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Heurts Palestiniens/policiers pour la 3è nuit d’affilée à la porte de Damas

Le site de la Vieille Ville de Jérusalem est particulièrement sensible ces derniers mois ; des employés municipaux sont accusés d'avoir endommagé un cimetière musulman

Des agents de la police des frontières affrontent des Palestiniens près de la porte du Lion, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 10 octobre 2021. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)
Des agents de la police des frontières affrontent des Palestiniens près de la porte du Lion, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 10 octobre 2021. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Deux Palestiniens ont été arrêtés et deux autres ont été placés en détention lundi après des affrontements violents avec la police qui ont eu lieu pour la troisième soirée consécutive à proximité de la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem.

La police a fait savoir que les Palestiniens avaient jeté des pierres sur les agents et sur des bus en circulation, qui ont été pour certains endommagés. Les forces de l’ordre ont répliqué en utilisant des outils de dispersion d’émeutes, notamment des grenades incapacitantes et un canon « skunk », qui projette de l’eau malodorante sur les manifestants.

Dans des vidéos qui ont été filmées dans la soirée, on peut voir des Palestiniens se cacher alors que le canon lance son eau malodorante pour tenter de les disperser. Sur d’autres images, les Palestiniens et les agents de la police des frontières s’affrontent directement.

Il n’y aurait pas eu de blessés.

C’est la troisième soirée de heurts consécutive dans la Vieille Ville de Jérusalem. Les émeutes se seraient concentrées aux alentours de la porte de Damas et elles auraient été provoquées par des accusations stipulant que des employés municipaux seraient intervenus dans un cimetière musulman.

Dix Palestiniens ont été blessés, dimanche soir, après des échauffourées dans le secteur, selon les médias palestiniens.

Les Palestiniens ont fait savoir qu’ils protestaient contre l’incursion présumée de bulldozers israéliens dans un cimetière musulman, le cimetière al-Yusufiyya, qui est situé à Musrara, qui borde la Vieille Ville de Jérusalem.

Toutefois, l’Autorité de la Nature et des Parcs a indiqué dans un communiqué que des ossements avaient été découverts à l’extérieurs des confins d’un cimetière musulman existant pendant des travaux de routine de développement urbain.

Les Palestiniens avaient également affronté la police israélienne près de la porte de Damas, samedi. Certains protestataires avaient jeté des pierres et la police avait utilisé en riposte des grenades incapacitantes. Dans certaines vidéos, les agents menacent les manifestants avec des chiens.

La porte de Damas avait été un lieu particulièrement sensible pendant l’escalade de violences qui avait débouché, au mois de mai, sur la guerre opposant Israël et les groupes terroristes de Gaza. A la mi-avril, pendant le mois du Ramadan, la police israélienne avait placé des barricades sur l’escalier en pierre qui mène à la porte. Une installation qui avait provoqué des émeutes violentes avec les Palestiniens, s’asseoir sur cet escalier étant une tradition propre à cette fête.

La police avait finalement ôté ces barricades suite aux critiques publiques. Mais ces confrontations avaient encore attisé la violence : Le groupe suprématiste juif Lehava avait organisé une contre- manifestation sur le site, fin avril et, les jours passant, des heurts nocturnes à la porte de Damas étaient survenus de manière régulière.

Début mai, des Israéliens du mouvement nationaliste-religieux avaient prévu d’organiser un défilé traditionnel à l’occasion de la Journée de Jérusalem en passant par la porte de Damas pour célébrer la capture par l’État juif de la partie orientale de la ville. Les responsables de la sécurité avaient averti que cette marche pouvait renforcer les tensions avec les Palestiniens – voire ouvrir la voie à un nouveau conflit – et le gouvernement avait changé l’itinéraire de la marche au dernier moment. Les terroristes du Hamas avaient tiré des roquettes en direction d’Israël malgré cette annulation, citant des opérations de la police qui avaient été récemment menées sur le mont du Temple.

Le mont du Temple, qui est le site le plus saint du judaïsme, accueille aussi la mosquée al-Aqsa, le troisième lieu le plus sacré de l’islam.

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