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Hébron: 15 blessés lors de heurts entre résidents d’implantation et Palestiniens

Un Palestinien de trois ans a été touché par des jets de pierres ; les Israéliens auraient détruit des maisons et des voitures ; il y aurait eu deux arrestations

Mohammad Bakr Hussein, 3 ans aurait été blessé par des pierres jetées par des habitants d'implantation israéliens dans le sud des collines de Hébron, le 28 septembre 2021. (Crédit : autorisation)
Mohammad Bakr Hussein, 3 ans aurait été blessé par des pierres jetées par des habitants d'implantation israéliens dans le sud des collines de Hébron, le 28 septembre 2021. (Crédit : autorisation)

Des dizaines de résidents d’implantation masqués ont jeté des pierres sur des Palestiniens dans le sud des collines de Hébron, mardi après-midi, endommageant gravement des voitures et blessant au moins douze Palestiniens dont un petit garçon de trois ans, ont raconté des témoins palestiniens et israéliens.

Certains Palestiniens ont alors, eux aussi, jeté des pierres sur leurs agresseurs, entraînant des affrontements entre les deux parties, ont ajouté les témoins. Trois Israéliens ont été blessés, ont rapporté les médias israéliens.

Sur des images, les partisans israéliens du mouvement pro-implantation brisent des fenêtres de voiture et jettent des pierres vers les habitations des Palestiniens. Ces heurts se sont déroulés à proximité du camp palestinien d’al-Mufaqara, un hameau qui chevauche deux avant-postes israéliens illégaux, Avigayil et Havat Maon.

Deux Palestiniens et un Israélien, qui se trouvaient sur les lieux des affrontements, ont été arrêtés par les agents des forces de sécurité pour des jets de pierre et des agressions, a déclaré un porte-parole de la police. Des témoins palestiniens ont dit que l’armée israélienne – qui n’a pas voulu commenter ces incidents – a utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades incapacitantes à leur encontre, épargnant les habitants d’implantation.

Le petit garçon qui a été blessé, Mohammad Bakr Hussein, aurait été touché par une pierre lancée par un Israélien alors qu’il était endormi à l’intérieur du domicile de ses parents, à al-Mufaqara. Hussein a été évacué à l’hôpital Soroka de Beer Sheva dans un état modéré, a déclaré le porte-parole de l’hôpital.

Environ 16 voitures palestiniennes ont aussi été endommagées par des jets de pierre. L’une d’entre elles a été renversée sur le côté. Des maisons ont été endommagées et un réservoir à eau percé, selon Oriel Eisner, 30 ans, un activiste israélo-américain de gauche.

« C’est la pire attaque dont nous ayons été témoins depuis des années. Il n’y a pas une maison qui n’ait pas été démolie », a déploré Mahmoud Hussein, un résident palestinien qui est également le grand-père du petit garçon.

Selon Basil al-Adra, un habitant, les heurts ont éclaté après l’agression d’un berger palestinien par les partisans du mouvement pro-implantation. Des Palestiniens sont alors venus pour repousser ces derniers, précipitant l’arrivée d’Israéliens d’autres avant-postes de la zone.

« Il y avait peut-être 100 résidents de tous les avant-postes qui se trouvent à proximité d’al-Mufaqara. Ils ont brisé des vitres, crevé des pneus, ils sont entrés dans les maisons. Et ils ont blessé un enfant en jetant des pierres dans sa chambre », a expliqué al-Adra, qui a assisté aux incidents de violence.

« Nous ne nous sentons plus en sécurité chez nous dans nos propres maisons », a regretté al-Adra .

Les actes d’agression et de vandalisme commis par des habitants d’implantation à l’encontre des Palestiniens et des forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie sont désignés sous le nom d’attaques de type
« Prix à payer ». Leurs auteurs affirment que ces incidents surviennent en représailles de violences palestiniennes ou de politiques gouvernementales considérées comme hostiles au mouvement anti-implantations.

Les arrestations sont rares et les groupes de défense des droits de l’Homme déplorent le faible nombre de condamnations, la majorité des charges dans ces dossiers étant simplement abandonnées.

Yochai Damari, chef du conseil des collines de Hébron, a fait savoir dans un communiqué que les Israéliens qui avaient pris part aux affrontements étaient « des étrangers, pas des locaux, et ils ont dit avoir essuyé des jets de pierres ».

« Nous n’utilisons pas la violence. Ni contre les soldats, ni contre les Arabes », a continué Damari. Il a ajouté que certains Palestiniens présents étaient connus pour provoquer des affrontements « par des émeutes et par leur proximité avec des anarchistes ».

Selon Damari, les Palestiniens ont, eux aussi, jeté des pierres en direction d’un gardien israélien de sécurité travaillant dans l’avant-poste voisin de Havat Maon.

Des vitres brisées et une voiture renversée au cours d’une attaque qui, selon les Palestiniens, a été commise par des dizaines de résidents d’implantation masqués d’un avant-poste israélien voisin, le 28 septembre 2021. (Autorisation)

Dès qu’Eisner a pris connaissance des troubles, mardi après-midi, il a immédiatement appelé la police qui est arrivée 45 à 60 minutes plus tard, a-t-il noté. Eisner, al-Adra et Hussein ont affirmé avoir vu un habitant d’implantation masqué armé tirer en l’air.

Les parlementaires de gauche ont dénoncé avec force ces incidents.

« Les seigneurs de la terre, soutenus par l’armée d’occupation et avec l’appui du gouvernement d’occupation, commettent des actes terroristes quotidiens à l’encontre des résidents palestiniens », a écrit la députée Aida Touma-Suleiman de la Liste arabe unie sur Twitter.

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