Hezbollah : après une brèche à sa frontière nord, Israël porte plainte à l’ONU
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Hezbollah : après une brèche à sa frontière nord, Israël porte plainte à l’ONU

L'armée israélienne n'a pas donné de détails sur les dégâts causés à la barrière, mais il s'agirait d'un sabotage délibéré

Des soldats inspectent les brèches créées dans la clôture frontalière entre Israël et le Liban, le 17 avril 2020. (Crédit : armée israélienne)
Des soldats inspectent les brèches créées dans la clôture frontalière entre Israël et le Liban, le 17 avril 2020. (Crédit : armée israélienne)

Samedi, Israël a accusé le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah d’avoir tenté de violer la souveraineté territoriale israélienne. L’Etat juif a indiqué qu’il allait déposer une plainte au Conseil de sécurité des Nations unies, un jour après que l’armée aurait rapporté des dégâts causés à la barrière frontalière.

« Après les tentatives du Hezbollah de violer la souveraineté israélienne à notre frontière [avec le Liban], j’ai donné l’instruction au ministère des Affaires étrangères de déposer une plainte au Conseil de sécurité des Nations unies. Je condamne ces actions et j’attends du gouvernement libanais qu’il assume ses responsabilités pour empêcher des menaces contre Israël et la région », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Israël Katz.

Israël a expliqué depuis longtemps qu’il tient le gouvernement libanais responsable de toute action en provenance de son territoire.

Vendredi, l’armée aurait rapporté les dégâts causés à la barrière de la frontière avec le Liban à plusieurs endroits. Tsahal a noté que personne n’était entré en Israël.

Le ministre des Affaires étrangères Israël Katz à un meeting du Likud, à Safed, le 24 février 2020. (Crédit : David Cohen/FLASH90)

L’armée israélienne n’a pas donné de détails sur les dégâts causés à la barrière, mais il s’agirait d’un sabotage délibéré.

L’incident a suivi une frappe aérienne en Syrie mercredi qui a été attribuée à Israël. Elle aurait ciblé des membres du Hezbollah.

« Des inspections de Tsahal ont permis de mettre en évidence des dégâts causés à la barrière en trois endroits. Des équipes de maintenance réparent maintenant les dégâts. Une enquête va être menée pour déterminer les circonstances de l’incident, mais il est clair qu’il n’y a pas eu d’intrusion dans le territoire israélien », a déclaré Tsahal dans un communiqué.

Plus tôt vendredi, Tsahal a déclaré qu’il avait détecté de l’activité à la barrière et tiré des fusées éclairantes. L’armée israélienne a ensuite passé la zone au peigne fin et a « déjoué une intrusion dans le territoire israélien ».

La frappe aérienne de mercredi en Syrie ciblait une voiture de passagers transportant le fils d’un ancien haut responsable militaire du Hezbollah. Celui-ci aurait été tué dans un assassinat ciblé mené par Israël et les Etats-Unis il y a plus de 10 ans, selon le site d’information Al-Arabiya.

L’homme, Mustafa Mughniyeh, a survécu à l’attaque avec les autres personnes à bord du véhicule. C’est un haut responsable du Hezbollah. Il joue un rôle actif dans l’ensemble des opérations du groupe terroriste et dans ses efforts pour établir une présence militaire permanente le long du plateau du Golan syrien en particulier. Son père, le terroriste Imad Mughniyeh, a été tué dans une attaque à la voiture piégée en 2008 attribuée au service de renseignement israélien du Mossad et à la CIA.

L’armée chercherait parfois à éviter de faire des victimes car un groupe terroriste ou une armée étrangère a plus tendance à riposter en cas de victimes dans ses rangs. Des images publiées sur les réseaux sociaux semblaient montrer un véhicule pulvérisé et calciné.

Etant donné que la deuxième frappe de missile sur le véhicule s’est produite après que les passagers en soient sortis, on peut supposer que l’attaque de missile ciblait du matériel à l’intérieur de la voiture, plutôt que ses occupants. Il s’agissait peut-être d’une pièce nécessaire pour le programme de missiles de précision développés par le Hezbollah. Israël a fait des efforts visant à empêcher le groupe terroriste de transformer son énorme arsenal de roquettes en missiles guidés de précision, une de ses top priorités.

Israël affirme depuis longtemps qu’il n’acceptera pas l’établissement d’une présence militaire permanente en Syrie par le Hezbollah ou l’Iran, qui soutiennent le groupe terroriste.

Même si les officiels israéliens évitent habituellement de revendiquer des frappes spécifiques en Syrie, ils ont reconnu avoir mené des centaines, voire des milliers de raids dans le pays depuis le début de la guerre civile syrienne en 2001. Ces frappes auraient très largement visé l’Iran et ses alliés, notamment le Hezbollah, même si Tsahal a aussi mené des frappes contre les défenses aériennes syriennes quand ses batteries ont tiré sur des jets israéliens.

Un accord signé avec la Russie était supposé repousser les milices iraniennes et soutenues par Téhéran, dont le Hezbollah, à des dizaines de kilomètres de la frontière.

La frappe de mercredi est intervenue après que Tsahal a accusé l’armée syrienne d’avoir aidé le Hezbollah à établir une présence militaire permanente sur le plateau du Golan. L’armée israélienne a publié une vidéo montrant un haut-gradé syrien en tournée d’inspection sur zone.

Capture d’écran d’une vidéo publiée par l’armée israélienne qui montrerait un haut-gradé syrien, Lua’a Ali Ahmad Asaad, lors d’une inspection de sites du Hezbollah sur le plateau du Golan. (Crédit : Armée israélienne)

Mardi, des soldats israéliens et libanais sont tombés face-à-face à proximité de la barrière de sécurité dans un incident rare. Des photos prises au moment de l’incident montre les deux camps pointer des armes les uns sur les autres alors que le personnel des Nations unies s’interpose.

L’incident a eu lieu entre le village du sud Liban d’Adaisseh et la localité du nord d’Israël de Metula, a déclaré au Times of Israël le porte-parole de la FINUL Andrea Tenenti. Il a précisé que l’endroit est situé au sud de la Ligne bleue, mais que le Liban estime qu’il s’agit d’un territoire disputé.

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