Hélène le Gal : retrouver la confiance mutuelle entre Israéliens et Palestiniens
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Hélène le Gal : retrouver la confiance mutuelle entre Israéliens et Palestiniens

Invitée sur la Deuxième chaîne, l'ambassadrice de France en Israël a répondu aux inquiétudes israéliennes quant à la sécurité de leur coreligionnaires de France face au terrorisme et à la montée du FN

Hélène Le Gal, ambassadrice de France en Israël, à la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 12 décembre 2016. (Crédit : Isaac Harari/Flash90)
Hélène Le Gal, ambassadrice de France en Israël, à la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 12 décembre 2016. (Crédit : Isaac Harari/Flash90)

« Avant tout être ambassadrice de France en Israël est un grand honneur. J’ai habité en Israël voilà 20 ans et me revoilà, a expliqué Hélène Le Gal en préambule et en hébreu lors de son interview le 25 mars sur la Deuxième chaîne israélienne. J’aime habiter à Tel-Aviv, il y a de l’énergie, de la liberté, des gens chaleureux ».

L’entretien a ensuite basculé vers le français et des sujets plus brûlants, lorsque la présentatrice, Rina Matsliah, a poursuivi l’interview dans la langue de Molière.

« Israël a changé parce qu’il s’est beaucoup développé, l’économie marche, il y a de nouvelles infrastructures partout, mais l’esprit chaleureux et direct reste, » a constaté Le Gal.

Revenant sur l’attaque de Londres, l’ambassadrice a poursuivi : « le terrorisme c’est notre ennemi commun, pour l’Europe et Israël, notamment contre le groupe Daesh, qui n’est pas très loin d’ici en Syrie et en Irak ».

« En Israël on se demande est-ce que les Européens et les Français comprennent un peu ce que nous subissons ici ? » a demandé Rina Matsliah faisant état d’une interrogation courante dans la société israélienne.

« Il n’y a pas de doute que les Européens ont toujours voulu la sécurité d’Israël avant tout, a répliqué Le Gal. Et, il est vrai qu’un terrorisme mondial existe aujourd’hui, et qu’il renforce sans doute la solidarité ».

Interrogée sur les chances d’accéder au pouvoir de Marine Le Pen, Hélène Le Gal ne préfère pas se risquer au jeu des pronostics, mais parie tout de même sur le fait que « les Français qui aiment beaucoup la politique ont envie de nous surprendre ». Comme ce fut la cas aux primaires de droite et de gauche qui virent la chute des favoris, et la non-candidature de François Hollande.

A propos des juifs français, Matlisah questionne : les Juifs « peuvent-ils se sentir en France comme dans leur pays, surtout au vue des menaces ? »

« Il y a en France un demi-million de Juifs, a répondu le Gal. Ils ont joué un rôle majeur pour la conquête de nos libertés, dans nos guerres. Mais la France ne veut pas que les juifs de France se sentent en insécurité, c’est pour cela que la sécurité a été renforcée par 5 000 policiers et gendarmes devant les lieux de cultes, les synagogues, les écoles ».

« Israël abandonne aujourd’hui progressivement une solution à deux Etats pour résoudre le conflit israelo-palestinien. Cela pourrait-il compromettre les relations franco-israéliennes ? » demande enfin la journaliste israélienne.

« Oui, la France, et beaucoup de pays d’ailleurs dans le monde, pensent que la meilleure solution pour le conflit israélo-palestinien, c’est deux Etats vivant côte à côte en sécurité et avec des liens mutuels entre eux. Et toute autre solution, pour l’instant, n’est pas convaincante, même en Israël. Quand on regarde les sondages, même les Israéliens sont majoritairement pour la solution à 2 Etats. Maintenant, ce qu’il faut, c’est retrouver une certaine confiance entre les deux parties, pour que les deux parties reprennent des discussions, puisque ça fait maintenant bien longtemps qu’il n’y a pas eu de véritables négociations entre les deux parties, » répond l’ambassadrice.

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