives ».
« En réponse à mon invitation sincère, les dirigeants des deux pays se rendront à Islamabad. Des négociations y auront lieu en vue d’instaurer la paix », a déclaré Sharif dans un discours à la nation.
Le Pakistan a ajouté qu’il espérait que les parties s’engageraient de manière constructive, et a réitéré son souhait de « continuer à aider les parties à parvenir à une solution durable au conflit ».
Israël, qui a lancé la campagne militaire contre le régime iranien conjointement avec les États-Unis il y a six semaines, n’est pas représenté lors de ces pourparlers. Le Pakistan, pays hôte, n’entretient aucune relation diplomatique avec Israël et ne reconnaît pas sa souveraineté.
Le cessez-le-feu déclaré par le président américain Donald Trump mardi soir intervient alors que les principaux objectifs de la guerre contre la République islamique d’Iran n’ont pas été atteints, notamment empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires, détruire son programme de missiles et créer les conditions permettant au peuple iranien de renverser le régime.
Trump : le détroit d’Ormuz rouvrira bientôt, « d’une manière ou d’une autre »
Alors que son vice-président se rendait au Pakistan, Trump a maintes fois commenté les négociations à venir.
« Les Iraniens ne semblent pas se rendre compte qu’ils n’ont aucune carte en main, si ce n’est celle de faire chanter le monde à court terme en utilisant les voies navigables internationales », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
« La seule raison pour laquelle ils sont encore en vie aujourd’hui, c’est pour négocier ! », a-t-il affirmé dans un autre message concernant le conflit avec l’Iran, publié sur sa plateforme Truth Social.
« Les Iraniens sont plus doués pour gérer les médias diffusant de fausses informations et les relations publiques que pour se battre ! », a-t-il déclaré.
Dans une interview accordée au New York Post et publiée vendredi, Trump a déclaré que les navires de guerre américains étaient en train d’être réapprovisionnés en armements pour frapper l’Iran si les pourparlers au Pakistan ne débouchaient pas sur un accord.
« Nous sommes en train de tout remettre à zéro. Nous équipons les navires des meilleures munitions et des meilleures armes jamais fabriquées, encore meilleures que celles qui ont réduit les précédents en miettes », aurait déclaré Trump.
« Et si nous n’aboutissons pas à un accord, nous les utiliserons, et nous les utiliserons très efficacement », a-t-il ajouté.
Dans un message bref et énigmatique publié plus tôt sur son réseau social Truth Social, Trump avait évoqué la « RÉINITIALISATION LA PLUS PUISSANTE AU MONDE !!! ».
Plus tard, s’adressant aux journalistes, Trump s’est dit confiant quant à la réouverture prochaine du détroit d’Ormuz à la circulation maritime sans entrave.
« Nous allons ouvrir le détroit, avec ou sans eux, mais il sera ouvert », a déclaré Trump.
« Je pense qu’il va [être ouvert] assez rapidement, et si ce n’est pas le cas, nous serons en mesure d’y parvenir d’une manière ou d’une autre. »
Les États-Unis ont affirmé que le détroit avait déjà été rouvert mercredi, démentant ainsi les informations selon lesquelles l’Iran bloquait une grande partie du trafic maritime et percevait des péages. La veille, Trump avait semblé reconnaître que l’Iran empêchait effectivement les navires d’emprunter le détroit, publiant une série de messages sur Truth Social dans lesquels il menaçait l’Iran.
Interrogé vendredi sur la question de savoir s’il autoriserait l’Iran à percevoir des péages pour les navires empruntant Ormuz, Trump a répondu par la négative.
« Ce sont des eaux internationales. »
Il a ensuite précisé qu’il n’avait pas vérifié si l’Iran percevait réellement des péages.
Interrogé sur ce qu’il attendait d’un accord avec l’Iran avant les pourparlers de samedi, Trump a répondu : « Pas d’arme nucléaire. »
Interrogé sur un plan de secours en cas de refus de l’Iran de rouvrir le détroit d’Ormuz, Trump a insisté sur le fait qu’il n’en avait pas besoin et a affirmé que l’Iran était déjà « militairement vaincu ».
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