Hausse des importations de beurre pour contrer la pénurie
Rechercher

Hausse des importations de beurre pour contrer la pénurie

Le ministre des Finances réclame des "décisions fortes" pour lutter contre le problème, notamment la suppression des quotas sur les importations depuis l'étranger

Pain et beurre. (iStock)
Pain et beurre. (iStock)

Dans un contexte de pénurie de beurre qui dure depuis des mois, le ministre des Finances, Moshe Kahlon, a annoncé mardi qu’Israël allait faire appel à des producteurs de l’étranger pour gérer la crise.

Il a ainsi signé une directive élevant les quotas d’importations pour l’usage familial et industriel.

Les importations de beurre pour les foyers ont été revues à la hausse à 2 750 tonnes, et le beurre pour les usines, à 3 500 tonnes – une augmentation de 13 % et de 24 % respectivement.

« J’ai signé la directive sur l’augmentation des quotas d’importation afin de rehausser l’approvisionnement en beurre sur le marché et de mettre un terme à la pénurie dans les magasins », a déclaré Kahlon dans un communiqué.

Moshe Kahlon dirige une réunion de faction au Parlement israélien, le 24 décembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Il n’y a aucune raison, à ce jour et à notre époque, de connaître une pénurie de beurre ».

Il a indiqué que le pays serait amené à prendre des mesures plus drastiques.

« A l’avenir, nous devrons prendre des décisions fortes à ce sujet, comme supprimer totalement les quotas et ouvrir le marché » à la concurrence étrangère sans entrave aucune « afin de garantir que les consommateurs israéliens ne connaîtront plus ce type de situation ».

Cela fait des mois que l’Etat juif connaît une pénurie de beurre. Le plus grand fabricant de beurre du pays, Tnuva, est accusé d’avoir réduit sa production pour exercer des pressions sur le gouvernement de manière à ce que ce dernier lève le contrôle des prix sur le beurre domestique.

Tnuva a produit environ 80 % du beurre israélien en 2018, soit presque 4 300 tonnes. Le deuxième plus important producteur, Tara, en a fabriqué 234 tonnes en 2018, selon le journal économique Calcalist qui a cité les chiffres établis par StoreNext, firme de recherche sur les données des ventes israéliennes.

Une usine Tnuva près de Jérusalem, en mai 2015. Illustration. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Tnuva nie cette accusation, clamant que la pénurie est due au contrôle inefficace du gouvernement sur l’industrie entière – depuis les plafonds posés sur la production de lait par chaque exploitation jusqu’aux contrôles des prix à tous les stades de la production.

L’entreprise a précisé ne plus disposer de suffisamment de matières grasses du lait, à partir desquelles le beurre est fabriqué, en raison des quotas de production qui n’ont pas été relevés assez rapidement alors que la demande de produits réalisés à partir de ces matières augmentait.

Le prix du beurre est fixé par le gouvernement à 3,94 shekels pour une plaquette de 100 grammes, un prix qui ne s’est pas élevé aussi vite que les coûts de production. La baisse des profits, disent les entreprises concernées, les a amenées à baisser leur production au cours de la première moitié de l’année 2019 – quand Tnuva n’a produit que 1 869 tonnes, et Tara seulement 28 – ce qui représente une baisse de 13 % et
17 % respectivement en comparaison avec l’année dernière, à la même période.

C’est le moment où la pénurie de beurre a commencé à se faire ressentir dans les magasins.

Une grande partie de cette période de production en déclin et de pénurie s’est entremêlée au début de la campagne électorale avec l’effondrement du 34e gouvernement d’Israël au mois de décembre 2018 – une période instable qui a continué tout au long des élections d’avril et septembre.

Les responsables politiques, au beau milieu de leur campagne électorale, se sont refusés à augmenter les prix à la consommation ou à soulever les protections pour les exploitations laitières.

Beurre de Tnuva. (Autorisation)

De la même façon, une partie significative du régime de régulation de l’industrie du lait est inclus dans la loi et un changement plus large dans la régulation de cette dernière ne serait pas possible sans législation préalable – ce qui n’est guère envisageable jusqu’à la fin de la crise politique et le remplacement du gouvernement intérimaire à la tête du pays depuis onze mois par un gouvernement disposant des pleins pouvoirs.

L’impasse politique a amené les ministères de l’Économie et des Finances à recommander l’ouverture du marché à la concurrence étrangère.

Des appels d’offres gouvernementaux pour l’importation du beurre ont échoué à trouver preneur au début de l’année en raison du contrôle des prix imposé sur ce type d’importation. Le gouvernement a ensuite émis de nouveaux appels d’offres laissant les importateurs fixer leurs prix et levant les taxes douanières.

La décision prise par Kahlon, mardi, revoit à la hausse la quantité de beurre pouvant être importée dans le pays sous ce nouveau plan.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...