Grèce : le héros antinazi Glezos au secours de l’ambassadeur allemand
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Grèce : le héros antinazi Glezos au secours de l’ambassadeur allemand

Une politicienne avait tenté d'empêcher l'ambassadeur allemand de rendre hommage aux victimes d'un village martyr des SS, quand le héros grec de la résistance, 94 ans, s'est levé pour le prendre par la main et lui permettre de déposer une couronne de fleurs

Manolis Glezos,héros grec de la résistance contre les nazis, en septembre 2015. (Crédit : DTRocks/CC BY-SA 4.0/WikiCommons)
Manolis Glezos,héros grec de la résistance contre les nazis, en septembre 2015. (Crédit : DTRocks/CC BY-SA 4.0/WikiCommons)

Le héros grec de la résistance aux nazis, Manolis Glezos, 94 ans, s’est porté au secours de l’ambassadeur allemand chahuté lors de la commémoration d’un massacre allemand de civils, selon une vidéo relayée dimanche par les médias grecs.

L’incident, samedi, sur fond de contentieux gréco-allemand sur les réparations pour l’occupation nazie, débute quand la transfuge du parti de gauche au pouvoir Syriza, Zoé Konstantopoulou, tente d’empêcher l’ambassadeur de déposer une couronne en hommage aux victimes de Distomo.

La division Edelweiss des Waffen SS y avait massacré le 10 juin 1944 – à la même date que le martyr du village français d’Oradour-sur-Glane – 218 habitants, dont une cinquantaine d’enfants.

« Vous devez payer les réparations allemandes aux victimes », « vous n’avez pas le droit », lui lance-t-elle. Des « bravo » et des « honte » s’élèvent de la foule, l’embarras gagne la délégation allemande.

La croix gammée nazi flottant sur l'Acropole d'Athènes, en 1941. (Crédit : Bundesarchiv - Bild 101I-164-0368-04 - Jesse/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
La croix gammée nazi flottant sur l’Acropole d’Athènes, en 1941. (Crédit : Bundesarchiv – Bild 101I-164-0368-04 – Jesse/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Assis au premier rang, Manolis Glezos se lève alors et prend l’ambassadeur par la main pour lui permettre de déposer la couronne. Des « bravo Manolis » jaillissent de l’assistance en hommage à ce doyen de la gauche grecque, symbole de la résistance pour avoir le 31 mai 1941 arraché le drapeau nazi qui flottait sur l’Acropole d’Athènes.

« L’enfant d’un criminel, quels que soient les crimes de son père ou de sa mère, n’est pas responsable », s’explique ensuite à la tribune ce porte-drapeau du combat grec pour obtenir de l’Allemagne le paiement des réparations allemandes.

Le dossier des réparations, chiffrées par la Grèce à quelque 270 milliards d’euros, a connu un nouvel élan avec la crise que le pays traverse depuis 2010 et dans laquelle l’Allemagne incarne la rigueur imposée par les créanciers, Union européenne et Fonds monétaire international.

Berlin oppose une totale fin de non recevoir, estimant que la question a été réglée avec la réunification allemande.

Comme Konstantopoulou, présidente du Parlement sous le premier gouvernement Syriza en 2015, Glezos a rompu avec ce parti, sur les listes duquel il avait élu député en 2012 puis eurodéputé en 2014, reprochant au Premier ministre Alexis Tsipras de s’être plié à la tutelle UE-FMI.

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