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Halevi avertit le Hezbollah d’un « prix très élevé à payer » après des tirs vers le nord

Le groupe terroriste a dit avoir visé une base de l'Ouest de la Galilée lors d'une visite du chef de l'armée dans le secteur ; des images montrent des roquettes s'abattant sur l'autoroute, à quelques mètres des automobilistes

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'état-major Herzi Halevi parle pendant une visite dans le nord d'Israël, le 27 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef d'état-major Herzi Halevi parle pendant une visite dans le nord d'Israël, le 27 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, a prévenu mardi que le Hezbollah « paiera un prix très élevé » pour ses attaques continues contre le nord d’Israël – alors que le groupe terroriste a poursuivi ses attaques à la roquette vers l’Ouest de la Galilée au moment même où le numéro un de Tsahal était en visite dans le secteur.

Les tirs sont survenus quelques heures après le lancement de dizaines de projectiles, par le Hezbollah, en direction d’un site militaire sensible du nord de l’État juif alors que le groupe terroriste continue ses frappes en riposte à une attaque israélienne qui a été perpétrée dans les profondeurs du Liban, lundi.

« Le Hezbollah a décidé, le 7 octobre dans la soirée, de se rallier. Pour cela, il doit payer un prix très élevé », a déclaré Halevi lors d’une évaluation au QG de la 146e division, s’exprimant aux côtés du Commandement du nord, le général Ori Gordin, et du Commandant de la 146e division, le général de brigade Yisrael Shomer.

Halevi a estimé que les forces israéliennes « prennent les bonnes mesures » pour permettre à quelque 80 000 Israéliens déplacés des communautés frontalières du Liban de rentrer chez eux. Il a ajouté que grâce aux actions de Tsahal, « le Hezbollah n’est plus proche de la barrière ».

« Je pense que si nous faisons ce qu’il faut, [les habitants] reviendront avant tout pour des raisons de sécurité. Pour que les gens reviennent ici dans de bonnes conditions de sécurité, avec une bonne qualité de vie, l’État saura faire un effort », a-t-il dit.

Un barrage d’environ vingt roquettes a été tiré depuis le Liban vers l’Ouest de la Galilée mardi, selon Tsahal, et le Hezbollah a annoncé avoir pris pour cible la base de la 146e Division, chargée de la zone où Halevi s’est rendu.

De la fumée s’élève après une frappe à la roquette tirée depuis le sud Liban, dans le nord d’Israël, le 27 février 2024. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Il est improbable que le Hezbollah ait su que le chef d’état-major était présent dans la zone lorsqu’il a commis son attaque en direction de la base militaire, la visite n’ayant été rendue publique que plusieurs heures plus tard. Le groupe terroriste n’a, en outre, fait aucune allusion à Halevi dans ses communiqués.

Des images de l’attaque à la roquette, sur les réseaux sociaux, montrent des projectiles s’abattant à quelques mètres seulement d’automobilistes en train de circuler sur une autoroute du nord du pays.

Sur la vidéo tournée par les passagers d’une voiture circulant sur la Route 89, dans l’Ouest de la Galilée, les roquettes retombent sur la voie à seulement quelques dizaines de mètres de distance.

Ces tirs de barrage ont déclenché les sirènes dans les communautés de Manot, Admit, Avdon, Yaara, Arab al-Aramshe, Hanita, Eilon, Goren, Neveh Ziv, Klil, Abu Snan, Yarka et Amka.

Le système de défense antiaérienne du Dôme de fer a intercepté les projectiles qui se dirigeaient vers les zones peuplées.

Aucun blessé n’a été signalé.

Dans ce contexte d’escalade, le Département d’État américain a indiqué, mardi, que les États-Unis ne souhaitaient pas voir davantage s’enflammer les tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah, ajoutant que l’État juif a assuré à Washington qu’il voulait trouver une solution à ce problème par le biais de la diplomatie.

S’exprimant à l’occasion d’un point-presse quotidien, le porte-parole du Département d’État, Matthew Miller, a indiqué que des dizaines de milliers d’Israéliens, dans le nord, faisaient face à une menace sécuritaire très réelle à laquelle il fallait s’attaquer. Il a ajouté que Washington poursuivait une solution diplomatique dans ce cadre.

« Nous ne voulons pas voir une partie ou une autre créer une escalade du conflit dans le nord et dans les faits », a commenté Miller.

Dans la matinée de mardi, le Hezbollah a tiré près de 35 roquettes en direction du nord d’Israël. Il a dit avoir voulu s’en prendre à une base de contrôle du trafic aérien qui est située au sommet du mont Meron. Une attaque qui est venue en réponse aux frappes israéliennes, lundi, qui ont visé les abords de Baalbek, au Nord-Est du Liban – le pays n’avait pas été touché à une telle profondeur depuis des années. Deux membres du groupe terroriste sont morts lors de ce raid de Tsahal.

Un avion de chasse israélien dans le ciel suite à une frappe dans le sud du Liban, le 27 février 2024. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

L’armée a fait savoir que la base, qui se trouve à environ huit kilomètres du Liban, n’avait pas essuyé de dégâts dans cette attaque qui a été commise dans la matinée.

Plus tard dans la journée, le Hezbollah a une nouvelle fois pris pour cible la base de contrôle. Dans un communiqué, le groupe terroriste a annoncé avoir lancé des missiles anti-tank dans sa direction aux environs de 15 heures 45, entraînant des dommages.

Tsahal a déclaré, dans la soirée, qu’un missile s’était abattu sur la base tout en notant que le site était toujours fonctionnel, aucun dégât n’ayant été essuyé par ses capacités.

Ce centre de contrôle, sur le mont Meron, a été visé à plusieurs reprises par le groupe terroriste soutenu par l’Iran dans la guerre en cours. Quelques dommages légers avaient résulté de l’une de ces attaques.

Les militaires ont ajouté, mardi dans la soirée, qu’ils avaient frappé des sites du Hezbollah au Liban en réponse à ce tir de missile et au barrage de 20 roquettes qui avait pris pour cible l’Ouest de la Galilée.

Ces hostilités entre Israël et le groupe terroriste du Hezbollah marquent une escalade des violences significative dans une région frontalière qui est déjà en proie à de vives agitations, laissant redouter l’ouverture d’un nouveau front après des mois de tensions qui n’ont cessé de grimper mais qui ont, jusque-là, été malgré tout contenues.

Cette photo prise depuis une position israélienne le long de la frontière avec le sud-Liban montre des roquettes tirées depuis le Liban vers Israël, le 26 février 2024. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)

Le Hezbollah avait déjà riposté à la frappe israélienne commise à Baalbek en lançant un tir de barrage de 60 roquettes Katyusha sur le plateau du Golan, lundi après-midi. Il n’y avait eu ni blessé, ni dégât à cette occasion.

Dans la matinée de lundi, le Hezbollah avait détruit un drone de l’armée israélienne – un modèle Elbit Hermes 450 – qui survolait le secteur de Nabatieh, dans le sud du Liban, à l’aide d’un missile sol-air. Les drones de Tsahal sont utilisés à des fins de surveillance et d’attaque.

En réponse à l’incident de lundi, l’armée israélienne avait annoncé avoir lancé les frappes contre l’unité de défense anti-aérienne du groupe terroriste, déployée à proximité de Baalbek, à environ cent kilomètres de la frontière.

En plus de cette attaque sans précédent dans les profondeurs du Liban, les militaires avaient fait savoir qu’ils avaient éliminé un commandant de premier plan du Hezbollah, Hassan Hussein Salami, dans un bombardement commis dans le sud du Liban dans la journée de lundi.

Salami, dont le grade était équivalent à celui d’un commandant de brigade, avait été pris pour cible alors qu’il était au volant de son véhicule, dans le village de Majadel, au sud du Liban. Tsahal avait fait savoir que l’homme était le commandant d’une unité régionale du Hezbollah et qu’il était chargé de superviser les attaques contre les soldats et contre les communautés du nord d’Israël.

De la fumée s’échappe du site d’une frappe aérienne israélienne sur le village de Khiam, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 21 février 2024. (Crédit : Rabih DAHER / AFP)

Depuis le 8 octobre, le Hezbollah a attaqué presque quotidiennement des communautés israéliennes et des postes militaires le long de la frontière, le groupe terroriste chiite libanais affirmant qu’il le fait pour soutenir Gaza dans le cadre de la guerre qui s’y déroule.

Jusqu’à présent, les hostilités à la frontière ont causé la mort de six civils du côté israélien, ainsi que celle de dix soldats et réservistes de Tsahal. Plusieurs attaques ont également été lancées depuis la Syrie, sans faire de blessés.

Le Hezbollah a identifié 219 de ses terroristes tués par Israël au cours des affrontements actuels, principalement au Liban, mais aussi en Syrie. Au Liban, 34 autres membres d’autres groupes terroristes, un soldat libanais et au moins 30 civils, dont trois journalistes, ont également été tués.

Israël a fait savoir qu’il ne tolérerait plus la présence du Hezbollah à la frontière libanaise, d’où il pourrait tenter de perpétrer des attaques similaires aux massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre dernier.

Il a prévenu que, si les efforts diplomatiques internationaux ne suffisaient pas à forcer le Hezbollah à s’éloigner de la frontière, une offensive israélienne serait nécessaire.

La guerre a éclaté lorsque les terroristes du Hamas ont lancé un assaut meurtrier contre des communautés du sud d’Israël le 7 octobre, massacrant près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et prenant 253 otages à Gaza, tout en commettant des atrocités épouvantables.

Reuters a contribué à cet article.

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