Israël en guerre - Jour 202

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Heurts entre soldats et pacifistes en marge du défilé de solidarité vers Huwara

Des diplomates européens se sont rendus sur les lieux du saccage et ont demandé à Israël de juger les responsables de l’attaque contre cette ville palestinienne de Cisjordanie

Un membre des forces de l'ordre israéliennes immobilise un manifestant alors que des militants palestiniens et israéliens favorables à la paix manifestent à l’entrée de Huwara en Cisjordanie, le 3 mars 2023. (Crédit : Jaafar ASHTIYEH / AFP)
Un membre des forces de l'ordre israéliennes immobilise un manifestant alors que des militants palestiniens et israéliens favorables à la paix manifestent à l’entrée de Huwara en Cisjordanie, le 3 mars 2023. (Crédit : Jaafar ASHTIYEH / AFP)

Des échauffourées ont eu lieu entre des soldats israéliens et des centaines de militants israéliens de gauche qui tentaient d’entrer dans la ville palestinienne de Huwara, en Cisjordanie, lors d’une visite de solidarité suite du saccage perpétré par des résidents d’implantations en début de semaine.

Les images donnent à voir des soldats en train de se battre avec des manifestants et, à plusieurs reprises, des jets de grenades assourdissantes.

Sur une vidéo, on voit des soldats pousser à plusieurs reprises l’ex-président de la Knesset, Avraham Burg, jusqu’à le faire tomber.

Plusieurs militants ont brièvement été détenus, ont fait savoir les organisateurs.

Le député travailliste Gilad Kariv a déclaré que ces violences faisaient partie de la stratégie du gouvernement pour décrédibiliser la gauche.

« Il y a un lien direct entre les grenades incapacitantes lancées sur les manifestants aujourd’hui et celles lancées à Tel Aviv », a-t-il dit, rappelant l’usage de la force par la police contre les manifestants anti-réforme, mercredi.

Plus tôt, l’armée avait empêché une dizaine de bus transportant des sympathisants des mouvements « Omdim BeYahad » (Standing Together) et « Mistaklim LaKivoush BaÉnayim » (Regarder l’occupation dans les yeux) de se rendre à Huwara.

Les militants ont alors entrepris de se rendre à pied du carrefour de Tapuah à Huwara.

Cette visite fait suite à l’onde de choc et d’horreur provoquée, en Israël et ailleurs, après le saccage de la ville palestinienne de Huwara et des villages environnants, dimanche soir, par des centaines de résidents d’implantations, en représailles d’un attentat terroriste qui a coûté la vie à deux frères israéliens.

Des résidents d’implantations radicalisés ont incendié des maisons, des voitures et des devantures de magasins et agressé des Palestiniens, faisant des dizaines de blessés et causant la mort d’un Palestinien dans des circonstances encore troubles.

Le général en chef d’Israël en Cisjordanie a qualifié le saccage de « pogrom ».

Les militants de gauche se sont plaints d’avoir été empêchés d’entrer à Huwara, alors même que les résidents d’implantations pouvaient s’y rendre librement, en ce vendredi.

Les forces de l’ordre israéliennes bloquent des militants pacifistes palestiniens et israéliens qui manifestent à l’entrée de Huwara en Cisjordanie, le 3 mars 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

L’ancien député du Meretz, Mossi Raz, a condamné les faits.

« La décision militaire d’interdire aux Israéliens de se rendre à Huwara pour témoigner de leur solidarité résume à elle seule ce qui fait cette politique d’occupation : l’entrée de ceux qui commettent des pogroms est autorisée et les militants de la paix sont interdits. Voilà le visage de l’occupation », a-t-il tweeté.

Tsahal n’a pas fait de commentaires sur ce point.

Les militants sont alors descendus des autobus, dans l’idée de se rendre à pied à Huwara. Nombre d’entre eux brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Il faut mettre fin au terrorisme juif » et « Les vies palestiniennes comptent aussi ».

Huwara est depuis longtemps un endroit névralgique ; c’est en effet l’une des seules villes palestiniennes empruntées par les Israéliens pour se rendre dans les implantations du nord de la Cisjordanie.

Plusieurs fusillades contre des automobilistes israéliens ont déjà eu lieu sur la route 60, à hauteur d’Huwara.

Il existe un projet de route de contournement pour les résidents d’implantations, mais les travaux ont été interrompus.

Les militants de gauche parvenus à entrer dans Huwara ont déclaré que l’armée avait contraint les Palestiniens à fermer leurs magasins, ce qu’ils analysent comme une « punition collective des victimes du saccage ».

Vendredi toujours, une délégation de diplomates européens s’est rendue à Huwara et dans un village voisin pour inspecter les dégâts laissés par le saccage.

« Il faut juger les auteurs des crimes contre les Palestiniens et mettre fin à la violence des résidents d’implantations », a déclaré la délégation citée par le site d’information Ynet.

Le chef de la mission de l’Union européenne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, Sven Kuhn von Burgsdorff (à gauche), serre la main d’un Palestinien lors de sa visite à Huwara en Cisjordanie, le 3 mars 2023. (Photo de Jaafar Ashtiyeh / AFP)

Ce jeudi, un tribunal de Jérusalem a ordonné à la police de remettre en liberté les personnes interpellées suite aux émeutes, mais le ministère de la Défense a souhaité garder en détention administrative deux d’entre eux, parmi lesquels figure un mineur.

Selon l’organisation d’aide juridique Honenu, qui représente les suspects, le tribunal de première instance de Jérusalem aurait ordonné à la police de libérer les sept suspects arrêtés mercredi, pour manque de preuves de leur implication dans le saccage.

Peu de temps après, le ministre de la Défense Yoav Gallant a signé des ordres de détention administrative à l’encontre de deux suspects, sur avis de l’agence de sécurité du Shin Bet.

La détention administrative est une pratique très controversée en vertu de laquelle des personnes peuvent être détenues indépendamment de toute inculpation pour une durée indéfinie, sans accès aux charges qui leur sont reprochées.

Un immeuble et des véhicules incendiés à Huwara, près de Naplouse, en Cisjordanie, le 27 février 2023. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Rarement utilisé contre des suspects juifs, il permet de détenir un millier de Palestiniens.

Les ordonnances de détention administrative prises à l’encontre de David Chai Chasdai, 29 ans, et d’un mineur de 17 ans, valides pour quatre mois, courent jusqu’au 1er juillet prochain.

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