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Haïfa : Les infirmières en grève après une agression violente à l’hôpital Rambam

Le syndicat national menace d'un arrêt de travail dans tout le pays si le gouvernement refuse de s'attaquer au problème

L'entrée du centre médical Rambam à Haïfa, le 30 janvier 2011. (Crédit : Moshe Shai/Flash90/File)
L'entrée du centre médical Rambam à Haïfa, le 30 janvier 2011. (Crédit : Moshe Shai/Flash90/File)

Les infirmières de l’hôpital Rambam de Haïfa se sont mises en grève, dimanche matin, pour protester contre le dernier incident de violence commis à l’encontre du personnel soignant par des membres du public.

Un médecin et trois infirmières ont ainsi été agressés samedi par les proches d’un malade hospitalisé pour un cancer, originaire du secteur du Wadi Ara. Les employés ont été battus et menacés par la famille lorsque leur parent a commencé à perdre du sang, et les gardiens appelés en renfort dans la salle ont, eux aussi, été attaqués physiquement.

Les employés de l’hôpital n’ont pas pu soigner le malade qui est finalement décédé.

Ilana Cohen, présidente de l’Association nationale des infirmières, a déclaré que si le gouvernement n’agissait pas immédiatement pour lutter contre ce type de violence, « nous ferons une grève qui paralysera le système de soins tout entier ».

Il y a eu de multiples incidents de violence dans les hôpitaux de tout le pays, avec des membres de clans rivaux ou des proches de malades en colère qui se sont rassemblés aux abords des établissements hospitaliers, nécessitant le renfort de la police.

Au début du mois, l’hôpital Rambam avait fait savoir qu’il avait dû faire partir par la force des dizaines de personnes qui s’étaient rassemblées à l’extérieur de l’établissement après l’arrivée d’une victime de violence qui devait y être prise en charge. Selon les responsables de l’hôpital, la police anti-émeutes avait été appelée sur les lieux pour empêcher l’intrusion de ces dizaines d’individus.

« Ici, c’est la guerre », a commenté Benny Keller, chef de la sécurité à Rambam, auprès de Kan, mercredi. « Deux ou trois fois par semaine, l’hôpital se transforme en champ de bataille entre groupes rivaux ».

Au mois de novembre à Beer Sheva, quatre personnes avaient été blessées dans une rixe massive qui avait éclaté aux abords de l’hôpital Soroka. Il y avait notamment eu des coups de feu. 19 personnes avaient été arrêtées dans le cadre de ces échauffourées.

Dans un autre incident, des individus furieux s’étaient rassemblés à l’entrée de l’hôpital Meir de Kfar Saba après l’arrivée au sein de l’établissement de deux victimes d’une fusillade. Les deux hommes – la mort de l’un d’entre eux avait été prononcée ultérieurement – avaient essuyé des coups de feu aux abords de funérailles organisées dans un cimetière de Jaljulia dans le cadre d’un règlement de compte apparent.

Tous ces incidents ont été liées au phénomène plus général des violences au sein de la communauté arabe, des violences qui ont grimpé en flèche, ces dernières années, et qui sont considérées comme une problématique à traiter en priorité par les responsables israéliens.

Le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que les crimes violents commis au sein de la communauté arabe étaient enfin pris en charge.

« Les crimes au sein de la communauté arabe, en particulier… l’importante quantité d’armes illégales qui suffisent pour une petite armée – l’arsenal qui a été accumulé au cours de très nombreuses années doit être aujourd’hui réduit à néant », a-t-il dit. « Nous mettons en place des initiatives déterminantes dans tout le pays contre ces armes et ces munitions », a continué le Premier ministre.

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