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L’aide à l’UNRWA suspendue par 13 pays

L'Espagne et la Norvège maintiennent leur financement, malgré des accusations d'implication dans l'attaque du Hamas le 7 octobre, jugées "hautement crédibles" par Washington

Des Palestiniens se tiennent à l'entrée du Collège universitaire des sciences de l'éducation géré par l'UNRWA à Ramallah, en Cisjordanie, le 29 janvier 2024. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)
Des Palestiniens se tiennent à l'entrée du Collège universitaire des sciences de l'éducation géré par l'UNRWA à Ramallah, en Cisjordanie, le 29 janvier 2024. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Treize pays ont annoncé suspendre leur financement à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) après qu’Israël a accusé vendredi certains de ses employés d’avoir été impliqués dans l’attaque du Hamas sur son sol le 7 octobre, des accusations jugées « hautement crédibles » par la diplomatie américaine.

Israël a dit vouloir « faire cesser » toutes les activités de l’agence, qui a licencié douze de ses salariés et promis une enquête sur ces allégations.

Les Etats-Unis avaient annoncé le 26 janvier l’arrêt temporaire de toute contribution financière future à l’UNRWA le temps que la lumière soit faite, suivis par une dizaine d’autres pays.

Le chef de l’ONU a reçu mardi à New York les « principaux donateurs » de l’agence pour faire un point sur la question. Aucune organisation ne peut « remplacer » l’UNRWA, a mis en garde mardi la coordinatrice humanitaire de l’ONU pour le territoire, Sigrid Kaag.

L’Union européenne a pour sa part demandé le 29 janvier à l’UNRWA « d’accepter qu’un audit soit mené par des experts indépendants choisis par la Commission européenne ».

Pour l’Autorité palestinienne, l’UNRWA a besoin « d’un soutien maximal » et « non qu’on lui coupe soutien et assistance ».

Suspension de l’aide

ETATS-UNIS : Les Etats-Unis, « extrêmement préoccupés par les accusations », vont « suspendre temporairement » tout futur financement à l’Unrwa, a indiqué le Département d’Etat le 26 janvier. Washington a rappelé le « rôle essentiel » de l’agence dans l’aide aux Palestiniens tout en soulignant qu’il était important que cette agence « réponde à ces accusations et prenne toute mesure corrective appropriée ».

CANADA : Le ministre canadien du Développement international, Ahmed Hussen, a annoncé le 26 janvier qu’Ottawa avait « temporairement suspendu tout financement additionnel à l’Unrwa pendant qu’elle entreprend une enquête approfondie sur ces accusations ».

Pour autant, le Canada a annoncé mardi qu’il prévoyait d’allouer 110 millions de shekels à Gaza pour la distribution de nourriture, d’eau et d’autres formes d’aide humanitaire.

Les fonds seront alloués à des agences internationales comme le Programme alimentaire mondial, l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a indiqué Affaires mondiales Canada dans un communiqué.

AUSTRALIE : Canberra va « suspendre temporairement le versement des financements récents », a fait savoir le 27 janvier la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, « profondément préoccupée » par les accusations.

ITALIE : « Le gouvernement italien a suspendu le financement de l’Unrwa après l’atroce attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre », a indiqué le 27 janvier le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani.

ROYAUME-UNI : Londres, « consterné par les accusations », « suspend temporairement tout financement futur de l’Unrwa pendant que nous examinons ces accusations préoccupantes », a écrit le 27 janvier le ministère des Affaires étrangères.

FINLANDE : « Nous devons nous assurer que pas un seul euro d’argent finlandais ne parvienne au Hamas ou à d’autres terroristes », a affirmé le 27 janvier Ville Tavio, ministre du Commerce extérieur et du développement, pour expliquer « la suspension des paiements ».

PAYS-BAS : « Nous sommes extrêmement choqués », a dit le 27 janvier le ministre néerlandais du Commerce et du Développement, Geoffrey van Leeuwen, en annonçant le gel de tout financement à l’Unrwa. « L’accusation consiste à dire que l’attaque perpétrée le 7 octobre a été commise avec l’argent de l’ONU, avec notre argent ».

ALLEMAGNE : « Tant que ce ne sera pas éclairci, l’Allemagne, en accord avec les autres pays donateurs, ne va pas donner temporairement son aval pour de nouveaux moyens pour l’Unrwa à Gaza », ont annoncé le 27 janvier les ministères allemands des Affaires étrangères et du Développement.

JAPON : Le Japon, « extrêmement préoccupé », a décidé le 28 janvier de « suspendre tout financement supplémentaire à l’Unrwa pour le moment », le temps que l’agence « mène une enquête », a indiqué son ministère des Affaires étrangères.

AUTRICHE : Dans l’attente de « clarifications », l’Autriche a décidé le 29 janvier de « suspendre provisoirement tout nouveau versement à l’Unrwa », selon son ministère des Affaires étrangères.

ROUMANIE : « Il n’y aura aucune autre contribution volontaire de la Roumanie à l’Unrwa avant la fin de l’enquête », a écrit le 29 janvier le ministère roumain des Affaires étrangère sur X.

NOUVELLE-ZELANDE : Le Premier ministre Christopher Luxon a annoncé mardi une suspension des financements le temps que la lumière soit faite. « Ces allégations sont extrêmement graves. Il est important qu’elles soient bien comprises et fassent l’objet d’une enquête.

SUEDE : L’Agence suédoise de développement et de la coopération internationale (Sida) a annoncé mardi suspendre ses versements à l’Unrwa « pour le moment ». Les fonds prévus seront alloués « à d’autres organisations humanitaires en Palestine et au Liban ».

Attente des résultats de l’enquête

SUISSE : Le ministère suisse des Affaires étrangères s’est déclaré le 27 janvier « extrêmement préoccupé », mais a indiqué: « Les contributions à l’Unrwa prévues pour 2024 n’ont pas encore été versées. Il ne sera décidé de leur versement que lorsqu’on disposera de plus d’informations sur les graves accusations portées contre des collaborateurs de l’Unrwa ».

FRANCE : « La France n’a pas prévu de nouveau versement au premier trimestre 2024 et décidera le moment venu de la conduite à tenir en lien avec les Nations unies et les principaux donateurs, en s’assurant que toutes ses exigences de transparence et de sécurité de l’aide sont bien prises en compte », a affirmé le 28 janvier dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères.

De son côté, la ville de Marseille a annoncé le 26 janvier suspendre un versement de 80 000 € d’aide en faveur des civils de Gaza, dans l’attente de connaître la position officielle de la France vis-à-vis de l’agence de l’ONU. L’opposition municipale de droite avait interpellé le maire de Marseille à ce sujet. « Cette subvention municipale a été votée après qu’Emmanuel Macron avait indiqué, lors de la conférence de Paris le 9 novembre, que l’UNRWA sera la principale bénéficiaire des aides de la France », explique la municipalité. « La mairie a donc demandé ce soir au ministère des Affaires étrangères quelle était désormais la position officielle de la France. Dans l’attente de sa réponse, le versement de l’aide de la Ville de Marseille est suspendue. »

UNION EUROPEENNE : L’UE a affirmé le 29 janvier dans un communiqué qu’elle déciderait ou non de suspendre son financement à l’Unrwa « à la lumière de l’issue de l’enquête annoncée par l’ONU et les actions qu’elle prendra », précisant qu’aucun paiement n’était prévu jusqu’à fin février. Elle a par ailleurs réclamé un « audit » mené par des experts indépendants, choisis par la Commission européenne.

Maintien de l’aide

NORVEGE : La Norvège, un des grands donateurs de l’Unrwa, « a décidé de poursuivre son financement », a annoncé le 28 janvier son ministre des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, dans un communiqué. « Si je partage l’inquiétude suscitée par les allégations très graves concernant certains membres du personnel de l’Unrwa, j’invite instamment les autres donateurs à réfléchir aux conséquences plus larges d’une réduction du financement de l’Unrwa en cette période de détresse humanitaire extrême », a-t-il ajouté.

ESPAGNE : « Nous ne changerons pas notre relation avec l’Unrwa », qui est « une agence des Nations unies indispensable pour soulager la situation humanitaire », a déclaré le 29 janvier le ministre José Manuel Albares devant le Congrès des députés. L’Espagne « suivra » néanmoins « de près l’enquête interne » annoncée par l’agence « et les résultats qu’elle pourrait produire », a poursuivi le chef de la diplomatie espagnole.

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