Guterres veut mettre fin à la souffrance du peuple yéménite
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Guterres veut mettre fin à la souffrance du peuple yéménite

Le secrétaire général de l'ONU, en visite en Arabie saoudite, espère une "résurrection" du processus de paix au Yémen

Antonio Guterres, à gauche, secrétaire général des Nations unies, et le ministre saoudien des Affaires étrangères, avant leur conférence de presse commune à Ryad, le 12 février 2017. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)
Antonio Guterres, à gauche, secrétaire général des Nations unies, et le ministre saoudien des Affaires étrangères, avant leur conférence de presse commune à Ryad, le 12 février 2017. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

L’islamophobie exprimée dans certaines parties du monde attise le « terrorisme », a estimé dimanche le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui effectue une visite en Arabie saoudite centrée sur les conflits régionaux.

« L’une des choses qui attisent le terrorisme est l’expression, dans certaines parties du monde, de sentiments et de politiques islamophobes », a déclaré Antonio Guterres lors d’une conférence de presse conjointe à Ryad avec le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir.

« C’est le meilleur argument que peut utiliser Daech [acronyme arabe du groupe Etat islamique] pour faire sa propre propagande », a-t-il ajouté.

Guterres s’est entretenu avec le roi Salmane et les principaux dirigeants saoudiens sur les conflits régionaux, notamment en Syrie et au Yémen, selon les médias saoudiens.

Les discours contre les immigrants provenant principalement de pays à majorité musulmane figurent en bonne place dans la pensée de mouvements de l’extrême droite en Europe et contribuent à leur popularité après l’afflux de réfugiés sur le continent.

Le président américain Donald Trump et son directeur de cabinet Reince Priebus dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 23 janvier 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le président américain Donald Trump et son directeur de cabinet Reince Priebus dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 23 janvier 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le nouveau président américain Donald Trump a signé fin janvier un décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis pendant 120 jours de réfugiés de tous les pays. Il a également interdit l’entrée de ressortissants de sept pays à majorité musulmane pour 90 jours mais ces décisions ont été suspendues par la justice américaine.

A propos du conflit syrien, Guterres a estimé qu’il ne pouvait y avoir « de lutte efficace contre le terrorisme sans solution politique inclusive pour le peuple syrien ».

A lui seul, ce conflit a jeté 4,8 millions de personnes sur les routes de l’exil et fait plus de 310 000 morts depuis son déclenchement en mars 2011. Un nouveau cycle de négociations de paix parrainées par les Nations unies est prévu le 20 février à Genève.

Au sujet du conflit au Yémen, Guterres a appelé dimanche à Ryad à la « résurrection » du processus de paix entre les parties en conflit pour mettre fin à la souffrance des civils.

« Si les négociations sont mortes elles peuvent toujours connaître une résurrection […] pour une simple raison : la souffrance du peuple yéménite », a déclaré Antonio Guterres lors de la conférence de presse conjointe.

La guerre au Yémen oppose les forces progouvernementales aux Houthis, soutenus par l’Iran, qui contrôlent de vastes territoires, dont la capitale Sanaa.

Depuis l’intervention de la coalition arabe sous commandement saoudien en mars 2015 pour aider le pouvoir à stopper la progression rebelle, plus de 7 400 personnes ont été tuées et plus de 40 000 blessées, alors qu’une grave crise humanitaire perdure.

L'artillerie de l'armée saoudienne tirant vers le Yémen à partir d'une position près de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)
L’artillerie de l’armée saoudienne tirant vers le Yémen à partir d’une position près de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

L’ONU n’a cessé de plaider pour une trêve afin de permettre la distribution d’aides humanitaires à la population, mais les médiations onusiennes dans le conflit et sept cessez-le-feu ont jusque-là échoué.

Le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, a prévenu le mois dernier que les Yéménites risquaient la famine « sans action immédiate ».

Guterres, qui a visité à de nombreuses reprises le Yémen lorsqu’il était Haut-Commissaire pour les réfugiés, a loué la générosité des Yéménites en dépit de leur pauvreté, ajoutant que les voir souffrir ainsi lui « brisait le cœur ».

L’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, qui peine à relancer les négociations de paix, a assisté à la conférence de presse de Guterres. Il propose un plan de paix prévoyant un partage du pouvoir au Yémen mais qui est critiqué par le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui se considère comme le seul chef d’Etat légitime du pays.

Guterres est attendu lundi à Dubaï où il doit participer au World Government Summit.

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