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Hamas: Les forces spéciales voulaient installer du matériel d’espionnage à Gaza

Un haut-responsable a affirmé que les soldats tentaient de renforcer les capacités d'écoute israélienne lors de l'incident qui a déclenché d'intenses violences

Khalil al-Hayya, cadre du Hamas, pendant une conférence de presse à Gaza Ville, le 18 avril 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Khalil al-Hayya, cadre du Hamas, pendant une conférence de presse à Gaza Ville, le 18 avril 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Les forces spéciales israéliennes entrées dimanche dernier à Gaza tentaient d’installer des équipements qui auraient facilité les écoutes clandestines au sein de l’enclave côtière, a expliqué un haut-responsable du Hamas.

Dimanche dernier, un groupe de soldats israéliens a été découvert alors qu’il était entré dans le sud de Gaza, à distance de la frontière, lors d’un incident qui a mal tourné, entraînant un échange de tirs meurtriers qui a tué un officier israélien et sept membres du Hamas palestinien. S’en est suivie une journée de tirs de roquettes féroces depuis la bande, marquée également par des représailles aériennes de la part de l’Etat juif.

« L’ennemi sioniste a essayé de concrétiser une avancée sécuritaire majeure. Il aurait apparemment tenté d’installer des équipements et de construire quelque chose qui lui aurait rendu plus faciles les meurtres, les piratages et les enlèvements », a commenté le chef adjoint du Hamas à Gaza Khalil al-Hayya auprès de la chaîne de télévision Al-Aqsa TV, affiliée au Hamas, samedi.

« Leur faciliter tout ce qu’ils veulent faire. Leur faciliter les écoutes partout, auprès de tout le peuple palestinien », a-t-il dit. « Cela aurait aussi pu leur rendre plus facile la découverte des tunnels et autres ».

Un porte-parole de l’armée israélienne a refusé de commenter les allégations du Hamas, un groupe terroriste islamiste qui a pris le contrôle de Gaza en 2007 lors d’un coup d’Etat contre le Fatah de Mahmoud Abbas et qui a juré de détruire Israël.

Les forces spéciales étaient entrées dans Gaza dans un véhicule civil mais l’aile armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, les ont arrêtées et interrogées, a noté le bras armé du Hamas dans un communiqué émis la semaine dernière.

Peu de temps après, une confrontation a suivi entre les soldats et les Palestiniens, a continué le communiqué.

Des Palestiniens autour des décombres d’une voiture qui aurait été détruite par une frappe israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 novembre 2018 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Les militaires israéliens ont alors fui Gaza sous couvert des frappes aériennes, selon l’armée israélienne et le Hamas.

Lors des affrontements armés, un lieutenant-colonel israélien et sept Palestiniens, notamment un commandant de brigade adjoint de l’aile militaire du groupe terroriste, ont été tués.

La semaine dernière, Ronen Manelis, porte-parole de l’armée israélienne, avait salué les soldats ayant mené l’opération à Gaza.

« Les soldats de l’armée qui ont mené une opération la nuit dernière dans la bande de Gaza se sont trouvés piégés dans une situation hautement complexe. Ils ont agi de manière héroïque. Ils ont frappé ceux qui les menaçaient et il sont parvenus à retourner sur le territoire israélien », a-t-il déclaré.

Pour leur part, les brigades Qassam avaient félicité les combattants ayant affronté les forces israéliennes, affirmant qu’ils avaient déjoué « un plan sioniste majeur et hostile ».

Le raid avait entraîné un barrage de roquettes et de mortiers lancés par le Hamas et les autres groupes terroristes de la bande, une explosion de violences qui a amené la région au bord de la guerre.

Un appartement au deuxième étage d’un immeuble d’Ashkelon frappé par une roquette du Hamas, le 13 novembre 2018. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Selon l’armée, plus de 460 roquettes et obus de mortiers ont ainsi été lancés sur le sud d’Israël lundi et mardi. Le dispositif du Dôme de fer en a intercepté plus d’une centaine. La plupart des autres missiles ont atterri dans des terrains vagues, mais des dizaines sont parvenus à toucher les villes et les communautés, tuant un Palestinien à Ashkelon, blessant des dizaines de personnes et endommageant considérablement les immeubles.

En réponse, l’armée israélienne a noté qu’elle avait pris pour cible approximativement 160 sites dans l’enclave côtière, des cibles liées aux groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien, et notamment quatre structures que les militaires ont qualifiée « d’atouts stratégiques déterminants ».

Les affrontements se sont achevés mardi après la mise en vigueur d’un cessez-le-feu annoncé par le Hamas, même si cette information n’a pas été officiellement confirmée par Israël.

La décision de mettre un terme aux attaques à Gaza a été critiquée par de nombreuses personnes en Israël et elle serait à l’origine de la démission, mercredi, du ministre de la Défense Avigdor Liberman, une initiative qui devrait entraîner des élections anticipées à la Knesset.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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