Israël en guerre - Jour 142

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Guterres promet d’agir sans délai contre toute « infiltration du Hamas » dans l’UNRWA

Le chef de l'ONU défend l'office pour les réfugiés palestiniens dont des employés sont accusés d'avoir participé au 7 octobre, et dit qu'aucune agence ne pourra le remplacer

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'exprimant lors d'une conférence de presse, au siège de l'ONU, à New York, le 8 février 2024. (Crédit : Angela Weiss/AFP)
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'exprimant lors d'une conférence de presse, au siège de l'ONU, à New York, le 8 février 2024. (Crédit : Angela Weiss/AFP)

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, s’est engagé jeudi à réagir sans délai à toute nouvelle information émanant d’Israël concernant « l’infiltration du [groupe terroriste palestinien du] Hamas » au sein de l’organisation mondiale, après que neuf membres du personnel de l’ONU dans la bande de Gaza ont été limogés le mois dernier.

L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) est au centre d’une controverse depuis qu’Israël a accusé 12 de ses 30 000 employés régionaux d’implication dans les massacres barbares du 7 octobre, au cours desquels des terroristes palestiniens ont pris d’assaut la frontière de Gaza et sauvagement assassiné 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, dont le plus jeune a un an.

Parmi les trois autres membres du personnel en cause, l’un est décédé, tandis que I’ONU clarifie l’identité des deux autres.

En réaction, plusieurs pays, dont d’importants donateurs comme les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Suède ont annoncé suspendre leur financement à l’agence onusienne, laquelle s’est dite menacée de devoir cesser ses activités « d’ici fin février ».

Alors que certains ont évoqué l’idée de rediriger les financements vers d’autres organisations de l’ONU, Guterres a rejeté jeudi cette possibilité.

« Une chose dont vous pouvez être absolument sûrs, c’est que toute documentation qui nous sera présentée par le gouvernement d’Israël sur toute autre infiltration du Hamas à l’ONU, à quelque niveau que ce soit, fera l’objet d’une action immédiate », a déclaré le secrétaire général de l’ONU.

Des hommes balayant l’eau à l’entrée d’une école gérée par l’UNRWA qui abrite des Palestiniens déplacés à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 février 2024. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Un rapport de six pages des agences de renseignement israéliennes, dont Reuters a eu connaissance, affirme que quelque 190 employés de l’UNRWA, dont des enseignants, sont des terroristes du Hamas ou du Jihad islamique palestinien.

Guterres et le chef de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, ont déclaré qu’ils n’avaient pas reçu d’informations supplémentaires d’Israël depuis les premières accusations portées contre les 12 membres du personnel. On ignore si Israël a fourni des informations dans le cadre de l’enquête interne de l’ONU.

Interrogé sur la rapidité avec laquelle l’UNRWA avait, à sa demande, mis un terme au contrat des employés mis en cause, Guterres a assuré qu’il ne pouvait pas « prendre le risque de ne pas agir immédiatement » compte tenu de la gravité d’accusations « crédibles« . Mais que l’enquête pourrait éventuellement corriger ces décisions si nécessaires.

Il a toutefois défendu le travail de l’UNRWA, affirmant qu’il ne peut être remplacé. « Il n’est pas possible de remplacer le travail de l’UNRWA à Gaza. »

« Aucune autre organisation présente à Gaza n’est capable de répondre aux besoins – et rien n’est comparable à cette situation. Aucune autre organisation n’est donc en mesure de la remplacer », a martelé Guterres lors de la conférence de presse.

Et même si c’était possible, les employés de l’UNRWA dans les Territoires palestiniens étant rémunérés, « pour des raisons historiques », un tiers de moins que ceux de l’UNICEF ou du Programme alimentaire mondial, « cela demanderait une multiplication des ressources nécessaires », a-t-il noté.

Les 12 membres du personnel de l’UNRWA accusés d’avoir participé aux attaques terroristes du 7 octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Il a d’autre part expliqué avoir été « surpris » par la rapidité des suspensions de financements de l’UNRWA par les donateurs.

Une enquête interne de l’ONU est en cours concernant les employés mis en cause par Israël, dont l’UNRWA s’est séparé, et Guterres a nommé une commission indépendante pour évaluer la « neutralité » de l’agence et faire des recommandations pour améliorer son fonctionnement le cas échéant.

« J’espère que les pays reconnaîtront ces efforts et que le problème sera rapidement résolu », a indiqué le secrétaire général.

Parmi les accusations formulées par Israël, des employés de l’UNRWA auraient kidnappé des Israéliens, transporté des munitions et le corps d’un soldat décédé, et participé à un assaut meurtrier dans un kibboutz le 7 octobre.

Le mois dernier, Guterres a décrit l’UNRWA comme « l’épine dorsale de toute la réponse humanitaire à Gaza » et a appelé tous les pays à « garantir la continuité du travail de sauvetage de l’UNRWA ».

L’UNRWA a été créé en 1949 à la suite de la Guerre d’Indépendance de 1948, lorsque 700 000 Palestiniens ont fui.

L’UNRWA emploie 30 000 Palestiniens pour répondre aux besoins civiques et humanitaires des 5,9 millions de descendants de ces réfugiés, dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et dans les vastes camps des pays arabes voisins.

Les allégations d’Israël contre l’UNRWA sont les dernières en date d’un différend qui dure depuis des décennies entre l’État juif et l’agence d’aide.

Les responsables israéliens ont affirmé que l’UNRWA perpétue les griefs des Palestiniens et l’accusent d’encourager la haine de l’État juif dans les manuels scolaires. Fin janvier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé au démantèlement et au remplacement de l’organisation.

Toutefois, certains responsables israéliens ont exprimé leur inquiétude quant aux retombées économiques potentielles de la suppression de l’agence – l’un des plus gros employeurs de Cisjordanie et de la bande de Gaza – au milieu de la guerre.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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